Réactions syndicales après les attentats (N°2)

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Nous continuons à publier des prises de positions syndicales et associatives après les attentats du 13 novembre. La question de la liberté de manifester et d’agir est posée.

  • UD CGT 75  (17 novembre) : La CGT ne renoncera pas au droit de lutter, de se rassembler et de manifester !ob_d19014_cgt-paris-logoProlonger pour au moins 3 mois l’état d’urgence, modifier la Constitution, instaurer la déchéance de nationalité pour les terroristes nés en France, création d’une garde nationale : telles sont les mesures phares annoncées par le Président de la République à la suite des attentats qui ont frappé la France le 13 novembre.L’Union départementale CGT de Paris est pleinement consciente des dangers et des risques que font courir ces criminels. Elle s’inscrit dans une pratique syndicale responsable, particulièrement dans cette période, de la sécurité des salariés et des populations.

    L’Union départementale CGT de Paris tient, cependant, à mettre en garde contre le peu d’efficacité de l’état d’urgence et des dangers graves qu’ils comportent contre les libertés publiques, notamment la liberté syndicale, dans un contexte déjà marqué par une forte répression anti-syndicale.

    Il y a, en effet, peu de chances qu’un terroriste kamikaze prêt à se transformer en bombe humaine puisse être dissuadé de commettre son crime par la perspective de perdre la nationalité française.

    Et réformer, dans l’urgence, la Constitution, qui est la loi « des temps longs », nous paraît un contresens dangereux, qui réduit le temps de débat démocratique et la nécessaire sérénité qui doivent présider à ce type de réforme.

    Alors que de nombreux spécialistes appellent à une judiciarisation plus rapide des enquêtes contre le terrorisme, l’état d’urgence dispense les forces de police de recourir à des mandats avant de perquisitionner, mandats qui, de toute manière, ne leur aurait sûrement pas été refusé, au vu des circonstances.

    Les mesures d’urgences devraient plutôt permettre de répondre à la question du financement du terrorisme, notamment l’achat du pétrole et la vente d’armes.

    Il est illusoire de penser que nous pourrons-nous battre, ensemble, pour la défense de nos idéaux démocratiques, si nous commençons par renoncer à ces idéaux.

    Peu utile, donc sur le plan de la justice, l’état d’urgence apparaît comme dangereux pour les libertés et les nombreuses luttes sociales en cours.

    Pour la CGT Paris, il ne peut être question d’accepter qu’un des fondements de notre démocratie, la liberté syndicale, puisse être affaibli au nom… de la démocratie ! Il ne peut, également, être question de brider la contestation des politiques antisociales, que le gouvernement continuerait de mener comme si de rien n’était, au nom de la lutte contre le terrorisme ; ce d’autant plus que la précarité et l’exclusion sociale en sont le terreau.

    Nous refusons de renoncer au droit de défendre les intérêts des salariés. Nous savons apprécier par nous-mêmes les circonstances dans lesquelles nous pouvons appeler ou non à manifester ou se rassembler et nous entendons continuer à procéder de la sorte.

     

    Paris, le 17 novembre 2015

     

     

    Après les terribles attentats qui ont endeuillé Paris, les organisateurs de la manifestation du 22 novembre appellent plus que jamais à manifester en solidarité avec les migrants.

    Qu’ils soient nommés réfugiés, migrants ou sans-papiers ils sont, eux aussi, des victimes des guerres, des violences et de la misère qui les ont contraints à quitter leurs pays.

    Cette manifestation réaffirme notre solidarité et participe aussi de la réponse aux attentats qui ont ensanglanté Paris.

     

    MIGRANTeS : BIENVENUE

     

     

    Un drame se déroule aux portes de l’Europe. Fuyant les guerres et les crises des millions de personnes quittent leur pays. Des milliers d’entre eux viennent trouver refuge vers l’Europe. La seule réponse qui leur est faite est la fermeture des frontières.

