Des prises de positions syndicales très diversifiées pour le deuxième tour

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Ci-dessous les prises de position des confédérations syndicales pour le deuxième tour de  l’élection présidentielle de 2017. Des formules parfois voisines dénotent un fractionnement préoccupant, qui risque de se manifester au 1er Mai par une division.

  • CFDT:

Elections présidentielles, La CFDT appelle à battre le Front National

Publié le 23/04/2017 à 21H22
Par La Commission exécutive de la CFDT
La CFDT appelle dès maintenant toutes celles et tous ceux qui sont attachés à notre République à se mobiliser pour battre la candidate du Front National, dimanche 7 mai et donc à voter Emmanuel Macron.

La CFDT s’est toujours battue contre le totalitarisme, la xénophobie et le rejet de l’autre. Pour la CFDT, le Front National n’est donc pas une option. Ses idées constituent une menace pour la démocratie, la solidarité, la justice sociale et l’égalité que la CFDT défend quotidiennement avec d’autres acteurs de la société civile. Face à la menace que fait peser sur la France et l’Europe la présence de Marine Le Pen au second tour, chacun doit prendre ses responsabilités et appeler au sursaut démocratique.

Les résultats de ce soir montrent un pays profondément divisé et en attente d’une dynamique porteuse de progrès social pour tous. En conséquence, cet appel à la mobilisation contre le Front National pose une exigence envers le futur président de la République.

La CFDT, dans les jours à venir, prendra part à toutes les initiatives qui viseront à rassembler les citoyens qui s’engagent pour une France tolérante, fraternelle, généreuse et ouverte sur l’Europe et le monde.

 

  • La CGT :

Faire barrage à l’extrême droite et lutter pour le progrès social et la démocratie

Déclaration de la Commission exécutive confédérale

mardi 25 avril 2017

Les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises confirment les risques pour la démocratie, les droits des salariés et des citoyens.

Ils sont les résultats des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs à œuvrer véritablement pour la justice sociale et la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. Pour autant, depuis des mois, de nombreux salariés et citoyens contestent ces choix, s’opposent aux mauvais coups, tels la loi travail et la loi Macron et se mobilisent avec leurs organisations syndicales, notamment la CGT.

Pour la deuxième fois dans le pays, sous la Vème République, une candidature d’extrême droite, représentée par le front national, sera présente au second tour des élections présidentielles. C’est un danger pour la démocratie, la cohésion sociale et le monde du travail. Les gouvernements, qui depuis 2002 se sont succédés sans jamais répondre aux aspirations légitimes à plus de justice sociale, sans ouvrir de perspectives d’avenir meilleur, en portent une lourde responsabilité !

La CGT ne se résoudra jamais à accepter un tel scénario. Elle affirme que les salariés doivent, plus nombreux et plus fort, exprimer leurs attentes et leurs exigences revendicatives, faire grandir des mobilisations convergentes capables d’imposer un rapport de force pour gagner de nouveaux droits. Seul le progrès social favorise les solidarités, participe à combattre l’exclusion, les stigmatisations, les mises en concurrence.

L’utilisation des peurs, du terrorisme, les amalgames éhontés entendus lors de la campagne, la xénophobie, le racisme, le sexisme et l’homophobie, la préférence nationale ne résoudront pas les inégalités, le chômage et les bas salaires.
La CGT les combat et les combattra sans relâche ! Elle n’aura de cesse de faire barrage à l’extrême droite ! Pas une voix ne doit se porter sur sa candidate !

L’autoritarisme des gouvernements successifs, les engagements non tenus ou les reniements, le renoncement à une Europe sociale, les dénis de démocratie, l’utilisation à répétition du 49.3 et les politiques menées ont cultivé la désespérance et le fatalisme d’une partie de la population. Cela est renforcé par la casse de l’industrie et des services publics, la montée du chômage et de la précarité, l’abandon des zones rurales et périurbaines.

