Natalia Levystska: responsable syndicale ukrainienne (KVPU)

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Le journal Ensemble (Nouvelle vie ouvrière) de la CGT a interviewé Natalia Levystska, vice présidente de la KVPU à l’occasion d’un webinaire de l’Espace/inter Europe de la CGT.  « La Fédération des syndicats de l’Ukraine (FPU) et la Confédération des syndicats libres de l’Ukraine (KVPU), représentant près de 5 millions de travailleurs« , selon la Confédération européenne des syndicats (CES).

Natalia Levystska : « Je veux voir la Russie disparaître de mon pays »

25 mars 2022 | Mise à jour le 29 mars 2022
Par | Photo(s) : DR

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Le 25 mars 2022, l’espace Europe/Inter de la CGT organisait sous forme de webinaire un échange avec plus d’une quinzaine de syndicalistes ukrainiens de la FPU et de la KVPU, ainsi qu’avec des camarades biélorusses de la BKDP. Nous avons recueilli leurs témoignages poignants et leur appel à la solidarité qui feront l’objet d’un article dans le journal Ensemble daté de mai 2022. Nous vous livrons en avant-première pour le site nvo.fr celui de Natalia Levystska,vice-présidente de la KVPU.
« Cette guerre dure depuis huit ans dans notre pays, mais depuis le 24 février, le monde a changé, nous avons connu une agression terrible de la Russie. Malgré toutes nos difficultés, nous montrons à tout le monde que nous savons résister. Les syndicats continuent de fonctionner parfois en distanciel, parfois dans nos bureaux, la priorité étant d’aider les gens. Malheureusement, il y a peu de nos représentants ici à Kyiv [Kiev, NDLR], car beaucoup se battent les armes en main. Certaines entreprises continuent de tourner, les mines sont opérationnelles. On essaie de maintenir les entreprises pour éviter les catastrophes écologiques. Aujourd’hui, nous luttons pour notre survie et pas pour nos conditions de travail !  On connait depuis le début de la guerre des choses inimaginables, avec des bombes lâchées sur des civils…

Plus de 115 enfants sont morts

Plus de 200 écoles et hôpitaux ont été détruits, beaucoup de civils passent leur journée dans le métro, nos enfants doivent se cacher, se terrer, car une personne a pris la décision d’attaquer notre pays. Plus de 115 enfants sont morts,  morts par ce que Poutine n’aime pas l’Ukraine, n’aime pas le fait que nous soyons indépendants, mais nous le sommes et nous le resterons ! Le soutien de nos partenaires syndicaux partout en Europe, dans le monde, est crucial et nous vous en remercions.  Je suis originaire de l’est du pays, mes parents ont dû fuir le Donbass par le passé, c’est donc la deuxième fois que nous avons dû abandonner nos maisons, des millions de gens ont fui vers l’ouest de l’Ukraine, ce qui se passe est inimaginable au 21e siècle !
ici, le droit international ne s’applique plus
Simplement, ce qu’il se passe n’est pas seulement le fait de Poutine, mais c’est aussi la faute de nombreux Russes qui ont peur de parler et de dire la vérité. J’estime que la Russie est responsable d’actes de guerre comparables à ceux commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Voyez ce qu’il se passe dans les villes russophones Marioupol, Kharkiv ! Là bas,  ils détruisent les livres, les manuels scolaires, comme les nazis, ils menacent les profs, les obligent à faire cours en russe… Des personnes sont forcées à l’exil dans des régions éloignées de Russie, pour une durée de deux ans. Il s’agit ni plus ni moins de déportations, ce que notre peuple a déjà connu.
À Kharhiv, une personne qui a connu la Seconde Guerre mondiale et les camps nazis a été tuée il y a quelques jours. Poutine utilise des bombes au phosphore interdites par le droit international, mais ici, le droit international ne n’applique plus.
Ce pays [la Russie], qui se dit être un grand pays, se comporte comme un agresseur, un voleur !  Nous avons besoin d’aide, car c’est très difficile de travailler, de poursuivre notre activité syndicale, et nous sommes reconnaissants du soutien que vous nous apportez, ainsi qu’aux réfugiés. Mais nous avons aussi besoin d’aide militaire, car la situation est critique, surtout dans les villes assiégées. L’Ukraine a toujours été un pays paisible qui n’a jamais agressé personne, soyez conscients camarades que nous luttons ici et résistons pour protéger les valeurs démocratiques européennes qui sont aussi les vôtres ! C’est pour cela que, de nouveau, je vous le demande, nous avons besoin de votre aide, de votre solidarité. Je sais que le monde nous voit lutter et je sais que nous allons vaincre. Ce que je veux, c’est voir la Russie disparaître de mon pays. »
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