Un 8 mars qui marquera le syndicalisme

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Il faut sans doute remonter loin en arrière pour trouver un 8 mars aussi revendicatif, aussi mouvementé, aussi syndical, aussi dynamique. Ci-dessous le bilan vu par la CGT, Solidaires, la FSU.

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  • Communiqué de la CGT

 

Un 8 mars qui fera date

Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, ce 8 mars a été l’occasion en France et dans le monde de démontrer la combativité des femmes et leur détermination à défendre leurs droits et libertés. Un appel à la mobilisation à la grève a été lancé dans 40 pays suite à la mobilisation des islandaises, des polonaises et des américaines, avec le soutien de la Confédération Syndicale Internationale. La Confédération Européenne des Syndicats, dans le cadre de sa campagne pour l’augmentation des salaires (#payrise), appelait également à la mobilisation contre les inégalités salariales. En France, la CGT a été à l’initiative du regroupement de 50 organisations syndicales et féministes, appelant à la mobilisation le 8 mars à 15h40, pour dénoncer les inégalités de salaires et le blocage du patronat.

Plus de 300 actions ont été recensées (voir encadré ci-dessous). La diversité des formes d’action et l’utilisation du web ont permis d’élargir la mobilisation. 800 salarié-es du commerce et des services se sont réuni-es en meeting et des milliers étaient en grève pour refuser le travail du dimanche et exiger des contrats à temps plein (actions à Carrefour Market, Casino, Téléperformance, Ipsos, etc.). 500 salarié-es de la propreté se sont mobilisé-es pour exiger un 13e mois et dénoncer les violences sexistes et sexuelles. Des centaines de cadres, d’ingénieures et de techniciennes à Cap Gemini, Sopra Steria, Nestlé, la CNAF, le théâtre de Chaillot, etc. se sont mobilisé-es pour demander la suppression des écarts de salaires. Dans la Fonction publique, les actions organisées ont permis de pointer les responsabilités de l’État employeur. Dans de nombreuses entreprises, notamment dans l’industrie (Aéroport de Paris, Radial, Liebher, EDF, ENGIE, Enedis, SNCF), les hommes se sont mobilisés aux côtés des femmes, conscients que gagner des droits pour les femmes c’est améliorer la situation de toutes et tous.

Le 8 mars en chiffres 

310 actions annoncées sur le site 8mars15h40.fr

80 rassemblements, avec notamment 8000 manifestant-es à Paris, 1000 à Toulouse et Marseille, 800 à Rennes, 1000 à Chartres.

180 débrayages sur des lieux de travail.

Des milliers d’initiatives diverses (votations, port de brassard, débats, tractages, etc.)

10 000 actions tweetées sur les réseaux sociaux avec le #8mars15h40

20 000 visites du site 8mars15h40.fr

443 000 vues de la vidéo 15h40

 

Ce 8 mars marque un tournant et un cap. Les femmes qui se sont mobilisées, les syndicats d’entreprises qui ont fait de cette question une priorité, qui ont construit des revendications et décrypté les inégalités dans leur secteur, ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Le message envoyé au patronat et aux candidat-es aux élections présidentielle et législative est clair. Nous n’accepterons aucun recul ou remise en cause des droits et libertés des femmes. L’obstruction permanente sur les négociations égalité professionnelle, le blocage des mesures qui permettraient de rendre effective l’égalité, c’est fini. Ce ne sont pas des slogans creux ou de vagues promesses qui permettront de mettre enfin l’égalité à l’ordre du jour mais les 20 exigences précises, construites par le mouvement unitaire. Ce 8 mars, les femmes de tous les pays ont montré qu’elles ne laisseraient pas remettre en cause leurs droits. Comme le dit l’appel international à la grève du 8 mars, « la solidarité est leur arme. »

Cette mobilisation renforce la CGT dans sa stratégie de travail commun avec le mouvement féministe et de renforcement de la place des femmes dans le syndicalisme. Plus que jamais, la CGT est déterminée à conjuguer la lutte pour le progrès social avec celle pour l’émancipation des femmes.

Montreuil, le 9 mars 2017

 

  • Communiqué de Solidaires :

    Un 8 mars qui fera date !

    L’Union syndicale Solidaires appelait les salarié-es et les fonctionnaires à faire du 8 mars une journée d’action et de grèves, afin d’exiger l’égalité entre les femmes et les hommes.

    Un nombre important de ses structures a participé aux 300 actions répertoriées dans toute la France, faisant de ce 8 mars une journée de lutte, dans un cadre unitaire inédit, à l’image de l’appel national réunissant 38 organisations.