La CGT ne croit pas en l’Homme providentiel et c’est la raison pour laquelle, elle revendique une véritable démocratie et de véritables droits d’expression et d’intervention dans toutes les entreprises et les services. Elle propose des alternatives sociales comme, par exemple, l’augmentation des salaires, des pensions et minima sociaux, les 32 heures pour travailler toutes et tous, travailler mieux et moins.

La CGT appelle l’ensemble des salariés et des organisations syndicales à faire du 1er mai une journée de mobilisation, de lutte et d’expression revendicative exceptionnelle, une journée de rassemblement pour les droits des travailleurs, le progrès social, la liberté, l’égalité, la justice, la fraternité, la paix, la démocratie et la solidarité internationale.

Montreuil, le 25 avril 2017

  • FO

L’éditorial du Secrétaire général

Liberté, égalité, fraternité, laïcité et république sociale

 

Les citoyen(ne)s se sont prononcé(e)s à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Seront donc en lice au second tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

À différentes reprises, j’ai expliqué que cette présidentielle revêtait un caractère inédit, relevant d’une crise politique :

  • Des primaires qui non seulement ont allongé la campagne, mais ont démontré qu’elles correspondaient surtout à un affaiblissement des partis habitués à l’alternance. Ils en sont les premiers responsables.
  • Une élimination des représentants de ces partis au premier tour de la présidentielle.
  • Un renoncement du président sortant à se représenter.

À n’en pas douter, le résultat de ce premier tour montre plusieurs choses :

  • Comme nous ne cessons de le dire depuis plusieurs années, l’austérité a et a eu des effets suicidaires socialement, économiquement et démocratiquement.
  • Les meilleurs scores sont allés aux candidats se présentant ou plutôt apparaissant comme hors système, souvent à tort.
  • L’analyse des votes montre une double fracture, sociale et géographique.

Bien entendu, comme annoncé depuis plusieurs mois, Force Ouvrière ne donne aucune consigne de vote. Mais nous rappellerons fermement et publiquement nos positions et revendications, seuls ou avec d’autres, notamment à l’occasion du 1er Mai.

En particulier :

  • notre rejet de tout racisme, xénophobie ou antisémitisme ;
  • notre exigence de mettre fin, aux plans européen et national, aux politiques d’austérité ;
  • notre volonté de préserver et renforcer le service public républicain ;
  • notre rejet de la loi Travail et de son amplification ;
  • Notre attachement à la hiérarchie des normes en matière de négociation collective et au paritarisme.

Sans oublier la protection sociale collective ou la nécessité d’une réforme fiscale guidée par la justice et l’équité.

Liberté, égalité, fraternité, laïcité et république sociale.

 

  • La FSU :

Élections présidentielles : pas une voix pour le Front national !

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle indiquent que la représentante du Front national est qualifiée pour le second tour.

La FSU considère avec une extrême gravité la montée de l’extrême droite dans notre pays.

Depuis des années, la FSU prend une part active pour la combattre. .Elle s’est encore récemment adressée à toutes et tous les agent-es de la Fonction publique pour les alerter sur la dangerosité du Front national pour notre démocratie.

Une arrivée au pouvoir du Front national est inenvisageable pour la FSU.

Outre les replis nationalistes, les discours de haine et de racisme, le programme du Front National est contraire aux objectifs et valeurs de solidarité, justice sociale, égalité et de paix que porte la FSU. Compte tenu des pouvoirs octroyés au président de la Vème République, la prise de pouvoir du Front national serait une catastrophe pour notre pays : préférence nationale et racisme d’État aggraveraient encore les fractures de notre société. Les plus fragiles de nos concitoyens seraient les plus touchés. La FSU ne peut l’envisager.

