Et toujours sur le travail : documents Solidaires et CGT

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Nous poursuivons la publication de documents de réflexions sur la question du travail. Ici le nouveau numéro de Et voilà (le travail), bulletin de l’Union syndicale Solidaires, et un point de vue des animateurs CGT de l’espace santé-travail confédéral à propos de la Qualité de vie au travail (QVT).

  • Bulletin Et voilà (Solidaires)

Cliquez : Et Voila n47 septembre 2016

 

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« Et voilà » n°47 – octobre 2016

Ces mois nous avons au sommaire :

3 Actualités
Une enquête sur le travail qui pose question !

4 Jurisprudences
- Le recours à l’expertise est justifié
• En cas d’absorption d’un établissement par un autre entraînant des conséquences sur les conditions de travail
• En cas d’accident mortel inexpliqué
- Mais il ne l’est pas en l’absence de risque avéré pour les salariés.
- Ne pas réunir le CHSCT en cas d’accident grave est un délit d’entrave

5 Vu du terrain
• Nutréa-Triskalia : Une nouvelle victoire et une première en France !
• La pompe à refoulement : Amorcez et devenez acteur de votre avenir
• AVC à Villeneuve d’Ascq, jusqu’où ira la poste ?
• Mort de Jean Claude Lachaux : Orange obtient le report du procès en appel

7 ici et ailleurs
• Prévention des risques professionnels la fonction publique et les PME à la traîne
• Dans quels contextes les comportements sexistes au travail sont-ils le plus fréquent ?
• Le 25 juillet 2016, Publication du rapport de l’ANSES sur les expositions professionnelles aux pesticides : mieux connaître et réduire les expositions

9 Les invités
L’impact des restructurations sur les conditions de travail des ouvriers de la filière automobile par Armelle Gorgeu et René Mathieu

11 Action syndicale
Poussés au suicide

12 Parutions
• Quand la santé décuple les inégalités Agone N°58, 2016 – Coordination : Maud Gelly, BaptisteGiraud et Laure Pitti
• Boulots de merde ! Du cireur au trader, enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers de Julien BRYGO, Olivier CYRAN
• Salariés du public, salariés du privé face aux changements sous la direction de Nathalie Greenan, Sylvie Hamon-Cholet, Pascal Ughetto
L’équipe du bulletin remercie tous les contributeurs et contributrices de ce numéro.

Comme toujours, vous pouvez toujours adresser toutes propositions d’articles, informations sur les luttes en cours, annonces de colloques et de parutions, idées et critiques à etvoilaletravail@solidaires.org.

Pour s’abonner ou se désabonner de ce bulletin c’est la même adresse.

Pour consulter les anciens numéros c’est ici.

Notre prochain numéro est programmé pour la fin octobre, début novembre 2016.

etvoilaletravail@solidaires.org

  • Espace revendicatif, activité santé-travail de la CGT

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Cliquez : Contribution CGT 2 9 2016 Jérome VIVENZA et Tony FRAQUELLI(1)

 

CONTRIBUTION DE LA CGT

 

Contribution parue à la demande des auteurs (Emilie Bourdu, La Fabrique de l’Industrie; Marie-Madeleine Pérétié, Aract IDF; Martin Richer, Terra Nova) dans le rapport paru le 11 octobre 2016 : « Qualité de vie au travail : levier de la compétitivité. Refonder les organisations du travail ».

 

 

Parler du travail, d’abord !

 

La CGT a participé activement aux négociations de l’Accord QVT. Mais pour dire les choses simplement, c’est un concept qui nous apparaît un peu fourre-tout, et nous sommes peu convaincus par les artifices qui entou- rent la QVT.

Nous sommes par contre toujours disposés à parler de travail. C’est pourquoi quand la CGT négocie sur ce thème de la Qualité de Vie au Travail, elle négocie en fait sur la « Qualité du Travail ».

 

Nous sommes confrontés aujourd’hui dans les entreprises à des normes de gestions qui s’opposent à la qua- lité de la production et des services. Et la Qualité du Travail est donc un enjeu pour les salarié.es parce qu’elle est constitutive de la santé des salarié.es. Pouvoir bien faire son travail, c’est pouvoir s’émanciper, se recon- naître dans ce que l’on fait, être reconnu pour ce que l’on fait !

 

Alors, parler du travail est un exercice qui chahute. Et il n’est pas rare que la QVT, pour le patronat, reste un moyen de ne pas remettre en cause sa stratégie en se focalisant sur les « périphériques » du travail comme le chèque services, la salle de repos, etc. Autant dire un pansement sur une jambe de bois. Notre démarche est de recentrer la négociation autour des questions de travail.