    Après cette journée et au vu de son bilan, nous sommes convaincu-es qu’une étape est franchie, que la lutte pour les droits des femmes est une nécessité pour toutes les travailleuses et les travailleurs afin d’améliorer leur condition d’emploi, de travail, de salaire, de carrière… Les appels à la grève des femmes, les mobilisations massives qui se sont déroulées dans beaucoup de pays pour ce 8 mars, sont le signe d’une dynamique féministe large, qu’il faudra bien entendre !

    Ce qui reste à gagner est à notre portée ! Nous serons au côté de toutes les mobilisations, en France ou à l’international, pour faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une réalité.

     

     

     

    Communiqué FSU

     

    8 mars : gagner l’égalité !

    Partout dans le monde, de la mobilisation en Islande aux marches des Womens Strike, des combats des femmes africaines, indiennes, aux mobilisations depuis le 25 novembre dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, les femmes se font entendre pour dénoncer les atteintes à leurs droits et conquérir l’égalité réelle au travail comme dans la vie.

    Actions, grèves, manifestations, débats, rassemblements, réseaux sociaux…, la FSU, avec nombre de syndicats, associations féministes, ONG et organisations de jeunesse, se mobilise ce 8 mars pour exiger que l’égalité entre les femmes et les hommes devienne une réalité.

    En France, les femmes sont toujours payées 26% de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient chaque jour d’être payées à 15h40. C’est pourquoi, la FSU invite toutes et tous à participer aux initiatives et aux actions, à poster photos et tweets (#8mars15h40) pour que 2017 soit enfin l’année de l’égalité.

    Contrairement à une idée répandue, les inégalités entre les femmes et les hommes existent aussi dans la Fonction publique. 83 % des temps partiels sont occupés par des femmes. Les écarts de salaires sont de l’ordre de 15 à 20 %. Ces inégalités se transposent sur les pensions créant les mêmes inégalités pour les retraité-E-s. L’accès aux postes à responsabilité est aussi plus difficile pour les femmes que pour les hommes : seulement 26% de femmes à la FPE occupent des postes à responsabilité ; 35% seulement de femmes sont en catégorie A dans la FPT.

    Comme toutes les fédérations de la Fonction publique, la FSU a été signataire du protocole d’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique en 2013. Elle demande aujourd’hui au gouvernement d’en faire un premier bilan pour permettre notamment de mesurer si la démarche intégrée décidée permet ou non de prendre les mesures nécessaires pour réduire les inégalités.

    La FSU continue de revendiquer et d’agir pour que sur toutes les questions (rémunérations, conditions de travail, déroulement de carrière, prévention des violences, lutte contre les stéréotypes, éducation à l’égalité et à la sexualité, lutte contre le sexisme et le harcèlement sous toutes ses formes…), des avancées se concrétisent et permettent l’égalité au travail comme dans la vie.

     

     

  • L’initiative de la Fédération du commerce CGT
     Plusieurs centaines de salariées du commerce venues de toute la France se sont rassemblées dans un meeting à Paris l’après-midi du 8 mars, organisé par la Fédération du commerce de la CGT. Les images ci-dessous sont extraites de la page Facebook de Sophie Binet, pilote de la commission femmes-mixité de la CGT, et membre de la Commission exécutive confédérale. En revanche, selon nos informations, il y a eu peu d’actions dans les magasins eux-mêmes. Un peu plus bas, un article de l’Humanité fait un reportage sur le meeting.
    Sophie Binet a ajouté 13 photos — avec Amar Lagha.

    Le 8 mars 2017 restera dans les mémoires et nous a permis de franchir un cap

    – des mobilisations, coordonnées et massives, dans le monde entier
    – en France, + de 300 actions annoncées dont 80 rassemblements, 200 arrêts de travail, des centaines d’autres imprévues, un énorme meeting de la CGT Commerce, des milliers d’actions sur les réseaux sociaux…avec une dernière surprise à aller voir sur le site 8mars15h40.fr…le reste demain dans le communiqué de presse de bilan…
    Maintenant, à de rares exceptions près, je pense que tout le monde a compris que le 8 mars ce n’était pas la St Valentin ou la fête des mères!
    Bravo à toutes et tous! #8mars15h40
    En attendant 😴

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    Un article de l’Humanité. La pénibilité, fardeau numéro un des femmes dans le commerce

    Cécile Rousseau
    Jeudi, 9 Mars, 2017
    L’Humanité

    Hier à Paris. Pas question pour les militantes CGT du commerce et des services de se contenter de quelques pétales de fleurs symboliques. Gabriel Bouys/AFP

    Hier à Paris. Pas question pour les militantes CGT du commerce et des services de se contenter de quelques pétales de fleurs symboliques. Gabriel Bouys/AFP

    À l’occasion de la Journée de lutte pour les droits des femmes, la CGT commerce et services a tenu un meeting, hier, exposant les conditions de travail extrêmement difficiles dans le secteur et les voies explorées pour en sortir.