Contrairement à un affichage anti-système, là où il est en responsabilité, le Front national déploie une organisation clientéliste et discriminatoire. Il dit parler «au nom du peuple» et des «petits», mais brise les solidarités en s’attaquant par exemple au milieu associatif et culturel. Pour réduire les impôts, il fragilise le service public. Et il n’hésite pas à exercer des pressions sur les agent-es, en utilisant honteusement les réseaux sociaux comme moyen d’intimidation.

Mais lutter contre les idées d’extrême droite implique de lutter contre les inégalités et les injustices, les politiques libérales en œuvre qui font le lit de l’extrême-droite depuis des années. Il s’agit de les combattre et de faire avancer nos revendications.

Continuer sur la voie des politiques libérales ne fera qu’aggraver le chômage et la précarité, fragiliser les services publics et la protection sociale, amenuiser l’égalité de toutes et tous face aux droits élémentaires, renforcer les inégalités sociales…

La FSU porte et continue de porter des propositions alternatives pour une société plus juste et plus solidaire : partage du temps de travail, autre répartition des richesses et réforme fiscale, mesures pour une transition écologique pour préparer l’avenir, renforcement des services publics et de la protection sociale pour lutter contre les inégalités, réussite scolaire et élévation d’un niveau de qualification pour tous les jeunes … Elle les portera également lors de la campagne des élections législatives et au-delà.

C’est cette orientation qu’elle continuera de porter et de défendre avec les personnels. Elle construira, chaque fois que nécessaire, avec les salariés, les mobilisations dans l’unité la plus large.

La FSU s’y emploie dès aujourd’hui en appelant à faire du 1er mai un grand rassemblement revendicatif, dans l’unité la plus large, pour une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire, et pour dénoncer l‘idéologie du Front National présent au second tour des élections.

Le vote Front national n’est pas la solution pour répondre aux crises et difficultés que connaît notre société.Nous sommes toutes et tous concerné-es. Pas de vote pour le Front national !

  • Union syndicale Solidaires :

Pas une voix ne doit aller au FN 

 

Dans la continuité de la lutte quotidienne qu’elle mène depuis des années contre l’extrême droite, Solidaires réaffirme que pas une voix ne doit aller au FN. Ce parti base sa politique sur la «  préférence nationale  », le racisme et le repli nationaliste, incompatibles avec nos valeurs.

Marine Le Pen se présente comme la candidate « antisystème », en défense du « peuple » et des «  laissés-pour-compte  » de la crise, mais le projet politique qu’elle incarne est avant tout celui d’un nationalisme exacerbé qui ne remet en cause ni le capitalisme, ni le libéralisme qui alimentent depuis des années les inégalités et la précarité.

 

Pas de soutien à une politique libérale et répressive

 

L’alternative n’est pas la continuité avec les politiques des précédents gouvernements qui ont conduit à l’exaspération sociale et au renforcement de l’extrême droite : remises en cause du droit du travail avec le passage en force de la « loi Travail », attaques contre la protection sociale et les services publics, poursuite des politiques européennes d’austérité et de libre échange, etc…

 

Lutter avant, pendant, et après les élections

 

Nos revendications restent entières et nous sommes dans la lutte aux côtés des travailleuses et travailleurs quel que soit le gouvernement. C’est la valeur de notre indépendance par rapport aux partis politiques et aux pouvoirs. C’est le sens aussi de notre engagement dans la campagne «  nos droits contre leurs privilèges  » où, avec d’autres mouvements sociaux, nous voulons construire une société plus juste, égalitaire, débarrassée des oppressions et des discriminations et respectueuse de la planète.

Quand nous luttons pour l’égalité des droits et au côté des sans-papiers et demandeur-ses d’asile, contre l’injustice, pour la sécurité et la santé au travail, pour une amélioration concrète de nos droits et une meilleure répartition des richesses, nous luttons réellement contre la montée du fascisme et l’instrumentalisation de la misère sociale. Et c’est cela que nous allons continuer.

C’est tout le sens de notre appel à faire du 1er mai un moment fort de rassemblements et de manifestation.

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