Elections à la SNCF : les syndicats opposants à la réforme sont majoritaires.

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Les résultats des élections professionnelles à la SNCF (19 novembre) étaient intéressants, un an et demi après le conflit de juin 2014 contre le démantèlement de l’entreprise en plusieurs entités. Les syndicats opposés à cette contre-réforme restent majoritaires, reconnait la direction. Il est intéressant de lire aussi l’analyse de la Direction des ressources humaines (DRH) du groupe ferroviaire.

 

 

CGT Cheminots

CGT

Les cheminots étaient convoqués arbitrairement ce 19 novembre pour élire à la fois, leurs représentants DP, aux CE, aux conseils d’administration de SNCF Réseau, SNCF Mobilités et au Conseil de Surveillance du nouveau Groupe Public Ferroviaire.

La CGT tient avant tout à saluer l’engagement de toutes les cheminotes et tous les cheminots, qui ont malgré des moyens humains et financiers volontairement contraints, organisé ces élections.

Dans un contexte national où la tentation sécuritaire patronale et gouvernementale prime sur la démocratie, face à une direction qui rêve de diviser le corps social, les cheminots ont choisi !

En positionnant à nouveau la CGT comme première organisation syndicale à la SNCF, avec plus de 34% des voix, 11 points devant la deuxième organisation, les cheminots ont confirmé leur attachement à un syndicalisme démocratique, unitaire, rassembleur, offensif et force de propositions.

Ils envoient à la direction du GPF et au gouvernement un signe fort notamment avant la négociation de la future CCN de la branche ferroviaire.

C’est aux côtés de la CGT que les cheminots entendent défendre leurs intérêts et qu’ils réclament une autre réforme du ferroviaire, que la commission européenne permet, quoi qu’en disent ceux qui ont fait le choix de l’abandon du service public SNCF, de l’entreprise intégrée, des CE et CCE.

Les directions de la SNCF, ainsi que le gouvernement, vont devoir se remettre autour de la table des négociations avec la CGT et stopper les entreprises de compromission qu’ils ont érigées ces derniers mois pour trafiquer dans le dos des cheminot-e-s l’abaissement des conditions sociales et casser le service public SNCF.

La CGT, forte de l’expression démocratique des cheminots, agira, comme elle l’a toujours fait pour porter leurs revendications sur l’emploi, les salaires et pensions, les conditions de travail, les métiers, les retraites…

Une mauvaise loi nous a séparés, la CGT agira pour que la future Convention Collective Nationale nous rassemble, que les salariés qu’elle regroupera bénéficient de conditions sociales et de travail élevées et améliorées.

Elle combattra toutes mises en concurrence des salariés qui dégradent la qualité, la quantité et la sécurité des transports, détruisent l’environnement en favorisant les modes les plus polluants et les plus destructeurs de conditions sociales.

A l’approche du grand barnum médiatique de la COP 21, avec l’Union Interfédérale des Transports CGT, la Fédération CGT des Cheminots appelle l’ensemble des salariés des transports à faire entendre leurs voix pour développer des transports collectifs publics de voyageurs et de marchandises qui répondent aux besoins de déplacement et d’approvisionnement des populations, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, aux besoins d’amélioration des conditions de vie et de travail de ses salariés.

En votant CGT, les cheminots se sont ouverts la voie du possible et du progrès social.

La Fédération CGT des Cheminots remercie l’ensemble de ses militants et syndiqués qui s’engagent chaque jour avec les cheminots et salariés des filiales du groupe SNCF, malgré une répression grandissante, pour y parvenir.

 

SUD Rail

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Elections professionnelles DP, CE, CA, CS à la SNCF, le 19 novembre 2015

Les cheminot-es confirment la place de SUD-Rail dans l’entreprise…

La direction avait tout fait pour favoriser UNSA et CFDT y compris par une propagande patronale les mettant en avant. Les cheminot-es ont choisi au contraire de renouveler leur confiance vis à vis de ceux qui se sont opposés à la réforme ferroviaire.

