Maryse Dumas commente une étude sur le syndicalisme

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Maryse Dumas commente (dans L’Humanité) une étude de la DARES (Direction des recherches du ministère du travail) montrant un léger mieux dans la perception qu’ont les salariés-es sur le syndicalisme. 

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Une éclaircie dans un ciel très noir

Une éclaircie se dessine dans le ciel particulièrement chargé de ce début d’année. Elle découle d’une étude approfondie réalisée par la Direction des recherches du ministère du travail (Dares) qui porte sur l’évolution du regard porté par les salarié.es du privé, hors agriculture, sur les syndicats et les représentants des salariés dans les entreprises. L’étude est réalisée de manière régulière, ce qui permet d’utiles comparaisons. Celle dont les résultats viennent d’être publiés porte sur 2023, à partir de plus de 30 000 réponses.

Elle constate une amélioration nette tant de l’image des syndicats que de celle des représentants et représentantes du personnel. Ainsi 51 % des salarié.es du privé estiment que les représentants du personnel traduisent bien leurs aspirations et 41 % pensent indispensable le rôle des syndicats pour cela. Comparé à la précédente étude remontant à 2017, c’est un progrès de 5 points pour le premier résultat et de 4 points pour le second. Certes, les réponses ont été formulées en 2023, année dont le premier semestre a été marqué par le fort conflit sur les retraites mené par une intersyndicale unie comme rarement et de bout en bout. Cela a sans aucun doute contribué à rehausser l’image globale du syndicalisme.
D’autres réponses de la même étude laissent penser à une tendance de fond. Les salarié.es sont ainsi moins nombreux qu’auparavant à penser que les syndicats font passer leurs propres mots d’ordre avant leurs préoccupations : ils et elles ne sont plus que 29 % à soutenir cette idée au lieu de 35 % en 2017. Un salarié sur trois estime que les représentants des salariés ont une influence réelle sur les décisions des directions d’entreprise. Ils n’étaient que 24 % en 2017.
L’évolution sur ces six années est donc intéressante. Elle ne doit pas faire oublier cependant que 39 % des salariés en 2023 (44 % en 2017) pensent que l’action syndicale n’a pas ou peu d’effet. 40 % des salariés estiment même pouvoir mieux s’en sortir par eux-mêmes. Une proportion quasiment identique pense l’inverse et c’est tant mieux. Sans surprise, c’est dans les entreprises où existent des instances de représentation du personnel et des syndicats que les résultats sont les plus positifs. « Il pleut toujours où c’est mouillé », pourrait-on commenter.
Le regard porté sur les syndicats est d’autant plus positif que l’entreprise est grande et qu’il y a des collectifs syndiqués dans l’entreprise. Raison de plus pour accentuer les efforts en vue d’une vie syndicale active nourrie par les vécus concrets des salariés, d’une part, et en capacité de leur faire connaître les initiatives syndicales pour améliorer leur quotidien, d’autre part. L’étude ne constate pas de différence notable, dans les réponses, entre les cadres et les autres catégories. Mais un différentiel net se dégage chez les jeunes, très sceptiques quant à l’efficacité de l’action syndicale. Un vrai défi à relever !
Si elle ne renverse pas des données déjà identifiées sur les défis posés au syndicalisme, cette étude apporte cependant de l’eau au moulin de celles et ceux qui préconisent un ressourcement du syndicalisme sur des pratiques à la fois revendicatives et démocratiques, ancrées sur les réalités du travail en même temps qu’ouvertes sur des enjeux de société fondamentaux. C’est ce que tente quotidiennement la CGT, qui peut se féliciter de voir le nombre de ses syndiqué.es progresser pour la deuxième année consécutive avec, notamment, 45 000 adhésions nouvelles en 2025.
par  Maryse Dumas
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