Reprise des luttes sociales en Grèce

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Depuis l’accord terrible de juillet 2015 entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe, la résistance sociale se reconstruit en Grèce, contre les privatisations, pour les retraites, pour les salaires, et même pour le soutien des réfugiés parfois réprimés par le pouvoir. Nous en publions quelques aspects, souvent suivis par des militants ou intellectuels grecs résidents en France (Yannis Youlantas, Constant Kaimakis…), très critiques contre le gouvernement Tsipras.

 

HOPITAL EVANGELISMOS EN GRÈVE LE 31 AOÛT:

Les travailleurs de l’Hôpital Evangelismos d’Athènes feront grève ce mercredi 31 août. Ils luttent pour le paiement des arriérés de salaires, le manque de personnel, le financement critique de l’hôpital. Ils refusent les contrats flexibles et exigent des postes de travail stable et permanent pour tous.

« ΟΥΤΕ ΓΟΥΛΙΑ – PAS UNE GOUTTE ! » LE BOYCOTT DE COCA COLA CONTINUE :
Cela fait 1063 jours que les employés de Coca Cola Grèce sont en lutte contre leurs licenciements et la fermeture des usines en Grèce. Coca Cola a en effet décidé de fermer ses usines en Grèce et de délocaliser dans des pays des balkans où les salaires et la fiscalité sont moins élevés. 7 usines fermées et 2500 salariés licenciés. Cet été, inlassablement, les ex salariés ont sillonné les plages des îles pour informer , sensibiliser et appeler au boycott les consommateurs et les touristes. Les photos ici sont de Rhodes et de Thessalonique .

LES TRAVAILLEURS DES SUPERMARCHÉS « KARIPIDIS » TOUJOURS EN LUTTE :

En raison du non-paiement des salaires, primes et congés payés dus, les salariés de la chaîne « KARIPIDIS » seront en grève de 24 heures aujourd’hui, le vendredi 22 Juillet, avec une concentration à 10,30 en face du magasin  » Καρόλου Ντηλ », et une manifestation vers le ministère de Macédoine-Thrace.
Les salariés et leur syndicat note : « A partir de 2015 la société KARIPIDIS a pris des retards dans les paiements des salaires avec 5 à 6 mois dus… Elle nous demande d’être encore « patients »…. Notre employeur est rempli de promesses et de mensonges quotidiens , nous accusant nous, syndicat et travailleurs , de chercher la faillite de l’entreprise. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps et simplement suivre ainsi le cours des choses. Aujourd’hui, nous voulons des solutions pour faire payer tous nos salaires. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas revivre ce que nous avions avant pendant 2 ans avec notre ancien patron «Arvanitidi » . Et de préciser « alors qu’il ne s’exécute pas comme le demande une ordonnance du Tribunal pour payer ces salaires, M Karipidis il y a quelques jours, a trouvé 1.200.000 euros ….à «investir» dans PAE ARIS.!!! » Et de conclure : « Nous appelons nos collègues à ne pas continuer à incliner la tête, à ne pas consentir à notre misère pour sauver les bénéfices de l’employeur. Nous les appelons à se battre ensemble pour travailler avec les droits, avec un salaire qui couvrira nos besoins pour une vie décente.
Nous exigeons:
• Le paiement immédiat de nos salaires dus;
• L’ assurance de nos emplois;
• Les informations complètes sur l’avenir de l’entreprise et des employés. »

 

 

GRÈVE CHEZ MARINOPOULOS:
Je vous ai déjà parlé de ce conflit qui oppose les employés des supermarchés MARINOPOULOS ( le Carrefour grec…). Aujourd’hui c’est Grève pour 24h dans l’Attique pour tous les salariés de la chaîne : magasins, bureaux et entrepôts avec un grand rassemblement au ministère du Travail à 11h30 ce vendredi matin.
Les salariés et leurs syndicats protestent contre l’ « attaque sauvage » que subit toute la branche de la diffusion de l’industrie agroalimentaire, ils refusent de se « contenter des miettes que jettent les employeurs pour supprimer toute humeur militante qui existe » ; refusent « le cumul de salaires impayés » . Cette journée est étendue à tout le pays :
à Thessalonique: Les travailleurs en grève des magasins se rendront à une concentration à 10h30 devant la boutique Vardar . C’ est la deuxième grève organisée par le syndicat des travailleurs de l’entreprise dans le nord de la Grèce, exigeant le paiement des salaires et des congés payés.
à Kavala: Les travailleurs des deux magasins Marinopoulos Kavala participeront à la grève et se rendront au rassemblement de 10 heures dans le magasin central de la ville.
à Héraklion: L’Union des employés privés Héraklion, en collaboration avec le Comité de lutte des magasins et des entrepôts de «Marinopoulos , ont lancé un appel à la grève et une concentration à 10.30 à l’ Inspection du travail à Heraklion.
à Volos: Le Comité de lutte des travailleurs du groupe « Marinopoulos » de Volos et N. Ionia appelle les travailleurs de l’entreprise à la grève étau rassemblement qui se tiendra à 9h00 devant le magasin du 2 Novembre.