Nous avions réussi à le faire à la SNCF. La CGT est arrivée aux négociations avec un « contre-projet » qui a servi de base aux discussions. Nous avions réussi, avec les autres organisations syndicales, à avancer en- semble sur ce terrain. D’ailleurs, et ce n’est pas un détail, l’accord soumis à la signature – écrit à 90% par la CGT – était nommé « accord pour la Qualité du Travail et QVT ». Au final, nous ne l’avons pas signé… Et on a été jusqu’à le dénoncer car la fin de ces négociations s’est confrontée à l’actualité : la réforme du système ferroviaire ainsi que l’annonce de suppression d’effectifs. Il y avait là un paradoxe : comment la Direction pouvait être capable de s’engager sur la Qualité du Travail et dans le même temps, nous annoncer l’éclate- ment de l’entreprise en trois entités, ainsi que des suppressions d’emplois ?! Nous craignions que si l’accord nous échappait, il puisse servir à mettre en place cette restructuration.

Il s’est passé le même scénario par la suite dans la fonction publique.

Là encore, un travail exemplaire y a été mené par notre organisation, avec créativité et engagement. Mais il a été percuté par l’actualité qui est venue tout anéantir, avec l’annonce de suppressions d’emplois, des ré- organisations féroces, des non remplacements d’effectifs. La QVT paraît à côté de cela « hors sol » quant au quotidien des travailleurs – lesquels se retrouvent dans des situations de travail difficiles, qu’ils vivent pour beaucoup dans l’angoisse du lendemain.

Tout cela, au fond, illustre un manque de confiance qui n’est ni le fait des cheminots, ni de la CGT et de ses équipes militantes, mais des Directions qui négocient la QVT d’un côté et font des « coups bas » dans le dos des négociateurs syndicaux de l’autre (en n’annonçant pas les suppressions d’emploi ou les réorganisations).

 

Pour sortir de l’ornière et avancer, nous avons besoin d’établir un tout autre climat, avec un maître mot : la loyauté, le retour à une morale et une éthique du côté des Directions.

Un mot sur « l’engagement ».

Les salariés sont engagés, investis dans leur travail; sinon ça ne fonctionnerait pas. C’est parce qu’ils mettent leur intelligence au service de leur activité que des trains roulent, l’électricité arrive dans nos foyers, etc…

Une société dans laquelle les salariés ne seraient pas « engagés » dans ce qu’ils font, s’effondrerait très rapi- dement. Mais l’engagement dont les politiques des Ressources Humaines nous parlent n’est pas celle-là. Il s’agit en fait « d’adhésion » à la politique de l’entreprise, à ses projets et stratégies industrielles. On ne parle pas de la même chose.

 

 

Pour synthétiser nos propos, nous pourrions dire que quand nous abordons le thème de la QVT (dans les médias, par exemple), nous parlons rarement de « choses qui fâchent »: ce qui est présenté comme relevant de la QVT est une liste de pratiques ou de projets « de bon sens » ou « consensuels » qui amélioreraient immé- diatement la vie au travail des salariés, sans que rien dans leur activité professionnelle ne change véritable- ment. Or le travail est source et lieu de conflits, de controverse ! C’est inhérent au travail et c’est ça qui est facteur de santé.

De même, dans la « littérature » sur la QVT, il est rarement question de « la QVT et Santé des salarié.es », mais plutôt de la « santé » du marché et de l’Entreprise, de sa performance économique et de la compétiti- vité.

Et il nous semble qu’on assiste là, sur la question du travail à travers le prisme de la QVT, à un processus similaire au détournement managérial de la question de la mixité professionnelle Femme-Hommes, percep- tible dès le début des années 2000 (cf. Sabine Fortino, Hélène Meynaud, Les cahiers du genre n° 47 – La mixité au service de la performance économique).

La mixité était devenue un thème consensuel pour aborder la question du droit des femmes en entreprise, de l’égalité femme -homme. Globalement, la « littérature » produite dans cette période a contribué à cette construction – le patronat comprenant que la mixité pouvait être moteur de performance et s’y engouffrant

… mais en « négligeant » l’égalité professionnelle. Aujourd’hui, même là où des politiques volontaristes en faveur de l’égalité ont été déployées, les inégalités ont persisté.

Or, si l’on n’y prend garde, comme dans le cas de la mixité, la QVT peut très bien se passer de véritable progrès social et ne concerner que des éléments totalement anecdotiques de la vie des salariés.

De même, la tentation de développer le numérique exclusivement dans la perspective d’avoir des entreprises plus compétitives, existe également. Pourtant celui-ci pourrait être au service du travail et de la démocratie en entreprise.

Le passage par de l’expérimentation pour montrer les possibles est certainement une bonne démarche. Des- cendre sur la qualité du travail est la clé pour être dans le vrai et rentrer « dans le dur » des nécessaires transformations des situations de travail. Et le but de la démarche doit être la santé des travailleurs, sinon nous retomberons dans la distorsion développée ci-dessus.

 

 

 

Montreuil le, 2 septembre 2016

 

 

Tony Fraquelli et Jérôme Vivenza

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