Le numéro 57 du bulletin Et Voilà (le travail) de l’Union syndicale Solidaires

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Voici le bulletin « et voilà » numéro 57 d’avril/mai 2018  des conditions de travail et de la santé au travail de la commission de l’Union syndicale Solidaires à destination de l’ensemble des militantes et militants impliqués dans la santé au travail. Nous reproduisons plus bas l’éditorial de ce numéro.

 

Originalité cette fois :  le premier épisode d’une BD exclusive dessinée par Claire Robert destinée à être utilisée sous forme de BD-Tract!

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Le sommaire complet:

3 Actualités
Liquidation générale

4 Jurisprudences
• Une réorganisation suspendue en raison de risques psychosociaux
• L’expertise en cas de projet important déjà mis en oeuvre est possible
• Un management par la peur est un manquement à l’obligation de prévention des risques professionnels

5 Vu du terrain

• Harcèlement sexuel : Emmanuelle devant les prud’hommes de Paris
• Suite au drame survenu à l’usine Saipol de Dieppe
• La Cour d’Appel de Rennes reconnaît la maladie professionnelle de Claude Le Guyader, mais pas celle de Pascal Brigant ex-salariés de Nutréa-Triskalia victimes des pesticides
• Quand la RATP sanctionne systématiquement les droits de retrait des salarié-es exposé-es à l’amiante

7 Ici et ailleurs
• Les états généraux de la santé des travailleuses et travailleurs pour ne plus perdre sa vie à la gagner ! 2ème édition

8 International
• Samsung au Vietnam
• Multinationale coupable : boycott Driscoll !

9 initiative de tract dessiné
Le Chef d’équipe et le manage(u)r

12 Parutions
• Libérer le travail – Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer par Thomas COUTROT
• Nécessités et limites de l’interdisciplinaire pour étudier le travail et la santé par revue Pistes
• Low cost par la Nouvelle Revue du Travail #12 – 2018

 

Editorial Actualités

 

Liquidation générale : Tout doit disparaître !

 

Pendant la campagne électorale de l’an passé, le futur président avait indiqué qu’il n’aimait pas le mot « pénibilité » et qu’il le ferait disparaitre s’il était élu. C’est ce qu’il a effectué en supprimant le compte pénibilité pour le remplacer par un autre nom, le compte professionnel de prévention. Ce n’est pas pour autant que la pénibilité a, elle, disparu et que l’espérance de vie en bonne santé s’améliorera. Mais, comme toujours, ce gouvernement sur les questions de santé et conditions de travail a pour objectif de tenter de rendre invisible tout lien entre dégradation de la santé et le travail. C’est pour les mêmes raisons d’ailleurs que les ordonnances Pénicaud ont supprimé d’un trait de plume (un stylo de luxe sans doute vu que la ministre du travail est millionnaire) les CHSCT dans le secteur privé. Si on en peut faire descendre la fièvre, cassons le thermomètre !

Et maintenant la fonction publique ?

 Le gouvernement a lancé quatre chantiers sur la « refondation du contrat social avec les agents publics », chantiers dans lesquels Solidaires ne peut que constater que, comme dans le privé, il empêche tout dialogue social digne de ce nom.

Le premier chantier « ouvert » par Olivier Dussopt, Secrétaire d’Etat à la Fonction publique, porte essentiellement sur le nouveau modèle de dialogue social dans la fonction publique. La première étape de ce projet : comment faire disparaître une des instances les plus plébiscitées par les personnels : le CHSCT.

Animé par le souci premier de recherche d’économies et par la volonté de réduire au maximum les possibilités de défense des personnels, le gouvernement propose des scenarii qui visent, sur ce point précis, de supprimer purement et simplement les CHSCT.

Deux scénarios ont été présentés :

Le premier consistant à la fusion directe des CT et des CHSCT.

Le second, en proposant une nouvelle instance un peu inspiré du CSE dans le privé, serait en quelque sorte un CT réuni en séance plénière affublé d’une formation spécialisée dans laquelle pourraient être abordées les questions d’hygiène et de sécurité. Cela revient en fait à une fusion déguisée, où les questions de risques psy- cho sociaux, de prévention et d’hygiène et de sécurité dépendront du bon vouloir de l’instance plénière qui déterminera si cela mérite ou pas la tenue d’une formation spécialisée.

Pour habiller le tout, le gouvernement insiste sur la nécessité de repenser les prérogatives de ces instances qui selon lui se chevauchent et font parfois double em- ploi, d’introduire une professionnalisation et une unicité de la représentativité. Un des objectifs étant de « réduire » le nombre de représentants siégeant… Ah bon ?

Solidaires, avec d’autres organisations, avait été le fer de lance dans les négociations qui ont permis la mise en place récente des CHSCT dans la Fonction publique. C’est pour notre organisation un outil important pour permettre de rendre visible les altérations de la santé liées au travail et, du coup, de pouvoir permettre la mise en place de vraies mesures de prévention.

Agir !

 Dans cette situation, il ne s’agit pas de regarder passer les attaques ou de déplorer les conséquences mais bel et bien de passer à l’offensive et de mener des luttes dé- terminées sur ces sujets essentiels. Nous pouvons nous inspirer des longues grèves victorieuses menées par les personnel-le-s du nettoyage d’Onet dans les gares de l’Ile de France ou de l’Hôtel Holiday Inn de Clichy. Nous pouvons aussi nous inspirer de la longue et âpre bataille engagée par nos camarades de Solidaires en Bretagne contre la firme agro-alimentaire Triskalia qui a empoisonné ses salarié-es avec des pesticides. Les exemples sont nombreux et nous avons eu de nombreuses occasions de relater dans notre bulletin des luttes victorieuses sur la santé et les conditions de travail.

Dans toutes ces batailles les solidarités et les collectifs sont essentiels. C’est le sens de l’engagement déterminé depuis ses débuts de Solidaires dans le collectif « Ne plus perdre sa vie à la gagner » qui organise les seconds états généraux de la santé des travailleuses et travailleurs et nous permet d’unir nos forces, nos expériences et notre détermination. Poursuivons les combats !

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