Echo N° 28 du mouvement ouvrier d’Iran

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Nous publions ci-dessous l’Echo N° 28 du « Bulletin d’information du mouvement ouvrier d’Iran« , mettant en lecture directe les informations des syndicats et luttes sociales. Ce bulletin est édité par l’organisation Solidarité socialiste des travailleurs en Iran (SSTI).

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SSTI : 21 ter rue Voltaire-Paris 11ème. 

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Bulletin d’informations sur le mouvement ouvrier en Iran                                           10 Mars 2026  N° 28

Lettre ouverte de Réza Shahabi adressée aux étudiant.es

 

Reza Shahabi

Syndicaliste des autobus de Téhéran et sa région (VAHED) 24 février 2026

Étudiant.es épris.es de liberté,

Quand j’entends vos voix s’élever dans les universités, quand votre cri « Femme, Vie, Liberté » se mêle à l’exigence de « justice et égalité », je reconnais en vous douleur qui nous unit tous et toutes.

Moi, comme tant de travailleur.euses à travers le pays, qui avons subi des années d’injustice, de

chômage, de vie chère, de licenciement, d’arrestation, d’emprisonnement, de menace et de répression, et qui avons lutté pour « le pain, le travail, le logement, la liberté », je sens aujourd’hui, dans le retentissement de vos slogans aux côtés des nôtres, l’espoir renaître dans nos cœurs.

Cette résonance n’est pas un hasard : elle est le fruit de nos expériences et de nos souffrances communes.

Si l’étudiant.es, le travailleur.eues et tous les opprimé.es se tiennent ensemble, aucune force ne pourra voler l’avenir du peuple.

La libération se trouve dans ce lien, dans cette union simple et déterminée contre le despotisme et l’exploitation, sans attendre d’aide militaire étrangère, sans se tourner vers des forces dominatrices et hostiles à la liberté.

En tant que travailleur, je suis à vos côtés :

Votre liberté est la nôtre,

Et notre émancipation est celle de tout le peuple. Avec toute ma solidarité,

 

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Convoqué, détenu, battu : le témoignage d’un rappeur de 21 ans, depuis l’intérieur de l’Iran

 

  Un jeune compositeur et rappeur originaire d’Astara a livré un témoignage écrit détaillé sur sa participation aux manifestations nationales de janvier en Iran, ainsi que sur les épreuves subies par la suite en détention.

Amirmohammad Rajabi, 21 ans, est parolier, compositeur et interprète de rap, connu sous le nom de « Bangard ». Il est également ouvrier du bâtiment à Astara, dans la province de Guilan. Il raconte sa participation aux manifestations et à la série d’événements qu’il a subis par la suite.

Selon son témoignage, il a participé aux rassemblements de protestation à Astara les mercredi 7, jeudi 8 et vendredi 9 janvier 2026. Il affirme que le mercredi 7, un rassemblement devant la préfecture a été dispersé à l’aide de gaz lacrymogène. Le jeudi 8, les forces de sécurité auraient tiré des projectiles à plomb sur les manifestant.es, causant de nombreuses blessures. Le vendredi 9, contrairement aux jours précédents, aucune force du Basij (milices du régime) ni de la police n’était présente. Ce seraient les forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI/IRGC),1 qui seraient intervenues et auraient tiré à balles réelles sur les manifestant.es, entraînant plusieurs mort.es et de nombreuses arrestations.

Convocation et arrestation

Amirmohammad Rajabi affirme que le mardi 20 janvier 2026, il a reçu un appel provenant d’un numéro affiché comme « numéro privé ». L’interlocuteur s’est présenté comme un agent du Ministère du renseignement iranien. Il lui a demandé de se présenter à 13 h pour « un entretien officiel », en lui assurant qu’il pourrait ensuite rentrer chez lui. Rajabi explique avoir fait confiance à cette promesse et s’être rendu au lieu indiqué.

À son arrivée, il raconte que les agents ont confisqué tous ses effets personnels et l’ont soumis à une fouille corporelle approfondie. Il a été immédiatement menotté puis conduit dans une petite pièce où, selon lui, des canapés à hauts dossiers — qu’il décrit comme « de style royal » — étaient disposés tout autour de la salle. Il précise également que des portraits des Guides Ruhollah Khomeini et Ali Khamenei, ainsi que le drapeau de la République islamique, étaient accrochés aux murs.

Dans cette pièce, explique-t-il, on lui a ordonné de s’asseoir étaient accrochés aux murs. Dans cette pièce, explique-t-il, on lui a ordonné de s’asseoir sur un banc d’écolier, face au mur, sans ne se retourner ni regarder autour de lui.