  • SUD-Rail obtient 16,83 % des voix, se renforce dans plusieurs régions et pourra s’appuyer sur une implantation homogène pour agir partout.
  • SUD-Rail et la CGT avec 51,16 % des voix pourront contester les accords néfastes pour les cheminot-es.
  • L’UNSA et la CFDT marquent le pas.
  • L’alliance électoraliste de syndicats qui n’ont rien en commun, FO/CGC/FIRST, est une nouvelle fois un échec et sans perspective.

Malgré une organisation catastrophique, à l’image de la réforme passée en force en 2014, 69% des cheminots se sont rendus aux urnes affirmant leur volonté de confier à SUD-Rail la défense de leur convention collective, en cours de négociation.

Outre le maintien de leur règlementation du travail, ils ont clairement exprimé leur volonté de confier à ceux qui se sont opposés à la réforme ferroviaire en 2014, le soin d’agir en faveur d’une réunification garantissant la sûreté et la sécurité du service public SNCF. La direction doit entendre le désavoeu des cheminot-es en direction des organisations syndicales qui depuis des années accompagnent les réformes du gouvernement et de la direction de la SNCF. De la même manière sur la future convention collective, l’emploi, les salaires et pensions, les facilités de circulation, les prestations familiales, elle ne peut plus ignorer les revendications portées par les organisations syndicales qui rassemblent plus de 50 % des suffrages.

La Fédération SUD-Rail tient à remercier les 17 916 cheminotes et cheminots qui par leur vote vont nous permettre d’agir au quotidien à leur côté, mais également à construire les luttes indispensables pour faire gagner nos revendications.

Résultats Elections CE SNCF
######## SUD-Rail CGT UNSA CFDT
Elections 2014 16,99% 35,64% 22,98% 14,70%
Elections 2015 16,83% 34,33% 23,86% 15,15%
Evolution -0,16 -1,29 +0,88 +0,45

Direction des ressources humaines Groupe SNCF

CGT: 34,33% – UNSA: 23,86 % – SUD Rail: 16,83% – CFDT : 15,15 % – FO : 9,16 %

Les élections CE du GPF ne bouleversent aucune donnée-clé du paysage syndical.

Les élections des comités d’établissement du Groupe public ferroviaire, qui se sont tenues sans incident notable le 19 novembre, n’ont fait que prolonger, sans même les accentuer
vraiment, des tendances déjà à l’oeuvre : le recul de la CGT, la croissance de l’UNSA ferroviaire et, dans une moindre mesure, de la CFDT, enfin l’érosion/stabilisation de SUD-Rail et l’incapacité de FO à reconquérir sa représentativité. Les résultats font apparaître un paysage syndical figé, dont aucun des équilibres existant auparavant ne sort bousculé, par-delà les évolutions d’organisation consécutives à la constitution du Groupe public ferroviaire.
DÉCRYPTAGE