    Des drames se déroulent aussi au cœur de l’Europe. Aujourd’hui à Calais près de 7 000 personnes vivent dans des conditions effroyables, tandis qu’à  Paris nombre de migrantEs se retrouvent à la rue. Nous ne pouvons accepter que des gens soient condamnés à vivre dans de telles conditions.

    Nous dénonçons les politiques française et européenne qui créent ces situations à Calais comme aux portes de l’Europe.

    Nous demandons immédiatement des conditions d’accueil dignes pour tous et toutes. Qu’ils/elles soient nomméEs réfugiéEs, migrantEs ou sans-papiers, nous exigeons des droits égaux pour tou-te-s, des titres de séjour, l’accès aux soins et au logement.

    Aujourd’hui l’Europe a fait la preuve de son incurie. Il faut supprimer le règlement de Dublin et démanteler Frontex qui sont les premières causes des drames que vivent aujourd’hui les migrants.

     

    NOUS APPELONS À MANIFESTER
    LE DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015 À 15H

     

    AU DÉPART DE LA PLACE DE LA BASTILLE (ARRIVÉE PLACE DE LA RÉPUBLIQUE)

     

    Premiers signataires : ATMF, Attac, BAAM (Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants), CGA, CGT Educ’action 93, CISPM, CNDF, CSP 75, Collectif Avenir Educs, Collectif Austerlitz, Collectif 3 C, Collectif Sans-Voix Paris 18, Collectif 20e solidaire avec les migrants, Collectif de solidarité aux réfugiés de Genne- villiers, DAL, Droits devant!!, Écologie sociale, EÉLV Paris, Ensemble!, EuroPalestine, Fasti, Fédération anarchiste, Femmes migrantes debout, Femmes égalité, Gisti, IJAN, LDH, 8 Mars Pour TouTEs, Mouvement Utopia, MRAP (fédération de Paris), NPA, PCF, PCOF, PG, RESF, SNPES-PJJ-FSU IDF, STRASS, SUD éducation, UD CGT Paris, UJFP, Union des syndicats CNT de la région parisienne, Union syndicale Solidaires…

  • Manifestation unitaire à Toulouse samedi  : cliquez AppelSamedi21nov2015
  • Une interview de Philippe Martinez dans Médiapart : cliquez article_591523

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  • Syndicat de la magistrature :logo-SyndicatMagistratures.jpgVendredi soir, des attentats meurtriers ont touché la France en plein cœur, faisant plus de cent vingt morts et plusieurs centaines de blessés dans une salle de concert, des bars ou dans la rue.Le Syndicat de la magistrature apporte son entier soutien et exprime toute sa solidarité aux victimes et à leurs proches, ainsi qu’aux nombreux professionnels mobilisés, chacun dans leur domaine, après ces attentats.Ces actes criminels d’une brutalité absolue appellent évidemment la réunion de moyens d’envergure pour en rechercher et punir les auteurs et, autant qu’il est possible, anticiper et prévenir leur commission.Mais les mesures tant judiciaires qu’administratives qui seront prises ne feront qu’ajouter le mal au mal si elles s’écartent de nos principes démocratiques. C’est pourquoi le discours martial repris par l’exécutif et sa déclinaison juridique dans l’état d’urgence, décrété sur la base de la loi du 3 avril 1955, ne peuvent qu’inquiéter.L’état d’urgence modifie dangereusement la nature et l’étendue des pouvoirs de police des autorités administratives. Des interdictions et des restrictions aux libertés individuelles et collectives habituellement encadrées, examinées et justifiées une à une deviennent possibles par principe, sans autre motivation que celle, générale, de l’état d’urgence. Des perquisitions peuvent être ordonnées par l’autorité préfectorale, sans établir de lien avec une infraction pénale et sans contrôle de l’autorité judiciaire, qui en sera seulement informée. Il en va de même des assignations à résidence décidées dans ce cadre flou du risque de trouble à l’ordre public. Quant au contrôle du juge administratif, il est réduit à peau de chagrin.La France a tout à perdre à cette suspension – même temporaire – de l’Etat de droit.Lutter contre le terrorisme, c’est d’abord protéger nos libertés et nos institutions démocratiques en refusant de céder à la peur et à la spirale guerrière. Et rappeler que l’Etat de droit n’est pas l’Etat impuissant.
  • Le 16 novembre 2015.
  • Ligue des droits de l’homme- 16 novembre 2015

20090513_201726_logo1ligue-petit Projets du président de la République : l’état d’urgence en permanence ?