Amirmohammad Rajabi raconte qu’en entendant la porte s’ouvrir, il a instinctivement tourné la tête et a été violemment frappé au visage. Le coup, affirme-t-il, lui aurait démis la mâchoire et provoqué une douleur si intense qu’il ne pouvait plus parler. Malgré cela, il dit qu’on lui a exigé de s’exprimer et que, incapable de répondre, il a été insulté et soumis à des pressions supplémentaires.

Interrogatoire, violences et pressions pour avouer

Par la suite, explique Amirmohammad Rajabi, un formulaire destiné à consigner ses informations personnelles a été placé devant lui, qu’il l’a rempli. Les agents lui ont ensuite ordonné de rédiger en détail où il s’était trouvé et ce qu’il avait fait le mercredi, le jeudi et le vendredi. Rajabi affirme avoir relaté l’ensemble des faits tels qu’ils s’étaient réellement déroulés.

Il ajoute que les interrogateurs ont ensuite évoqué un appel provenant d’un numéro commençant par 0991, reçu le vendredi soir, affirmant que l’interlocuteur avait été « touché par des balles à plomb ». Amirmohammad Rajabi confirme que l’appel venait de l’un de ses amis, mais précise que, lors de l’interrogatoire, il avait refusé d’identifier la personne, gardant secret son nom et son adresse, et niant même l’existence de l’appel.

Selon son témoignage, après ce refus, un agent l’a saisi par l’arrière, par le col de sa veste et l’a traîné en faisant en sorte que sa tête heurte le sol. Il a ensuite été menotté, les yeux bandés, et conduit dans une autre pièce. Là, raconte-t-il, un deuxième agent était présent et, après avoir entendu le rapport de l’interrogateur, a déclaré : « Jetez-le au centre de détention — il se souviendra de tout. »

Rajabi raconte avoir été détenu pendant quatre jours et frappé chaque jour. Il souligne que, malgré les pressions physiques et psychologiques, il a refusé de fournir des informations.

Il explique que les interrogateurs l’ont menacé, notamment en le mettant en garde contre une accusation de moharebeh — une infraction politico-religieuse iranienne, souvent traduite par « inimitié envers Dieu », historiquement utilisée pour des délits politiques ou sécuritaires graves et passible de la peine de mort. Ils ont répété des phrases telles que : « Tu sais quelle est ta peine ? L’exécution » , et « Dis adieu à la vie, à ta mère et ton père ».

Il précise que les interrogateurs ont tenté de le contraindre à avouer des actes tels qu’incendier d’une banque, fabriquer des cocktails Molotov ou participer à des affrontements physiques avec les agents des forces sécuritaires.

Il raconte que ces accusations ont été rédigées devant lui par les interrogateurs, et qu’on lui a demandé de les signer. Chaque fois qu’il refusait, affirme-t-il, il recevait des gifles et des coups.

Il décrit également la nourriture en détention comme « extrêmement limitée », précisant qu’on ne lui fournissait qu’un seul repas par jour, au plus un morceau de pain Barbari de la taille de sa main.

 

Libération conditionnelle, famille tenue dans l’ignorance

Amirmohammad Rajabi a déclaré avoir été finalement libéré qu’après avoir été contraint de signer un engagement écrit promettant de « ne pas agir contre la République islamique », ainsi que coopérer avec les organes de sécurité et de police si cela lui était demandé. Il affirme avoir signé cet engagement « sous la contrainte », et avoir été libéré ensuite, après que ses effets personnels lui aient été restitués.

Il insiste sur le fait que, pendant toute sa détention, il n’a pas été autorisé à contacter sa famille, qui n’avait aucune information sur son état. Il raconte qu’après sa libération, il a appris que ses parents et ses amis se rendaient quotidiennement au bureau du Ministère du renseignement, mais que les responsables niaient sa détention et même sa présence sur place

 

Déclaration de la Fédération américaine des enseignant.es (AFT)

 

EN SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE D’IRAN

L’AFT (American Federation of Teachers), un syndicat professionnel des Etats-Unis représentant 1,8 million d’enseignant.es, d’infirmiers.es, de travailleurs/euses de la santé et d’employé.es publics, élève sa voix collective en soutien au peuple iranien, qui lutte courageusement dans les rues de son pays pour la liberté, la justice et les droits humains fondamentaux, et affronte avec bravoure un régime autoritaire et théocratique.