Constant Kaimakis

16/08/2016

GRÈVE DANS LES TRANSPORTS À THESSALONIQUE :

Comme prévu, il n’y aura pas de bus pendant trois jours à partir d’aujourd’hui à Thessalonique. Les 2300 employés de l’OASTH protestent de ne pas avoir été payés depuis plus de deux mois.
La direction de l’OASTH s’en prend à l’État qui lui doit plusieurs millions d’euros… De son côté le syndicat déclare « Le gouvernement grec doit plus de 130 millions d’ euros à l’Agence, qui à son tour doit plus de 95 millions d’ euros» et précise « Au cours des dernières années , l’ OASTH en proie à des problèmes économiques, qu’Ils ont créé en raison de la faute du gouvernement grec, n’a pas respecté la mise en oeuvre de l’accord économique du 30.4.2001, laissant s’accumuler ainsi les dettes. » Le syndicat explique par ailleurs que pendant des années il y a eu une accumulation de dettes des divers ministères vis à vis de l’OASTH en fonction des différentiels de tarifs liés à des réductions sociales pour les bénéficiaires qui n’ont pas été compensés, difficultés auxquelles il faut rajouter les diverses augmentations de TVA non compensées par l’État.

 

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10 août 2016

Questions grecques sur le pillage des aéroports

Pepe RIGOPOULOU

Une entreprise (semi) publique allemande achète 14 aéroports grecs moins cher que la TVA impayée de l’aéroport d’Athènes détenu par une autre entreprise allemande. L’accord prévoyait que l’entreprise fasse des investissements…..c’est le paquet Junker , subvention promise à la Grèce par l’Europe depuis des mois, qui en tient lieu

L’arnaque de FRAPORT :
c’est la subvention du paquet Junker « investie » dans les 14 aéroports.

L’appel d’offres pour la concession des aéroports avait été lancé par le précédent gouvernement Samaras-Vénizelos comme « étape de développement de l’infrastructure du pays », « investissement dans la qualité des services fournis aux voyageurs grecs et étrangers », et naturellement pour « attirer de gros investissements »vers un pays ayant besoin de travail et d’argent frais. SYRIZA, dans l’opposition, qui se trouvait dans toutes les manifestations contre les concessions, s’est vu « contraint » cependant d’accepter la fin du match et il se trouve que c’est ses ministres (parmi lesquels Giorgos Stathakis de La Chanée) qui ont apposé leurs signatures à la convention finale avec FRAPORT.

Et quand tous attendaient l’afflux d’argent frais allemand pour rénover nos aéroports, arrive la nouvelle de l’accès de FRAPORT au paquet Junker, avec un financement de 300 millions d’euros, exactement comme l’article de la convention, destiné à la mise à niveau des 14 aéroports. Dans les accords signés, l’entreprise s’était engagée, dans les trois ans, à investir 330 millions d’euros ; autrement dit, elle n’aura besoin de débourser que 30 millions ( s’il ne se trouve pas une autre subvention pour cela).

La première question qui vient à l’esprit est : pourquoi cette subvention ne pouvait pas être destinée directement à la rénovation des aérodromes mais avait besoin de passer par les poches d’une entreprise allemande ? Je me demande si les parties allemande et grecque savaient qu’il pouvait y avoir cette subvention courageuse quand sont tombées les dernières signatures, et finalement quel type de « croissance » produit un investissement, quand une entreprise allemande semi étatique est subventionnée par l’argent européen pour gérer la propriété publique grecque ?

« Et à la fin , c’est l’Allemagne qui gagne ». Cette phrase reprise des souvenirs des matchs de foot, va comme un gant au cas de FRAPORT en ce qui concerne l’aventure de la concession de 14 aéroports du pays ( dont celui de La Chanée) pour une durée de 40 ans.

… FRAPORT est dirigé par un conseil de surveillance de 20 membres auquel participent :
4 membres privés , 3 représentants de l’état fédéral de Hesse, 2 représentants de la municipalité de Francfort, un représentant de la république fédérale d’Allemagne et 10 représentants du personnel.
…………..
Μάριος Διονέλλης / e-dromos.gr/

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2016/08/fraport-14.html

SI

Si réellement le prix de vente de 14 aéroports rentables de notre pays pour 40 ans à l’entreprise publique allemande FRAPORT est de 1, 234 milliard, pourquoi alors le gouvernement grec ne recouvre-t-il pas le 1, 4 milliard de TVA que doit l’entreprise également allemande Hochtief qui exploite l’aéroport « El. Venizelos » pour ne pas vendre les autres aéroports à ce prix dégradant ?

Peut-être que le nouveau ministre de l’économie qui a déclaré qu’il ne laisserait personne « empocher la TVA » pourrait commencer par cette entreprise ?
….

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2015/08/blog-post_66.htm

traduction Palili

Grève de la faim des réfugiés en Grèce

by Yannis Youlountas

Dix jours après l’expulsion scandaleuse des squats solidaires de Thessalonique.

GRÈVE DE LA FAIM DES RÉFUGIÉS DU CAMP SOFTEX DE THESSALONIQUE

C’est dans ce camp de l’ouest de la ville que la jeune Syrienne Azaz Ragda a trouvé la mort, à l’âge de 29 ans, en l’absence d’assistance médicale(1).

D’autres formes de protestations ont également été signalées à Lesbos et à Chios. La colère gronde parmi les réfugiés, particulièrement maltraités par l’Etat grec depuis l’accord Union européenne-Turquie, et dans le mouvement social qui les soutient de toutes ses forces.

A Thessalonique comme ailleurs en Grèce, la résistance s’organise à travers plusieurs formes de ripostes : multiples attaques de groupes — principalement anarchistes et anti-autoritaires — contre les locaux de Syriza (au moins une quinzaine en dix jours), de l’Etat grec et des institutions européennes (notamment à Athènes), et ouvertures de nouveaux squats solidaires, dont deux cette semaine à Thessalonique.

Depuis plusieurs mois, partout en Grèce, le mouvement social et les réfugiés se rapprochent et s’unissent pour dénoncer ensemble l’Europe forteresse et tous ceux qui la servent.

Yannis Youlountas

(avec Constant Kaimakis et Grigoris Tsilimantos)

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