Sans surprise, les quatre organisations syndicales représentatives après les élections de 2014 à la SNCF restent représentatives dans le GPF. Mais aucune autre OS ne vient les rejoindre au-dessus de la barre des 10%, seuil à franchir pour pouvoir désigner des délégués syndicaux centraux et participer, notamment, à l’activité contractuelle de l’entreprise.
Rien ne vient chambouler non plus la « hiérarchie » des OS, la CGT restant première et l’UNSA deuxième, suivies de SUD-Rail puis de la CFDT.
De même, les résultats du vote ne changent pas les équilibres arithmétiques associés aux règles de la négociation collective (selon lesquelles un accord n’est valide que s’il est signé par une ou des OS représentant au moins 30% des suffrages, et un droit d’opposition n’est valable que s’il est porté par une ou des OS représentant au moins 50% des suffrages).
En clair, et comme c’était le cas jusqu’à présent, un accord sera valable dans le GPF s’il est signé par la CGT, ou par au moins deux organisations syndicales.
Et un droit d’opposition n’aura d’effet que s’il réunit la CGT et SUD-Rail, ou la CGT et l’UNSA, ou encore l’UNSA, SUD-Rail et la CFDT.
Parmi ceux qui baissent, c’est la CGT qui perd le plus
Avec 34,33% des suffrages exprimés, contre 35,64% voici un an et demi lors du scrutin de mars 2014 à la SNCF, la CGT perd 1,31 point, enregistrant l’écart le plus accusé de ces élections : personne d’autre ne perd autant, mais personne ne gagne autant non plus. Cette baisse conforte une tendance de longue date, pour une OS qui représentait encore plus de 40% des cheminots voici 10 ans, et plus de 50% il y a 30 ans.
Cette pente est sans doute favorisée par l’évolution sociologique du corps social (accroissement de la part des maîtrise et cadres), et légèrement accentuée par l’intégration des électeurs de l’ex-RFF, où la CGT n’avait aucune implantation. Toutefois, la CGT baisse également dans le collège exécution, où elle recule de presque un demi-point, même si elle y conserve une suprématie incontestée (presque 42 %). Il semble par ailleurs que la campagne électorale de la CGT, qui a démarré tardivement et s’est concentrée sur la question de la réforme du ferroviaire, thème archidominant de la communication fédérale depuis la grève de juin 2014, n’a pas conduit à des déplacements significatifs de voix. Ni dans un sens, ni dans l’autre.
SUD-Rail, qui avait beaucoup grandi entre 1996, date de sa création, et le scrutin de 2009 où elle a connu son apogée, confirme une fois de plus sa tendance à la lente érosion. De quelques dixièmes de point à chaque scrutin, ce tassement cependant peut également s’interpréter comme une relative stabilisation sur un score approchant les 17%, qui ne serait pas plus appelé à monter qu’à descendre. Cette quasi-stabilité doit beaucoup, manifestement, à la campagne de proximité que SUD-Rail a menée ces derniers mois. Conformément à leurs choix habituels, les syndicats SUD y ont mêlé les thèmes très  politiques, les corporatismes de métier et les préoccupations plus locales, contribuant à gagner un peu de terrain sur le collège exécution, au détriment notamment de la CGT et de la CFDT.
L’UNSA conforte encore sa deuxième place

Avec un gain de 0,88 % par rapport au scrutin de 2014 à la SNCF, qui la situe un peu en-dessous des 24%, l’UNSA Ferroviaire se dit elle-même « confortée dans sa place de première organisation réformiste du GPF et de la branche ferroviaire ». Ses gains, toutefois, ne se réalisent que sur le collège cadre, dont l’expansion lui est naturellement favorable.
À rebours, elle laisse en route quelques dixièmes de point sur le collège maîtrise, où la CGT la devance toujours nettement, et sur le premier collège, que l’ancienne Fédération Maîtrise et Cadres envisageait comme une « terre de conquête ».
La CFDT, elle aussi, se range du côté des gagnants, puisqu’elle a amélioré sa position de presque un demi-point au regard du scrutin SNCF de 2014. Elle semble avoir bénéficié d’un bon transfert des voix qu’elle obtenait traditionnellement chez RFF, et en avoir conquis de nouvelles à l’occasion de ce scrutin, parmi les cadres.
Toutefois, la CFDT pâtit elle aussi d’un recul – très net – sur le collège exécution, mais aussi sur le collège maîtrise. Son score total la place assez loin des ambitions qu’elle avait cultivées, sans tapage mais avec ténacité, de souffler à SUD-Rail la troisième place au général.
Là encore, qu’il s’agisse de l’UNSA ou de la CFDT, les « bougés » sont ténus. Le rôle qu’y a joué la campagne électorale, que ces deux OS avaient axée sur leur volontarisme contractuel et les bénéfices que les salariés devraient en retirer, semble en ce sens.

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