  • On ne peut qu’être inquiet des projets du président de la République. La logique de guerre qu’il a mise en avant conduit à modifier en profondeur plusieurs aspects de l’Etat de droit : qu’il s’agisse de la Constitution, de la procédure pénale ou des règles de la nationalité, ou d’autres encore.Ces mesures, loin d’être limitées dans le temps, vont s’inscrire dans la durée comme l’actuel état d’urgence qui va être prorogé pour trois mois, soit au moins jusqu’au mois de février 2016, sans qu’on en comprenne la raison.Le peu de précisions apportées par le président de la République quant au contenu exact des réformes envisagées et la rapidité avec laquelle le Parlement est sommé de les entériner atteste que le pouvoir exécutif entend imposer sa vision d’une démocratie où ce dernier l’emporte sur les autres pouvoirs et sur les libertés individuelles.Cette démarche est d’autant plus inquiétante que le président de la République a observé un silence total sur les causes profondes de la situation actuelle, les échecs observés et ne présente qu’une seule alternative : un pouvoir fort ou le terrorisme, sans se préoccuper d’assurer la cohésion sociale et l’égalité des droits.La LDH exprime son inquiétude face à des projets délibérés sur injonction, dans la précipitation et usant de l’émotion provoquée par les attentats commis.D’ores et déjà, elle désapprouve la prorogation de l’état d’urgence et souhaite que les pouvoirs publics ne se contentent pas de faire référence au respect de l’Etat de droit mais qu’ils le respectent effectivement.

    Paris, le 16 novembre 2015

     

    Interview de Jean-Pierre Dubois, président d’honneur (Rue 89)

    « Nous sommes dans une logique de l’impuissance guerrière »