Alors que nous assistons à la répression brutale infligée par ce régime aux syndicalistes et au peuple d’Iran, nous soutenons l’appel sincère du Conseil de coordination des associations syndicales d’enseignant.es iranien.nes pour : la reconnaissance d’un droit légitime de manifester ; la fin immédiate de la violence d’État contre les manifestant.es et la libération de ceux/celles qui ont été arrêté.es et détenu.es ; la mise en œuvre de politiques visant à remédier aux conditions économiques et politiques à l’origine des manifestations : pauvreté intense, chômage généralisé, inflation galopante et corruption gouvernementale omniprésente.

Comme tous les peuples, les Iranien.nes ont le droit démocratique à l’autodétermination, libre de toute influence ou contrôle étranger. L’AFT s’oppose à toute intervention militaire des États-Unis ou autres puissances étrangères ; une invasion ne pourrait que renforcer la cause des théocrates autoritaires au sein de l’État iranien, et retarder le jour où les Iranien.nes seront enfin libres et capables de se gouverner eux/elles-mêmes.

Les manifestations dans les rues d’Iran sont le résultat d’années de négligence, de difficultés et de souffrances, que l’on doit imputer aux dirigeants du pays, et à leurs politiques égoïstes visant à l’enrichissement personnel. Ce régime a répondu aux protestations par une violence des plus horribles. Ses forces ont tiré directement et sans avertissement sur des manifestations pacifiques, massacrant manifestant.es et passant.es. Les organisations internationales de défense des droits humains signalent que le nombre de victimes civiles ne se compte pas par centaines, mais par dizaines de milliers. Pour faciliter ses massacres de manifestant.es, le régime a cherché à restreindre la communication et à limiter le flux d’informations en instaurant une quasi-coupure totale d’internet. Les tueries et la négation des droits humains fondamentaux doivent cesser immédiatement.

Les syndicats d’enseignant.es iranien.nes participent activement aux manifestations actuelles, et de nombreux membres et dirigeant.es ont été incarcéré.es dans les prisons les plus tristement célèbres d’Iran. En conséquence, des centaines d’enseignant.es ont été harcelé.es et interrogé.es sur des accusations infondées et fausses ; des centaines d’autres ont subi des réductions de salaire, ont été suspendu.es de leur travail, contraint.es de prendre leur retraite ou purement et simplement licencié.es.

Abdollah Rezaei — enseignant à la retraite, membre du conseil d’administration du CCITTA1 et secrétaire général de l’Association des enseignants de Harsin — CCITTA : Conseil de coordination des associations syndicales des enseignant.es d’Iran

 Abdollah Rezaei est un syndicaliste enseignant Iranien qui a été victime de cette répression. Rezaei a été arrêté par les autorités iraniennes lors des manifestations dans la province de Kermanshah, et transféré dans un lieu tenu secret, rejoignant des dizaines d’autres syndicalistes emprisonné.es. L’AFT exige la libération immédiate de Rezaei, ainsi que celle de tous les syndicalistes détenu.es.

Alors que le peuple iranien proteste contre la répression de son propre régime, il doit également faire face à la menace de guerre venant du président Trump. Sans même consulter le Congrès, ni obtenir l’autorisation requise par la Constitution et la législation américaines, Trump s’est livré à une gesticulation militaire irresponsable à l’égard du régime iranien. Cette posture laisse les Iranien.nes — dont des millions ont protesté contre le régime actuel — pris en étau entre une répression violente dans leur propre pays et la menace de mort venue de missiles étrangers. Au moment même où Trump menaçait de se lancer dans une guerre, le gouvernement américain expulsait des familles iraniennes ayant fui le régime en place, y compris un couple homosexuel qui risque en Iran la persécution, voire pire. Le gouvernement des États-Unis doit offrir refuge et soutien aux citoyen.nes iranien.nes et à la société civile — et non des bombes.

L’AFT se tient aux côtés du Conseil de coordination des associations syndicales des enseignant.es d’Iran (CCITTA), et de tous/toutes les Iranien.nes issu.es des différents secteurs de la société, qui résistent courageusement à la répression actuelle. Le peuple iranien, et lui seul, a le droit de déterminer son avenir. Sa lutte pour les droits humains, les droits des travailleurs/euses, et pour une société démocratique et juste est aussi la nôtre.

L’AFT travaillera avec l’Internationale de l’Education, l’Internationale des services publics, ses alliés syndicaux internationaux et les organisations locales de la société civile iranienne afin d’exprimer sa solidarité envers les éducateurs/trices et les syndicalistes d’Iran•

Le Conseil exécutif de la Fédération américaine des enseignant.es (AFT) 18 février 202

 

Appel du Conseil de coordination des organisations professionnelles des enseignant.es d’Iran
« Pour les bancs vides, pour les rêves inachevés »

 

Objet : Annonce d’un deuil public et de la fermeture des écoles (grève), le mercredi 18 février 2026

 

Plus de deux cent trente enfants et adolescent.es ;

Plus de deux cent trente rêves inachevés ;

Plus de deux cent trente bancs vides.

