Unedic : comment le patronat fait les poches des chômeurs

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Les séances de « négociations » se poursuivent sur l’Unedic, afin d’appliquer le « cahier des charges » dicté par le gouvernement : 3,9 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs. La CGT révèle les propositions patronales. 

 

0Un patronat irresponsable qui veut supprimer les droits à l’assurance chômage de 200 000 personnes et baisser ceux de 2 millions d’autres !

 

Les négociations assurance chômage se sont poursuivies, ce mercredi 5 décembre.

La CGT a, une nouvelle fois, récusé la lettre de cadrage du gouvernement imposant aux organisations patronales et syndicales de renégocier les droits des salariés privés d’emploi et appelé toutes les organisations à faire de même.

La CGT refuse d’appliquer une baisse drastique des allocations qui cible particulièrement les travailleurs précaires. Le contexte des mouvements sociaux – des gilets jaunes aux grèves en cours pour les salaires, l’emploi – doit nous inciter à répondre aux besoins des personnes privées d’emploi dont 42,8% seulement sont indemnisées, avec des allocations de plus en plus basses. Toutes les études montrent que les personnes privées d’emploi ne demandent qu’à travailler et recherchent activement un emploi durable.

La CGT a proposé ses solutions : abaisser les seuils d’affiliation à deux mois de travail au lieu de quatre pour ouvrir des droits, allonger la durée d’indemnisation et mettre fin aux inégalités entre femmes et hommes, instaurer une allocation véritablement minimale à 80% du Smic, etc.

Comme s’il n’avait pas entendu parler de l’actualité sociale, le patronat (Medef, CPME et U2P) a déroulé ses solutions pour appliquer à la lettre les économies voulues par le gouvernement sur le dos des chômeurs.

Le patronat voudrait supprimer pour 360 millions d’euros de droits et transférer la dépense aux minima sociaux. L’Unedic a refusé de donner le nombre de chômeurs exclus de toute indemnisation mais on peut l’évaluer entre 100 000 et 200 000 !

Il propose, par ailleurs, de retirer un jour par mois d’allocation, d’appliquer un « coefficient d’intensité de travail » pour encore faire baisser les indemnités, si l’on n’a pas suffisamment travaillé.

Il s’attaque au calcul de l’indemnisation pour le revoir à la baisse et cible particulièrement les personnes ayant plusieurs emplois à temps partiels : les assistantes maternelles ou les services à la personne sont dans le collimateur, notamment.

Autre nouveauté, complètement inconstitutionnelle : le patronat propose une modulation de la durée d’indemnisation, en fonction du taux de chômage dans sa profession et son bassin d’emploi.

Les salaires au-dessus de deux Smics – donc de beaucoup de cadres – seraient aussi visés, avec une remise en cause du taux d’indemnisation.

Les seniors en maintien de droits à partir de 62 ans pourraient voir leur indemnité plafonnée.

Le patronat entend également revoir la possibilité de valider des trimestres ou des points de retraite pendant des périodes de chômage indemnisé.

Au total, le gouvernement a exigé 3,9 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs et le patronat se montre fort zélé pour lui souffler les solutions, en s’attaquant à toutes les catégories de chômeurs, tout en baissant les contributions patronales.

Prôner une telle suppression ou baisse des allocations, alors que de partout monte la colère contre la précarité, le chômage et les fins de mois difficiles à boucler, est complètement irresponsable !

La CGT appelle à renforcer toutes les mobilisations pour l’emploi, les salaires, la protection sociale.

 

Montreuil, le 5 décembre 2018

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