    Rue89 : Après les attentats de Charlie Hebdo, vous nous mettiez en garde contre une possible « hystérie sécuritaire », est-ce que nous avons vécu dans les mois qui ont suivi ?
    Jean-Pierre Dubois : Après les attentats de janvier, on a entendu dans la bouche de certains gouvernants, notamment Manuel Valls et François Hollande, que nous étions en guerre.
    C’est exactement ce que l’on entend de nouveau.
    Si on est dans une logique de guerre, les mots n’ont pas beaucoup de sens, parce que personne ne sait comment faire la guerre à des gens qui ne sont pas un Etat. Comment fait-on la guerre à des gens qui ouvrent le feu au hasard avec des armes rudimentaires que l’on peut trouver très facilement ?
    Surtout, cela signifie que nous allons vers ce qui est le sort des démocraties en guerre : l’état d’exception.
    L’état d’urgence a été proclamé. Dans un premier temps, on peut se dire que c’est une situation exceptionnelle et que l’on ne peut pas y répondre autrement que par des mesures exceptionnelles.
    Sauf que quand on regarde bien, l’état d’urgence n’ajoute pas grand-chose à ce qui est devenu permanent. Les mesures antiterroristes, les lois sur le renseignement, on les a déjà, et cela ne fonctionne pas.
    Nous sommes les témoins d’une espèce d’ivresse verbale et idéologique qui répète en boucle un discours martial qui ne sert pratiquement à rien, sauf à nous habituer à vivre dans un système extrêmement dangereux.
    J’opposerais à ça ce qu’avait dit le premier ministre norvégien après la tuerie de 2011, c’est-à-dire : « Bien entendu, nous n’allons rien changer à ce que nous sommes. »
    C’est une réponse que je trouve intelligente parce que elle est la réponse la plus efficace à ce que cherchent les terroristes. Il me semble qu’ils ont perdu en Norvège, en Espagne, alors qu’ils ont gagné en 2001 aux Etats-Unis. Je crains qu’ils ne gagnent de nouveau aujourd’hui.
    On est englués dans une réponse facile politiquement : « On va faire la guerre, on va y aller, on va se venger. » Sauf que ce sont des mots. Je crains que nous passions totalement à côté de ce qui produit ce genre d’horreurs.
    Non seulement ce qu’on fait est dangereux pour nos libertés, mais cela n’est pas efficace.
    Combien faudra-t-il d’années et de dizaines de lois pour se rendre compte qu’on rajoute des couches à une stratégie qui ne fonctionne pas ?
    Aujourd’hui, à la suite de ces nouveaux attentats, quelles menaces pèsent sur les libertés publiques ?
    JPD – Dans ce qui a été annoncé cette nuit, il n’y a pas de choses monstrueuses.
    Il y a des choses qui sont de la gesticulation. Rassembler le Congrès à Versailles pour affermir une posture de chef de l’armée, ça ne sert à rien.
    La question qui va se poser, c’est : combien de temps ? On va nous dire que le risque est permanent, et d’une certain façon, c’est vrai. Au bout d’un certain nombre de jours, qu’est-ce que l’on fait ? Vigipirate monte toujours mais ne redescend jamais, parce qu’il peut toujours y avoir des fous.
    Nous sommes dans une logique de l’impuissance guerrière. On bombe le torse, on relève le menton, mais ce n’est pas ça qui résout le problème.
    Je vois dans toutes ces horreurs la défaite du politique. Comme la seule réponse, c’est de dire : « Nous sommes encore plus terribles qu’eux », eh bien nous sommes dans une logique sans fin.
    Les quelques voix qui s’étaient élevées pour la défense des libertés vont-elles encore être audibles face à ce discours ?
    JPD- Il y a un moment de sidération et de tristesse. Mais il va falloir poser la question de cet échec terrible de la prévention des attentats.
    Ce qui est sûr, c’est que la surveillance généralisée fait passer à côté des vraies cibles. Cette fascination pour les technologies de surveillance globale électronique fait perdre de vue ce qu’est l’efficacité, qui est le renseignement humain et l’infiltration des réseaux.
    Aujourd’hui, nous avons à la fois le recul des libertés et l’horreur au milieu de la ville de Paris.
    Il faut que l’on pose ces questions, est-ce que l’on va longtemps continuer comme ça ?

