Migrants : prises de position syndicales

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La duplicité du gouvernement Macron sur l’accueil des migrants soulève de plus en plus l’indignation. Ci-dessous des communiqués FSU et CGT. Laurent Berger (CFDT) co-signe une tribune très virulente dans Le Monde daté 17 janvier. 

  • Tribune dans Le Monde, co-signée par Laurent Berger (CFDT):

Extraits:

Migrants : « M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! »

Dans une lettre ouverte au président de la République, des intellectuels et des syndicalistes critiquent sévèrement la politique migratoire du gouvernement.


Un migrant dort sous un pont à l’entrée de la « nouvelle jungle », à Calais, le 9 août 2015. Un migrant dort sous un pont à l’entrée de la « nouvelle jungle », à Calais, le 9 août 2015. JUAN MEDINA / REUTERS

Par Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova), Jean Pisani-Ferry (professeur à Sciences Po), Jean-François Rial (PDG du groupe Voyageurs du monde) et Lionel Zinsou (président de Terra Nova).

« Tribune. Monsieur le Président de la République, de votre projet, nous avions retenu que nous aurions une politique de l’asile stricte, mais exemplaire : que sous votre autorité la France veillerait à ce que le droit d’asile ne soit pas détourné de son objet, et que, dans le même temps, elle accorderait sa protection à celles et ceux qui sont légitimes à la demander.

Les Français pour qui la protection des persécutés ne fait qu’un avec la vocation historique de notre pays pensaient trouver là un motif de fierté. Ils accueillirent donc avec joie votre profession de foi « universaliste » à Orléans le 27 juillet 2017. Ils saluèrent votre promesse d’une France où plus personne ne dormirait « dans la rue, dans les bois » et où l’on ne chercherait plus à dissuader quiconque d’exercer son droit à la protection. Comme ils avaient salué, quelques mois plus tôt, votre coup de chapeau à l’Allemagne de Madame Merkel qui, disiez-vous alors, avait sauvé la « dignité collective » de l’Europe en accueillant plus d’un million de réfugiés. Enfin, ils approuvèrent votre souci de raccourcir les délais de procédure des demandes d’asile. Bref, à leurs yeux comme aux nôtres, et dans une assez grande diversité de sensibilités, votre présidence se plaçait sous les auspices d’un humanisme responsable et assumé.

« Mépris du principe d’accueil inconditionnel »Nous nous sommes hélas réveillés dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants à Calais. Où l’on lacère leurs toiles de tente à Paris. Où l’on peut se perdre, pieds et mains gelés, sur les pentes enneigées de la frontière franco-italienne….« 

[…].

 

  • Communiqué FSU

Les Lilas le 16 janvier 2018

Les droits fondamentaux des migrant.e.s doivent être respectés

Le gouvernement prépare un projet de loi «asile-immigration». La FSU est vigilante sur les dispositions que contiendra ce texte de loi et interviendra notamment pour qu’il ne contienne aucune mesure discriminatoire. Comme nombre d’associations et d’organisations, la FSU est porteuse de propositions pour assurer avec respect et dignité l’accueil des migrants et pour, avec eux, leur permettre de se construire un avenir dans notre pays. Si a priori le texte contient quelques mesures en faveur de la protection des personnes, l’esprit général est celui d’une conception suspicieuse de l’accueil.

La FSU interpelle le gouvernement sur les dispositions contenues dans la circulaire du ministère de l’Intérieur «relative au relogement des personnes bénéficiaires d‘une protection internationale» publiée le 12 décembre dernier. En effet, ce texte prévoit un recensement des migrant.e.s dans les centres d’hébergement d’urgence, ce qui remet en question la protection et l’accueil inconditionnels de toute personne en besoin d’aide et d’accompagnement.

Pour la FSU, les centres d’hébergement d’urgence et de soins doivent rester des lieux de protection où toute personne ne peut être ni menacée, ni contrôlée.

De plus, par la mise en œuvre de contrôles préfectoraux au sein des centres d’hébergement avec l’objectif de procéder à des tris administratifs en vue d’expulsions, cette circulaire contrevient à l’article L345.2.2 du Code de l’action sociale et des familles qui stipule notamment que «Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence» permettant « ..dans des conditions d’accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations….» et «…de lui apporter l’aide justifiée par son état».

C’est pourquoi la FSU juge cette circulaire inacceptable. Elle soutient les associations humanitaires et les organisations, qui, comme elle, en demandent le retrait.

 

  • Communiqué CGT :

 

Faisons respecter les droits des migrant-e-s !

La CGT se bat au côté des travailleuses et travailleurs migrant-e-s depuis des décennies pour faire respecter leurs droits et en gagner de nouveaux.

Ces dernières semaines, les velléités gouvernementales ont amplifié, via deux circulaires infamantes, les attaques contre les droits fondamentaux humains consacrés par la déclaration universelle des droits de l’Homme qui précise dans son premier article que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »

Or, aujourd’hui, M. Macron et son gouvernement prépare un projet de loi indigne des valeurs de la patrie des droits de l’Homme en voulant « trier » entre  bons et mauvais migrants… Les bons seraient celles et ceux fuyant la guerre et les persécutions, les mauvais celles et ceux fuyant la misère économique ou les catastrophes climatiques…

C’est vite oublier que ce sont les logiques capitalistes chères à M. Macron qui organisent les désordres mondiaux en favorisant le commerce des armes et les guerres, en appauvrissant par le pillage de leur ressources bon nombre de pays dit « en voie de développement » et en saccageant la planète par des modes de production et de consommation qui obèrent l’avenir même de l’humanité.

Fidèle à sa boussole financière, M. Macron « le président des riches » fait le choix de traquer les plus humbles y compris les mineurs isolés jusque dans les lieux d’hébergement pour les « trier » et les renvoyer vers l’enfer qu’ils et elles ont quitté. Au lieu de s’attaquer à la croissance exponentielle des inégalités, ce même gouvernement détruit « en même temps » et cyniquement les administrations de contrôle qui pourraient permettre l’application du droit, la lutte contre les fraudes fiscales et sociales et assurer l’égalité de traitement quelle que soit la nationalité.

La CGT continue d’organiser la riposte avec les salarié-e-s des services publics et associations qui portent secours, accueillent et accompagnent les migrant-e-s mais aussi en organisant les luttes des travailleuses et travailleurs migrants qui participent eux aussi à la création de richesse dans notre pays. Au-delà de cette réalité économique et trop souvent niée, c’est le combat pour le respect des droits fondamentaux humains, pour la dignité de toutes et tous qui nous anime.

Montreuil, le 16 janvier 2018

 

 

 

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