    «Les roses offertes en magasins, très peu pour nous ! » En ce jour de mobilisation pour les droits des femmes, pas question pour les militantes CGT du commerce et des services de se contenter de quelques pétales de fleurs symboliques. Plus de 600 membres de la fédération s’étaient donné rendez-vous hier pour un meeting, en présence de Philippe Martinez, secrétaire général du syndicat, afin de revendiquer l’égalité de traitement dans ce secteur, véritable laboratoire des dérives sociales. Avec, en première ligne, des cobayes le plus souvent féminins.

    « 60 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes et, pour 80 % d’entre elles, c’est imposé », rappelle Mohammed Oussedik, membre de la commission exécutive du syndicat.

    Des centaines de fausses couches liées au travail

    Le premier facteur d’inégalité, c’est le temps de travail, c’est notamment ce qui explique les 24 % d’écart de salaires entre hommes et femmes. Pour le cégétiste, il faut avant tout « évaluer l’ensemble des aides publiques dont bénéficient les patrons qui utilisent les CDD, l’intérim, les temps partiels ». Le chemin reste long aussi pour reconnaître la dureté du travail des femmes. Comme l’explique Sylvie Vachoux, responsable fédérale sur les questions d’égalité, « il y a une invisibilisation de la pénibilité et une non-reconnaissance des compétences. Et il faut à tout prix renforcer les dispositions pour les femmes enceintes. Tous les ans, des centaines d’entre elles perdent leurs bébés, cela fait très peu de temps que l’on parle de ces questions ».Rares sont celles qui brisent la loi du silence, comme Ayele et Rachida, dont les fausses couches sur leurs lieux de travail ont marqué les esprits. Cette dernière, caissière en contrat de professionnalisation chez Auchan à Tourcoing (Nord), a perdu son enfant le 22 novembre 2016 à trois mois de grossesse. Alors qu’elle se sentait mal, sa direction l’avait empêchée de prendre une pause. La tête haute, elle assène : « J’ai été victime d’une violence grave que j’ai réussi à faire reconnaître comme accident du travail. Il n’y a pas eu de soutien ni de côté humain de la part d’Auchan. » « Chaque jour, une caissière soulève l’équivalent de dix tonnes, précise Sophie Binet, pilote de la commission mixité de la CGT. Il devrait être obligatoire d’aménager le poste pour les charges lourdes. Nous avons interpellé le gouvernement, il a fallu attendre janvier avant qu’il mette en place un groupe de travail sur la protection des femmes enceintes. »

    Des journées actives de 18 heures

    Dans le commerce, les énormes amplitudes horaires achèvent de briser la santé des salariés et de saper la vie de famille. Les témoignages fusent : Angela, maîtresse d’hôtel dans la restauration, qui élève seule son fils de 3 ans, raconte ses journées actives de 18 heures. « Je vois mon enfant 1 h 20 par jour… » Parfois, cette déléguée du personnel est tellement fatiguée qu’elle ne peut pas « répondre aux sollicitations d’autres employés. Mais je ne suis pas défaitiste, j’ai confiance en la mobilisation pour obtenir l’égalité ». Dissimulant mal son émotion, Marie, salariée au Super U de Besançon (Doubs), décrit la spirale de son temps partiel subi de 30 heures. « Des fois, je me déplace pour 3 heures de travail alors que j’habite à 35 km. L’essence me coûte 160 euros par mois alors que je gagne moins de 1 000 euros. Je n’ai pas les moyens de payer une nourrice, c’est mon conjoint qui s’en accommode. »

    Pour faire cesser ces pratiques destructrices, la CGT revendique des compensations de salaire dès 2  heures de pause entre chaque période de travail, et des repos quotidiens minimaux de 12 heures. « Mais le temps plein doit devenir la règle dans nos secteurs », lance Amar Lagha, secrétaire général de la CGT commerce et services. Une proposition de loi sur l’égalité femmes-hommes portée par la députée PCF Marie-George Buffet pourrait aussi réduire le recours aux temps partiels. Chez Disney, c’est le combat syndical qui a permis d’alléger la souffrance au travail. Gabrielle, élue au CE, s’en réjouit : « Nous avons beaucoup obtenu par la lutte, par exemple, une augmentation de salaire pendant le congé parental, et les femmes enceintes ont une heure en plus par jour rémunérée dès le septième mois. »

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