  • Déclaration du Comité confédéral national de la CGT- 18 novembre
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      Le Comité confédéral national de la CGT réuni les 17 et 18 novembre 2015, tient à témoigner son soutien et sa solidarité à l’ensemble des familles touchées par la tragédie du vendredi 13 novembre. Elle salue à nouveau la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publics.Ces attentats, perpétrés sur des lieux de culture et de vie, frappent et concernent chacune et chacun d’entre nous, toutes les populations de toutes religions, origines ou nationalités et particulièrement la jeunesse. Des salariés, des adhérents d’organisations syndicales, sont au nombre des victimes, dont plusieurs de la CGT.Les attentats qui ont touché la France, frappent les populations partout dans le monde, comme à Beyrouth et en Turquie dernièrement, ou lors de l’explosion de l’avion Russe.Notre solidarité s’adresse à toutes les victimes de ces assassinats. Derrière ces atrocités, des discours trop souvent entendus reviennent à grands pas. La guerre ne règle rien, au contraire. Les lieux de tensions et conflits se multiplient avec leurs cortèges de morts, de destruction, de désolation et de haine. Les multiples interventions militaires (en Irak, en Lybie, en Syrie, etc.), loin d’instaurer la démocratie ont généré un appauvrissement des populations avec des centaines de milliers de victimes et une impasse économique et sociale. C’est le terreau sur lequel le terrorisme se développe, poussant des populations entières sur le chemin de l’exil.Avant la fin de la 2ème guerre mondiale, lors de la déclaration de l’OIT en 1944, l’ensemble des pays de la planète avait affirmé que seule la justice sociale serait facteur de paix.Bon nombre de gouvernements l’ont oublié et font le contraire.La CGT réaffirme ses valeurs de paix et de fraternité dans son combat pour le progrès social, la démocratie, la liberté, la laïcité, nécessaires au bien vivre ensemble. Elle s’insurge contre l’invitation du front national à l’Elysée. Elle refuse toute stigmatisation des étrangers et amalgame entre immigration et terrorisme.Aujourd’hui, la CGT prend note que le Président annonce dans son discours, ne plus considérer le pacte de stabilité comme un horizon indépassable. Elle exige donc un pacte de progrès, de démocratie sociale, d’éducation, de sécurité et de paix pour toutes les populations.Nous sommes favorables à un renforcement de la sécurité et des libertés des citoyens. Il ne faut pas confondre des moyens et des effectifs de police et gendarmerie supplémentaires avec une restriction des libertés individuelles et collectives. De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi.Ce n’est pas une quelconque modification de la constitution qui permettra de tarir les sources de financement et d’armement des terroristes. Il faut d’ailleurs souligner que l’Etat français est le 2ème pays vendeur d’armes au monde, devant la Russie et la Chine. La CGT exige l’arrêt de tout commerce d’armes avec les Etats qui entretiennent des liens avec les terroristes. Elle demande que la priorité soit donnée à la recherche de solutions multilatérales dans le cadre de l’ONU.

    Elle refuse  que les salariés et la population française, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait dans un état d’urgence permanent.

    Elle refuse que l’expression revendicative et le mouvement social soient muselés.

    Cette situation douloureuse touche la conscience de chacun des citoyens, mais c’est bien le combat pour la justice sociale qui fera reculer les guerres, le terrorisme, le fondamentalisme, la xénophobie, le racisme, l’obscurantisme et la régression.

    Plus que jamais, la CGT appelle les salariés à refuser les reculs sociaux et se mobiliser pour les salaires, l’emploi, la réduction du temps de travail et l’amélioration des  conditions de travail, la protection sociale, les libertés syndicales.

    La CGT engage une large consultation des salariés, afin d’être à l’écoute et de partager avec eux ses propositions pour sortir de cette crise. Elle débattra de la nécessaire mobilisation à mettre en œuvre pour y parvenir.

    Pour cela, le Comité confédéral national, appelle à poursuivre et amplifier la rencontre de ses syndiqués dans leurs syndicats, sur leurs lieux de travail.

    Après le temps du recueillement, les rendez-vous revendicatifs et mobilisations programmés doivent avoir lieu en travaillant des modalités permettant d’assurer la sécurité des salariés. Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social.

    Notamment, le 2 décembre où la CGT appelle à une journée nationale d’action organisée en territoire, ayant pour thème «NON à la violence sociale, OUI à l’efficacité économique, sociale et environnementale».

    La CGT œuvre pour préserver les droits et la citoyenneté de tous. C’est en ce sens, qu’elle a sollicité une rencontre avec le Gouvernement, sur le contenu des futures modifications constitutionnelles envisagées et pour les mesures à prendre allant dans le sens des attentes des salariés, dans le cadre de l’état d’urgence.

     

    Montreuil, le 18 novembre 2015

  • Union syndicale Solidaires-17 novembre   logo_solidaires_grand

    Solidaires, libres et déterminé-es !

    Nous sommes en deuil, encore une fois et plus durement encore. Ce sont des jeunes, des collègues, des ami-es, des camarades aussi qui sont victimes de cette boucherie.
    Comment l’appeler autrement, attentats contre un stade, un concert, des bars, des restaurants. Nous découvrons que la barbarie vient ici, comme à Tunis, à Damas, Kobané, Ankara ou Beyrouth, et que ceux qui la portent ont décidé de s’en prendre comme là-bas aux populations civiles.