Chaque banc vide est une blessure profonde dans la conscience de la société.

La place d’une main qui aurait dû se lever pour répondre,

La place d’un rire qui aurait dû remplir la récréation,

Et la place d’un cahier qui aurait dû se remplir d’exercices et de rêves, est désormais froide et vide.

À côté de ces bancs, il y a la place vide des enseignant.es dont le seul « crime » était d’avoir crié la douleur des élèves.

Des classes qui désormais n’ont ni élèves ni enseignant.es ; seulement un silence mortel qui hurle : « Où est la justice ? » Ce n’étaient pas des chiffres.

Ils/elles avaient des noms, des familles, un avenir…

Lorsqu’un.e enfant est tué.e, la société ne se contente pas de porter le deuil ; c’est son avenir qui est fusillé.

Depuis des années, nous sommes témoins de la fermeture des écoles sous divers prétextes :

la pollution de l’air, le manque de gaz, ou d’autres crises.

Mais nous posons cette question à toutes les consciences éveillées :

La vie des enfants est-elle moins importante que la pollution de l’air ?

La défense de la sécurité et de la dignité des élèves n’est-elle pas la priorité la plus urgente aujourd’hui ? L’école devrait être le refuge le plus sûr de cette terre.

Si l’élève n’est pas en sécurité dans la rue, et si l’école, au lieu d’être un lieu d’apprentissage, est devenue un lieu de détention, alors notre silence ne fait qu’approfondir cette tragédie.

Nous, enseignant.es d’Iran, ne pouvons pas normaliser cela.

Nous ne devons pas permettre que les noms soient transformés en chiffres, ni que les chiffres soient voués à l’oubli.

Défendre l’école, c’est défendre l’avenir.

Le droit à la vie prime sur toute autre considération.

(Lire la suite en page suivante) ®

 

¬ (suite de la page précédente)

Le Conseil de coordination des associations professionnelles des enseignant.es d’Iran, tout en rendant hommage à la mémoire des victimes de la répression des manifestations du mois de janvier, y compris les centaines d’élèves et d’enseignant.es dont le sang a été injustement versé, déclare que…

  1. Nous invitons tous et toutes les collègues du secteur éducatif à s’abstenir d’assister aux cours, tant dans les écoles que dans les services administratifs, le mercredi 18 février, en signe de deuil et de protestation, en observant une grève.
  2. Nous demandons aux parents d’élèves, responsables et conscients, de s’abstenir d’envoyer leurs enfants à l’école ce jour-là, afin de préserver leur sécurité et d’exprimer leur solidarité avec les familles endeuillées.
  3. Nous invitons également l’ensemble des enseignant.es et des honorables citoyen-nes, à participer, dans la mesure du possible, à la cérémonie du quarantième jour en mémoire de ces êtres chers et des enfants es, et à apporter un peu de réconfort aux familles endeuillées•

Nous ne normaliserons pas les bancs vides.

Nous n’acceptons pas l’oubli.

Nous ferons de l’école un lieu de mobilisation pour la défense du droit à la vie.

Conseil de coordination des associations professionnelles des enseignant.es d’Iran 16 février 2026

Les médias, c’est vous. Merci de partager avec vos ami.es.

Canal « Défi syndical des enseignant.es d’Iran »

Un canal dédié à la couverture des actions syndicales des enseignant.es et des syndicalistes, ainsi qu’à la sensibilisation du public.

 

Déclaration du Syndicat des travailleur.euses de Vahed, la Compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue, en soutien aux manifestations nationales des étudiant.es
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Au troisième jour des manifestations nationales, des étudiant.es, de nombreuses universités — notamment à Téhéran, l’Université industrielle Sharif, l’Université Shahid Beheshti, l’Université des sciences et de la technologie d’Iran, l’Université industrielle Amirkabir, l’Université de Téhéran, l’Université d’art d’Iran, ainsi que l’Université Ferdowsi de Machhad — ont exprimé leur opposition au régime en organisant des rassemblements. Ils/elles ont rendu hommage aux victimes du soulèvement du mois de Dey (janvier) et ont formulé leurs revendications.

