Des syndicats prennent position pour l’autodétermination du peuple kanak

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La Plate-forme syndicale des nations sans Etat (dont fait partie l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités-USTKE), la Confédération nationale du travail (CNT), l’Union syndicale Solidaires, prennent position à propos du référendum du 4 novembre 2018 posant la question de l’indépendance de la Kanaky. L’USTKE a pris récemment position pour une « non participation massive » au référendum. Voir le compte rendu du congrès USTKE ci-dessous. 

 

Conférence de presse syndicale en soutien au droit à l’autodétermination du peuple kanak

le 19 septembre à Paris – 11h

Centre international de culture populaire (CICP)

21ter rue Voltaire, 75011 Paris

Le 4 novembre 2018, trente ans après les accords de Matignon-Oudinot et vingt ans après les accords de Nouméa, un référendum posant la question de l’accession à l’indépendance de la Kanaky / Nouvelle-Calédonie sera organisé.

Ce référendum marque un virage important pour l’histoire de Kanaky car il trouve ses origines dans la longue résistance du peuple kanak à l’oppression coloniale, de la révolte de 1878 aux « événements » des années 1980. Pourtant, la lutte du peuple kanak pour son émancipation, contre le colonialisme et le capitalisme, n’est pas terminée.

Les organisations syndicales membres de la Plateforme des Syndicats des Nations Sans Etat (PSNSE), ainsi que l’Union Syndicale Solidaires et la Confédération Nationale du Travail (CNT), réaffirment leur solidarité, à l’occasion de ce référendum, avec la lutte du peuple kanak. Les liens créés et développés depuis des décennies entre elles et l’Union Syndicale des Travailleurs Kanak et des Exploités (USTKE), principal syndicat indépendantiste du pays, continueront de faire vivre concrètement cette solidarité.

Nous mesurons l’importance de la décision prise par nos camarades de l’USTKE lors de leur XVIème congrès, les 7, 8 et 9 septembre derniers à Nouméa. L’appel à la « non-participation massive » au référendum de novembre, décidé au regard de la situation politique, sociale et économique de Kanaky, et alors que la colonisation de peuplement continue de rendre le peuple kanak minoritaire sur sa propre terre, ne marque pas la fin du combat pour l’émancipation nationale et sociale du peuple kanak, bien au contraire.

La PSNSE, l’Union Syndicale Solidaires et la CNT tiennent à réaffirmer leur solidarité internationaliste avec l’USTKE. Pour cela, les organisations signataires organiseront une conférence de presse le mercredi 19 septembre 2018, à 11 heures, au Centre International des Cultures Populaires (CICP), 21ter rue Voltaire, Paris 11e.

Nous appelons également à participer au meeting organisé le même jour, à 19h, à la Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau, Paris 10e.

Les organisations membres de la PSNSE
L’Union Syndicale Solidaires
Le Secrétariat International de la CNT

Contacts presse :
Mina Kherfi (06 10 47 02 88) / minakh@free.fr
Yoann Isambert (06 24 31 70 20) / ghjuvanni@live.fr

USTKE : Le XVIème Congrès se prononce en faveur de la non-participation au référendum