    Alors nous sommes en deuil mais aussi en colère.

    Colère contre les meurtriers qui choisissent la terreur et des cibles qui nous sont chères, qu’on les connaisse ou non. Colère contre ceux qui utilisent la religion à des fins guerrières et prônent le choc des cultures et la guerre des civilisations. Colère contre ceux qui ont retourné les révolutions arabes pour des objectifs sanglants.

    Mais colère aussi contre ceux qui laissent la situation se dégrader d’année en année et plus précisément encore depuis un an, depuis les attentats de Charlie et de l’hypermarché casher.

    À quoi a servi l’unité nationale vantée en janvier dernier ?

    Notre gouvernement a continué sa politique étrangère désastreuse. La France est un des pays les plus présents dans les conflits en Afrique et au Proche Orient, elle est en guerre sans que ses choix n’aient fait l’objet de la moindre discussion démocratique. D’ailleurs ses dernières interventions en Syrie se sont faites sans aucun mandat de l’ONU. De plus elle continue dans sa tradition guerrière à être un des principaux marchands d’armes de la planète, notamment à l’Arabie saoudite, l’Egypte ou le Qatar. Et dans le monde arabe, avec d’autres elle poursuit dans la renonciation à imposer une solution juste entre Palestinien-nes et Israélien-nes, dans un conflit qui empoisonne le monde depuis plus de 50 ans.

    Sur le front interne, face à l’antisémitisme toujours virulent, à l’augmentation des actes racistes dont les musulman-es sont particulièrement la cible de la part de ceux et celles qui n’attendaient qu’un prétexte pour en découdre, les politiques des gouvernements successifs ont vidé de leur sens les principes d’égalité et de solidarité. Ces gouvernements et plus particulièrement celui-ci ont aussi multiplié les mesures liberticides.

    Quant aux politiques sociales et économiques, les mesures libérales entament la cohésion sociale et aggravent les inégalités. Plutôt que donner de l’air à ceux et celles qui en ont le plus besoin, promouvoir l’égalité réelle et la justice sociale, on vient faire la leçon aux grévistes d’Air France en colère, aux hospitaliers pour les faire travailler plus, on n’a que la compétitivité à la bouche et le patronat donne le la. Ces politiques nourrissent la désespérance sociale dévoyée par l’extrême droite dans un rejet xénophobe et raciste et par d’autres dans une logique de guerre sans fin.

    Le mouvement syndical doit être un instrument de la démocratie et de la lutte, du combat contre tous les fascismes qu’ils soient politiques ou religieux, et de toutes les barbaries totalitaires. Il ne doit pas céder à la logique de terreur. C’est dans ce sens que l’Union syndicale Solidaires avait participé à l’écriture du texte intersyndical « vivre ensemble, travailler ensemble », écrit après le 11 janvier 2015 avec la CGT-CFDT-CFTC-CFE-CGE, UNSA, FS, choix que nous affirmons avec encore plus de force dans la période. Solidaires dans l’épreuve face aux actes terroristes, nous devons l’être au cœur de notre activité sur le terrain social, même si les moyens de cette solidarité sont aujourd’hui loin d’être partagés. Nous réaffirmons que pour le syndicalisme, qui est un contre pouvoir, la défense des libertés publiques est une question essentielle.

    Le sens de ce combat pour nous s’appelle, égalité, justice sociale et écologique, paix. Il nécessite une transformation sociale portée par le plus grand nombre. Nous sommes en deuil, en colère mais aussi déterminé-es dans notre volonté d’agir sur le terrain des entreprises et des services qui est le nôtre et avec tous ceux et celles qui pensent que cela ne changera que si nous prenons nos affaires en main pour imposer ces objectifs.

    Paris, le 17 novembre 2015.

