17 novembre : un « sommet social » européen à Göteborg (Suède)

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En prévision du « sommet social » européen de Göteborg en Suède le 17 novembre, il pourrait être proclamé un « socle social » européen. La CES rappelle son positionnement et la CGT en profite pour préciser ses propres axes.

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  • Position CGT

Socle européen de droits sociaux

Une occasion à saisir

Confrontée au mécontentement suscité par les conséquences de sa politique, la Commission européenne tente de reprendre l’initiative. Elle annonce vouloir promouvoir un socle européen de droits sociaux – une façon de redonner du crédit au discours « d’Europe sociale ». Son intention n’est toutefois pas d’infléchir les choix libéraux qui ont prévalu jusqu’ici. Pourtant, le fait même que la question des garanties sociales fasse l’objet d’un sommet dé- montre à quel point le sujet est incontournable.

 

Une occasion dont la Confédération  européenne  des syndicats (CES) et ses organisations nationales entendent bien se saisir pour que soient prises en compte les attentes fortes qui s’expriment dans le domaine. Ainsi, dès l’annonce de ce projet au prin- temps dernier, la CES s’est battue pour que soit défini un ensemble de droits et de garanties s’appliquant réellement à l’ensemble des salariés de l’Union euro- péenne. Un objectif qui, s’il était atteint, aurait comme première conséquence l’élimination des causes du dumping social.

 

Dépasser les simples déclarations d’intentions (qui le plus souvent ne se traduisent par aucun effet concret pour le quotidien des salariés) n’est pas chose aisée: alors que nos gouvernants s’apprêtent, comme il  est de coutume, à poser pour la photo d’un sommet consacrant le progrès social comme une des bases de la construction européenne, ils poursuivent en France leur politique d’affaiblissement des garanties sociales. Cette réalité est vécue de la même façon par

les salariés en Belgique, en Grèce, en Allemagne, en Espagne… et en Angleterre. Ce faisant, les gouverne- ments appliquent une même politique libérale qu’ils ont décidée eux-mêmes, en commun, à Bruxelles (dont ils se disent ensuite victimes). Une politique qui a comme seul objectif de garantir un haut niveau de profits aux entreprises… Une politique au service des marchés financiers.

 

Une chose est sûre : si l’ambition des dirigeants eu- ropéens est d’aller vers l’instauration de véritables droits pour tous en Europe, de l’est à l’ouest, du sud au nord, ils doivent changer fondamentalement de politique. Les peuples grec et espagnol et tous les salariés des pays européens ne peuvent plus être   la variable d’ajustement d’un système au service de quelques privilégiés !

Un socle européen de droits sociaux doit avant tout permettre de faire converger les droits des salariés de l’ensemble des pays de l’Union européenne vers le haut. En s’attaquant aux garanties sociales des sala- riés en France, c’est au contraire une convergence vers le bas qu’ils nous proposent.

Du 6 au 17 novembre : une première étape pour obtenir les bases d’un socle européen des droits sociaux

 Le 17 novembre 2017 aura lieu le sommet de Göteborg des chefs d’État, qui pourraient décider de la « procla- mation » du socle européen des droits sociaux. Cette décision devrait  intervenir au terme d’une assemblée qui se déroulera dans une enceinte institutionnelle… Lieu dans lequel les syndicats ne sont guère invités à donner leur avis sur le sujet.

Pour autant, nous n’entendons pas rester inactifs. La CGT a lancé une suite de journées d’action et d’informa- tion entre le 6 et le 17 novembre pour peser sur les choix qui seront pris le 17 novembre. À la CGT, nous pensons qu’il est important que vous puissiez être informés des politiques menées en Europe, de leurs conséquences immédiates ou à venir, que vous puissiez donner votre avis sur ces sujets et que celui-ci soit entendu.

Pendant cette période, agissons, renseignons-nous, débattons de l’Europe et de nos droits dans les entre- prises!

Et après cette période…

Obtenir une proclamation de socle des droits sociaux à Göteborg ne suffira pas!

 

Transformer l’Europe libérale en une Europe  sociale ne se fera pas du jour au lendemain! Les actions, les débats ne doivent pas s’arrêter le 17 novembre. La CGT les poursuivra après cette date avec vous, à la fois pour combattre les projets régressifs de Macron, contradic- toires avec ses belles paroles européennes, et pour ob- tenir un changement de politique générale dans l’Union européenne.

 

Le 17 novembre n’est qu’une première étape. La bataille continue par la suite !


Propositions de la CGT avec la Confédération européenne des syndicats (CES)

  • la prévalence des droits sociaux et des droits des travailleurs sur les droits économiques et les intérêts des firmes multinationales – pour cela, ils doivent être contraignants!
  • le renforcement du droit des travailleurs de définir leurs conditions de travail et d’emploi par la négociation collective ;
  • un salaire minimum dans les pays de l’Europe, et une augmentation générale des salaires;
  • une protection sociale de haut niveau, et des retraites dignes pour tous;
  • la garantie du principe « à travail égal, salaire égal », partout en Europe ;
  • l’application du droit du travail du lieu effectif de l’activité professionnelle s’il est plus favorable au travailleur (dès le premier jour en cas de détachement) ;
  • la portabilité des droits pour les

Par ailleurs, la politique économique doit être recentrée sur la création de l’emploi à travers des services publics forts et un programme d’investissement public conséquent. Les politiques d’austérité ont démontré leur inefficacité et leur nocivité.

 

 

 

 

 

 

Pourquoi une campagne CGT sur le socle social européen ?

La construction européenne a débuté il y a 60 ans. Pendant ces décennies, les dimensions économique et financière ont prévalu devant toute chose et la question de la dimension sociale a été soit considéré comme variable d’ajustement, soit ignorée par les institutions européennes et les gouvernements nationaux. . Le fameux projet de directive Bolkestein a durablement marqué les esprits. Plus récemment, la crise de 2008 – dont nous ne sommes toujours pas véritablement sortis – illustre de façon dramatique les déficits des politiques menées par les 28 pays européens. Cette année, plusieurs élections ont mis en exergue les inquiétudes que les peuples en Europe partagent au-delà des frontières. Les populations ne considèrent pas le projet européen comme pouvant les protéger ou permettre d’augmenter leurs droits et garanties.
Si les responsables politiques ont de tous temps parlé de l’Europe sociale – dans leurs discours du dimanche – ont-ils enfin pris conscience que sans poser des actes concrets pour répondra aux attentes des citoyens, l’Union Européenne pourrait ne pas se remettre de la crise actuelle ?
Ainsi, le 17 novembre prochain, à Göteborg en Suède, un « Sommet Social » est annoncé. Il devrait être le forum d’une proclamation d’un « socle social européen ». Pour la Confédération Européenne des Syndicats (CES), cette initiative est l’occasion de détailler et réitérer sa propre conception d’une Europe sociale, qui répond avant tout aux attentes et besoins des travailleur·se·s. La CGT, membre de la CES, décline cela en une campagne sur les réseaux sociaux qui démarre aujourd’hui avec un témoignage vidéo des Commission Ouvrières d’Espagne et une fiche qui explique les propositions de la CGT pour lutter contre le dumping social.
Chaque jour de semaine, jusqu’au 17 novembre, une nouvelle vidéo d’un pays différent et une autre fiche thématique seront publiées.

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