Selon plusieurs rapports, des forces Bassidj (milice) ainsi que des unités spéciales auraient été déployées dans certaines de ces universités, où des violences contre des étudiant.es ont également été signalées. À ce stade, aucun bilan précis du nombre de blessés ou d’arrestations n’a été communiqué.

La responsabilité de toute atteinte à la sécurité et à l’intégrité des étudiant.es incombe aux forces policières qui, au lieu de répondre de leurs actes, privilégient une approche strictement sécuritaire.

Le Syndicat Vahed a exprimé sa solidarité avec les mobilisations étudiantes contre la répression, ainsi que pour la liberté et l’égalité. Il insiste sur la nécessité de mettre un terme aux violences policières dans les universités, de libérer les étudiant.es arrêté.es et de reconnaître pleinement leur droit de se rassembler et d’exprimer des revendications. Il appelle en outre à garantir la sécurité, l’intégrité et la dignité des étudiant.es au sein des établissements d’enseignement.

Au cours des dernières années, le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier ont, à maintes reprises, mis en avant des revendications communes, telles que la justice sociale, le droit à une organisation indépendante, la liberté d’expression, ainsi que la lutte contre la répression exercée par le pouvoir.

Le syndicat met l’accent sur le renforcement des liens de solidarité entre le monde du travail et les universités, ainsi que sur la poursuite de la tradition historique d’entraide entre ouvrier.es et étudiant.es au sein des mouvements sociaux d’Iran.

Il réaffirme également la nécessité de défendre l’indépendance des organisations étudiantes et ouvrières à l’égard de l’État, des institutions gouvernementales et de toute forme de despotisme, d’autoritarisme ou de totalitarisme

 

Travailleur/euses, étudiant.es, unité, unité ! L’étudiant.e emprisonné.e doit être libéré.e ! Le prisonnier.e politique doit être libéré.e !

Ni répression, ni oppression, seulement la liberté et l’égalité !

La solution pour les travailleurs, les travailleuses et le peuple réside dans l’unité et l’organisation !

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Vive le 8 mars !
 

 Beaucoup célèbrent le 8 mars sous le nom de « Journée de la femme » et, sous l’effet de sa transformation par les Nations unies, comme une sorte de « fête des mères ». On y célèbre alors la valeur et la dignité des femmes et l’on exprime sa reconnaissance envers la femme douce et ménagère en lui offrant un bouquet de fleurs.

Mais une telle compréhension de la Journée internationale des femmes en détourne totalement le sens et demeure, au fond, profondément patriarcale. La première commémoration de cette journée remonte à 1909, à New York, lorsque le Parti socialiste d’Amérique organisa une journée spéciale consacrée aux femmes afin de soutenir la grève des ouvrières de l’industrie du vêtement, qui réclamaient de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

En 1910, les socialistes (et plus tard communistes) allemande Clara Zetkin et russe Alexandra Kollontai, proposèrent lors de la Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, que les femmes du monde entier consacrent chaque année une journée à la lutte pour leurs droits.

Le sens, l’objectif et le message de la Journée internationale du 8 mars résident dans la solidarité mondiale des femmes dans la lutte contre les oppressions et les discriminations de genre, contre la domination masculine et le patriarcat, ainsi que pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de la vie.

Le 8 mars 1917 (23 février dans le calendrier russe de l’époque) eut lieu à Petrograd (Aujourd’hui Saint-Pétersbourg) une célèbre et mémorable manifestation de femmes. C’est là que des ouvrières du textile, accablées par l’exploitation et l’oppression, allumèrent la première étincelle de la révolution.1

Le fait que le 8 mars trouve son origine dans une grève ouvrière et qu’il soit né au cœur de la lutte contre le capitalisme est peu à peu édulcoré, puis progressivement effacé des pages de l’histoire.

Heureusement, à travers le monde, le drapeau libérateur du 8 mars continue d’être maintenu bien haut. Et nous sommes fiers de voir qu’en Iran aussi, une partie des femmes se tient à l’avant-garde de ce combat extrêmement difficile et souvent sanglant — face aux structures familiales traditionnelles, au patriarcat institutionnalisé, au poids de la religion et à un gouvernement théocratique fasciste — et qu’elles sont devenues un exemple pour le mouvement mondial des femmes éprises de liberté et d’égalité. Plutôt que de se contenter d’adresser des vœux pour le 8 mars à ces femmes conscientes et combattantes à travers le monde, c’est l’existence même de telles femmes qu’il convient de saluer et de célébrer à l’occasion du 8 mars•

Femme, Vie, Liberté

1 – https://www.contretemps.eu/read-offline/14383/petrograd-8-mars-1917-revolution.print

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