Avant le congrès de la FSU (du 1er au 5 février 2016- Le Mans)

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Avant le congrès de la Fédération qui commence ce lundi 1er février, se sont tenus des congrès départementaux. Nous remercions Jean Brunacci, secrétaire de l’Union régionale  Solidaires de Loire-Atlantique (44), de nous avoir fait parvenir la déclaration qu’il a faite au congrès de la FSU 44 le 7 janvier dernier. La CGT 44 et FO  44 étaient également invités.

 

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INTERVENTION UD SOLIDAIRES 44 AU CONGRES DE LA FSU 44
Nantes- Jeudi 7 Janvier 2016.

Tout d’abord, merci, chèrEs camaradEs, de nous avoir invités avec nos camarades de la CGT et de FO, à votre congrès départemental.
Je vais commencer par un euphémisme. En effet, c’est peu de dire que la situation nationale comme départementale est encore largement marquée , voire plombée, par les attentats meurtriers perpétrés à Paris le Vendredi 13 Novembre 2015 et leurs conséquences.
Surfant sur l’émotion considérable et légitime que ces attentats ont générée, le gouvernement a décrété l’état d’urgence d’abord pour 12 jours puis pour 3 mois, renouvelables. Du jamais vu depuis la guerre d’Algérie !
Depuis plusieurs semaines, son application a révélé un usage sans limites, hors de tout contrôle judiciaire, par les forces de police, de leurs nouveaux pouvoirs : interdiction de manifestation, répression de manifestations pacifiques, perquisitions violentes à l’encontre de familles innocentes, assignations à résidence en cascade, utilisation de l’état d’urgence pour intimider, réprimer ou empêcher toute expression de revendications sociales….
Pire, le gouvernement , qui ne s’arrête pas à ces mesures scélérates, envisage de constitutionnaliser l’état d’urgence et de rompre avec le droit du sol, héritage de la Révolution française, avec la déchéance de la nationalité française pour les binationaux nés en France.
A l’instar du communiqué commun des UR IDF CGT et FO, les organisations syndicales doivent dénoncer ensemble ces atteintes aux libertés, refuser tout prolongement de cet état d’exception et exiger sa levée immédiate ! Aussi, Solidaires invite les organisations syndicales ici présentes à le faire et à rejoindre le collectif constitué en Loire-Atlantique autour de l’appel national intitulé  » Sortir de l’état d’urgence », collectif unitaire qui va prendre des initiatives dans les jours et semaines qui viennent ( réunion publique avec Me Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme à Nantes le 28 Janvier, manifestation le samedi 30 janvier….) avant le Conseil des ministres du 3 février qui proposera de graver dans le marbre cet état d’exception .

A Solidaires, nous considérons que le rôle des organisations syndicales est plus que jamais de remettre au centre des préoccupations l’état d’urgence sociale et démocratique. Cela est d’autant plus urgent et nécessaire que l’on voit se poursuivre la mise en oeuvre de toutes les contre-réformes auxquelles il nous faut mettre, dans l’unité, un coup d’arrêt.
Citons pêle-mêle: Marisol Touraine qui s’attaque à l’hôpital et à la Sécu, Macron 1 et 2 qui remettent en cause les services publics et la durée hebdomadaire légale du temps de travail, le rapport Combrexelle qui cherche à détruire le code du travail et inverser les normes, la loi NOTRe qui s’attaque à l’existence même des collectivités locales, la réforme des collèges rejetée par la quasi-totalité des O.S enseignantes et contre laquelle une 4ème grève est appelée le 26 janvier rejointe par toutes les Fonctions Publiques à l’appel de la CGT, FO, FSU et Solidaires., … c’est aussi la loi Rebsamen qui affaiblit l’expression syndicale et la représentation des salarié-e-s…..

Pour stopper cette politique anti-sociale, il n’y a pas d’autre voie que la constitution d’un front syndical commun , déterminé à prendre appui sur les mobilisations sectorielles existantes pour les faire converger en traçant la voie d’un mouvement d’ensemble. La journée de grèves et de manifestations du 26 Janvier , appelée par nos 4 organisations est une étape dans cette perspective.

