Elections professionnelles à la SNCF : des précisions

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Militant de SUD Rail, Patrice Perret nous fait parvenir un commentaire proposant une analyse plus précise des résultats électoraux récents à la SNCF, mettant plus en évidence l’échec de la direction.

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Pour une analyse plus fouillée :

Les premiers résultats des élections, mis en avant par la Direction SNCF et repris dans la presse, ne prenaient pas en compte tous les éléments et mettaient en avant des évolutions en comparant des élections sur des champs différents. En effet, les élections de 2015 ont eu lieu sur l’ensemble de la nouvelle SNCF, qui correspond à l’ancienne SNCF (élections en 2014) et l’ancien RFF (élections en 2012).
En regardant l’évolution sur un périmètre identique, la conclusion n’est pas « la baisse des organisations revendicatives et la progression des réformistes ». Toutes les évolutions restent inférieures à 1 %. Le faible glissement de la CGT vers l’UNSA trouve une explication mathématique, l’UNSA est majoritaire chez les cadres, où elle recueille le maximum de ses voix, tout comme la CFDT ; à l’inverse CGT et SUD-Rail ont leurs voix principalement dans le collège exécution. Entre les 2 élections, les effectifs globaux ont diminué de 5 217, alors que les cadres ont augmenté de 1 809.

Résultats pour les CE

CGT UNSA SUD-Rail CFDT FO + CGC CFTC
CE 2012/14 35,24% 23,07% 16,84% 15,09% 9,47% 0,29%
CE 2015 34,33% 23,86% 16,83% 15,15% 9,16% 0,68%
Evolution -0,92 0,79 -0,01 0,06 -0,31 0,39

Ceux qui ont perdu ces élections, ce sont la Direction et le gouvernement, qui ont tout fait pour que CGT + SUD-Rail passent sous le seuil des 50 %, ne puissent plus bloquer les « accords » signés par CFDT + UNSA, dans une période où arrivent des négociations essentielles, après la loi ayant bouleversé le système ferroviaire qui va être suivi d’une convention collective nationale du ferroviaire dans laquelle la réglementation du travail SNCF sera remise en cause pour s’appliquer à l’ensemble des travailleurs du rail, pour faire une place à la précarisation des emplois et la filialisation des activités.
La SNCF a laissé faire l’envoi par la CFDT et l’UNSA de leur propagande électorale sur la messagerie professionnelle intranet des cheminot-es, ce qui est strictement interdit et a déjà valu aux syndicats revendicatifs de se faire bloquer leur boîte. Pire, un journal officiel de la SNCF « SNCF au féminin » a consacré 4 pages à 3 candidates et 1 candidat, tous de l’UNSA ! Cette campagne ouverte de la Direction pour ses syndicats réformistes a achoué.

Les élections montrent une stabilité des organisations, attribuent toujours plus de 50 % aux syndicats revendicatifs ayant lutté contre la loi fragilisant et préparant la privatisation du ferroviaire. La participation de plus de 2/3 des cheminot-es… le rapport de forces est là pour s’opposer à la suite de la loi ferroviaire, à la marche forcée vers la privatisation et la réglementation du travail.
Patrice Perret

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