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  • 130 voix en faveur de la non-participation au référendum du 4 novembre prochain. 12 voix pour l’abstention. 16 voix pour une participation. C’est le résultat du vote  après deux heures de débat sur la participation ou non du syndicat à la consultation du 4 novembre.
  • Retour sur les points de vue. Louis Kotra Uregei, président du collège honoraire a pris la parole en mettant en avant les points forts de l’argumentaire du Parti Travailliste en faveur de la non-participation massive au référendum du 4 novembre.
  • – Ce n’est pas un référendum, c’est une consultation qui va s’appeler référendum d’autodétermination ;
  • – Les conditions de sincérité et de respect ne sont pas réunies ;
  • – Les accords n’ont pas permis au peuple kanak de vivre pleinement ses droits dans son pays ;
  • – Pourquoi participer à un référendum dont le non a été programmé pour l’emporter ?
  • Et il a fait le constat d’un racisme anti-kanak généralisé, dans l’accès à l’emploi, au logement avant de fustiger les indépendantistes qui en 1998 ont pris la décision de revenir sur le corps électoral figé en 88 lors des accords de Matignon-Oudinot. Une décision actant de fait une fraude électorale entachant les élections provinciales
  • « L’Etat n’a pas fait son travail de toilettage des listes électorales et aurait dû mettre en place une structure qui aurait été chargée de créer la liste.  Après 30 ans, aucune différenciation entre un fils de colon et un fils de kanak »
  • Décrépitude et la régression du mouvement indépendantiste. C’est un constat sans appel, voir même amer que fait Hnalaïne Uregei du FLNKS. « Heureusement que Eloi Machoro ainsi que les autres frères sont morts car on assiste à une régression et une décrépitude du mouvement indépendantiste ». Un mouvement qui n’est plus ce qu’il était. Il rappelle qu’une simple convention du FLNKS à Bangou à Paita en 1984 avait rassemblé 4000 militants. Il y avait Éloi, c’était l’âme d’un peuple… 30 ans après sa mort, on a encore régressé. En 1987, les indépendantistes ont boycotté le référendum du statut Lemoine pour les mêmes raisons mises en avant aujourd’hui par le FLNKS pour participer au référendum. Il  a insisté,  « c’est au peuple colonisé de se prononcer dans un scrutin d’autodétermination comme le stipule la charte des Nations Unies. J’irai voter quand seul le peuple colonisé sera appelé à voter.  Je refuse la disparition de mon peuple, ça ne se discute pas, ça ne se décrète pas ». Un responsable de la fédération enseignement Tué Wahmereungo a dit avec émotion son inquiétude et son refus de voir son peuple disparaître, être noyé au sein du peuple calédonien. Et il refuse de participer à cette mascarade et souhaite que ses petits enfants puissent vivre  dans un pays kanak libre. Yvette, une militante de longue date, elle a rappelé que l’épisode de l’urne fracassée à la hache par Eloi Machoro a renforcé  la revendication foncière, incitant le peuple kanak à récupérer les terres dont il a été spolié.  « On est chez nous, c’est notre pays ! »
  • « Qu’est ce qu’on fait après le référendum ».  C’est la question posée par Victor Wéjième, un responsable de la Fédération de l’Enseignement.  Après un constat d’échec au sortir de 30 ans d’accords. Hnalaïne lui répond en suggérant l’organisation d’un référendum d’autodétermination avec la seule participation du peuple colonisé en l’occurrence les kanak. Dick Saihu, président du CNDPA, invité du bureau confédéral, il indique que l’article 3 de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones fait état du droit à l’autodétermination.  Sylvestre, un vieux militant et ancien membre du bureau confédéral, annonce qu’étant du FLNKS, il ira voter mais salue le travail effectué par notre Organisation syndicale, notamment la veille à travers les rapports des différentes fédérations. « Il faut relancer la dynamique indépendantiste, je suis avec vous ». Les représentants de la communauté wallisienne, Fidel et Clothilde ont apporté leur soutien aux camarades kanak et sont prêts à aller voter si toutes les conditions sont réunies pour gagner ce référendum.
  • Après une heure de débat place au vote. Sur les 250 délégués présents, 156 ont exprimé leur choix. 130 ont levé leur bulletin vert pour une non participation au scrutin du 4 novembre.16 se sont déclarés favorables au référendum et 12 ont choisi l’abstention. Un verdict applaudi par les congressistes dont le président de l’USTKE a souligné à la clôture des débats : « c’est une cohérence qui s’est exprimée à la lumière des différents rapports des fédérations qui ont défilé à La tribune hier (*) . « Je pense que l’USTKE sort encore plus fort après ce congrès. « Merci camarades. On a réussi notre rendez-vous avec notre histoire »., a-t-il conclu.
  • Informations complémentaires :

Qui sont les syndicats des nations sans Etat?

Les syndicats signataires de « La Plate-forme des syndicats des nations sans État » sont :
La Confédération Syndicale de Catalogne (Intersindical-CSC) – La Confédération Syndicale Sarde (CSS) – La Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) de Galice – Le Syndicat des Travailleurs du Pays Basque (LAB) – Le Syndicat Autonome Valdôtain des Travailleurs (SAVT) – Le Syndicat des Travailleurs de Bretagne (SLB) – Le Syndicat Occitan de l’Éducation (SOE) – Le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) – L’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG) – L’Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités (USTKE) – L’Union des Travailleurs de Guyane (UTG)

La Plate-forme des syndicats des nations sans État:

1 – Au niveau des principes :
• Nous sommes des syndicats de classe.
• Nous sommes des syndicats indépendants des partis politiques, quels qu’ils soient.
• Nous luttons contre la « globalisation », c’est-à-dire contre le capitalisme dit « néolibéral » qui impose à nos sociétés une véritable dictature économique, sociale et idéologique, au travers d’instruments comme le FMI (Fonds monétaire international), la BM (Banque mondiale) et l’OMC (Organisation mondiale du commerce) ainsi que les institutions européennes.
• Nous lions dans nos perspectives et notre activité, de manière indissoluble et complémentaire, la « libération sociale » et la « libération nationale » de nos peuples.
2 – Au niveau stratégique :
• Nous estimons indispensable de développer nos combats respectifs, et de manière adaptée, au niveau où se trouvent posés les problèmes d’aujourd’hui, c’est-à-dire au niveau « mondial ».
• En riposte à la globalisation capitaliste, nous sommes décidé-es à globaliser notre action syndicale à partir de nos peuples et de nos luttes respectives.
• Nous voulons aider chacun de nos peuples, chacune des classes laborieuses dont nous défendons les intérêts, à s’identifier à la lutte des autres peuples frères.

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