Nous avons, en Loire-Atlantique, mis sur pied depuis la dernière grande bataille sur les retraites en 2010, un front baptisé par FO 44 « axe de la Résistance » que nous, nous appelons plus prosaïquement front intersyndical de combat entre nos 4 organisations CGT, FO, FSU et Solidaires, qui constitue, à nos yeux, un outil très précieux, qui gagnerait à se mettre en place nationalement de manière durable, car il est essentiel à la construction du rapport de forces que l’ampleur des attaques appelle.

Ce front CGT-FO-FSU-Solidaires s’est inscrit, en Loire-Atlantique, dans la durée. Il ne s’est pas contenté de décliner dans le département, les journées d’action nationales; il est intervenu, aussi et de façon régulière, par voie de déclarations communes ou de communiqués/conférences de presse sur les dossiers sociaux aux lourds enjeux ( 4 pages sur l’ANI en 2013, déclarations communes contre le CICE et le pacte de responsabilité, déclaration et manifestation contre la loi Macron avec banderole très médiatique  » Dans le Macron, tout est bon pour les patrons »,….et plus récemment contre l’ouverture des magasins le dimanche…

Nous considérons, à Solidaires, que nous devons préserver et consolider cet outil car l’existence durable de cette intersyndicale de combat est un point d’appui essentiel pour remettre, dans le contexte difficile que nous connaissons aujourd’hui, la question sociale au coeur de la situation et impulser les mobilisations que la persistance des attaques anti-sociales qui, elles, ne sont pas entravées par l’état d’urgence, commande.
L’actualité nous incite à aborder la question du nouvel aéroport envisagé à Notre Dame des Landes, au prix d’expulsions-expropriations de paysans, de massacre environnemental et pour un coût pharaonique.
A Solidaires, nous nous sommes prononcés contre la construction de ce nouvel aéroport et investis aux côtés de la Confédération Paysanne, du COPAIN et des « Zadistes », dans les mobilisations pour faire échouer ce projet. Nous revendiquons le maintien et l’optimisation de l’aéroport de Nantes-Atlantique, tout comme la FSU depuis 2013 et le Comité régional de La CGT plus récemment.
Nous savons que des désaccords existent entre nous sur cette question et plus particulièrement sur celle de la ZAD .Cela dit, nous pensons que rien n’empêche que puisse se constituer un front syndical commun , au moins contre les expulsions dont l’exigence de la levée est au coeur de la manifestation du 9 janvier sur le périphérique de Nantes, à laquelle appellent Solidaires et la FSU, et les menaces d’une intervention policière contre la ZAD que la droite, de retour aux manettes de la Région, réclame avec insistance, intervention qui, si elle avoit lieu, risquerait de tourner au carnage.
Enfin, quelques mots sur la recomposition syndicale que vous avez abordés dans vos documents préparatoires, portés à notre connaissance.

Solidaires, fidèle à la Charte d’Amiens qui est notre référence commune, a un projet de transformation sociale. Nous pensons que le syndicalisme de transformation sociale a de beaux jours devant lui, pour peu que nous nous donnions les moyens, en toute indépendance à l’égard des partis, de rassembler, dans la durés, les OS qui, avec leurs différences et leurs divergences, ont comme point commun, et ce n’est pas rien, de se réclamer du syndicalisme de lutte ou de combat et d’agir pour la transformation sociale, quand d’autres s’inscrivent pleinement dans le cadre du libéralisme qu’elles ne cessent d’ accompagner.

Et parmi les propositions de la FSU 44, nous sommes tout à fait favorables à des sessions de formation syndicale communes et à des rencontres régulières entre nos équipes d’animation.

Continuons dans la voie que nous avons tracée en Loire-Atlantique entre nos 4 Organisations, approfondissons-la, creusons le sillon car une recomposition syndicale réussie, capable de régénérer le syndicalisme et d’en faire un réel contre-pouvoir, même si nous ne pouvons pas préjuger des formes qu’elle prendra, est à ce prix.
Jean Brunacci, secrétaire de l’union régionale Solidaires des Pays de la Loire.

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