     

     

     

    Déclaration du bureau de l’Union Départementale CGT du Puy de Dôme- 16 novembre
    http://www.cgt63.fr/joomla3/images/udcgt63/publications/courrier_des_syndicats/151116.pdf
    Les victimes des attentats du 13 novembre à Paris viennent s’ajouter aux centaines de milliers que nous devrions pleurer, quelle que soit leur origine, leur nationalité, leur religion. Car depuis trop longtemps, la guerre qui vient de frapper au coeur de la capitale française, déferle sur une partie du monde.
    Afghanistan, Centrafrique, Irak, Libye, Mali, Palestine, Syrie, Liban sont le théâtre de massacres à peine perceptibles via nos média. La plupart du temps, les centaines de milliers de victimes de ces conflits sont occultées ou noyées dans la masse du buzz médiatique, saturé par les petites affaires politiques, sportives ou du show-business.
    Derrière ces écrans de fumées, les puissances industrielles occidentales, dont la France, sont impliquées dans ces conflits ; elles ne se privent pas d’y mener leurs manoeuvres pour défendre leurs intérêts économiques et politiques. En réalité, la France, comme d’autres puissances occidentales, est un pays en guerre depuis longtemps. Elle partage la responsabilité des victimes de cette guerre.
    Les inégalités entre le nord et le sud alimentent les conflits. Mais la guerre, jusqu’à présent, était au sud.
    Elle nous frappe à présent, au coeur de la France ; c’était inévitable !
    Après les attentats de janvier 2015, l’Union Départementale CGT du Puy de Dôme écrivait déjà, avec d’autres :
    « Si les assassins sont totalement responsables de leurs actes odieux, d’autres portent leur propre part de responsabilité, notamment dans la dégradation du contexte social, politique et historique qui favorise l’émergence des sectarismes, des communautarismes et des obscurantismes ».
    En effet, à force de reléguer des populations françaises, notamment issues de l’immigration, à force de discriminations et de privations de perspectives sociales, il est inévitable que certains individus se tournent vers la criminalité ou soient exposés à l’embrigadement obscurantiste.
    Par ailleurs, les réfugiés affluant en Europe fuient notamment DAESH et la guerre. Les punir, les accuser, fermer les frontières, ne serait pas seulement absurde, mais aussi profondément révoltant. Ça ne ferait qu’ajouter plus de confusion et de désespoir, et créditer les amalgames portés par l’extrême-droite et la droite populiste.
    De même, ces attentats ne sauraient servir de prétexte à quelque restriction que ce soit des libertés individuelles et collectives. Une telle restriction, n’aurait aucune efficacité en termes de sécurité et ne pourrait qu’aggraver la crise en muselant la contestation sociale. Par contre, les factions antirépublicaines ne doivent pas pouvoir sévir impunément ; aucune exaction ne doit être tolérée.
    Si les terroristes assument individuellement la responsabilité de leurs actes odieux, les discriminations, la relégation, la dégradation des services publics, des organismes de solidarité et de protection sociale créent les conditions favorables à leur dérive mortifère. D’autant que les injustices et la barbarie auxquelles les peuples du sud sont livrés, nourrissent les replis identitaires et la radicalisation de nos jeunes, parmi les plus relégués.
    Il faut que la France sorte de la guerre sous toutes ses formes. Il faut développer les solidarités internationales, économiques, politiques et culturelles. Il faut renforcer nos services publics et nos organismes de protection sociale et les mettre au service de l’égalité, contre les discriminations.
    Les politiques menées par les gouvernements successifs vont à l’inverse ; plus que jamais, il faut que les salarié-e-s se mobilisent pour obtenir une nouvelle politique, de partage et de répartition des richesses, qui permette à chacun de trouver des perspectives, de construire sa vie et de se reconnaître dans le « vivre ensemble ».
    C’est à ce prix que nous retrouverons la paix et la liberté.
    Clermont-Ferrand, le 16 novembre 2015

     

    Union départementale CGT de Seine Maritime (76)  : com presse UD 76 16_11_15

     

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