Iran : Le syndicalisme prend la parole contre le massacre

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En Iran, des syndicats ont le courage de se construire et d’agir contre un pouvoir criminel. Le Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue, membre du Réseau syndical international de solidarité et de lutte, est de ceux-là (lire aussi son soutien aux luttes des femmes : http://syndicollectif.fr/?p=19277).  Plus bas nous publions la déclaration de solidarité d’IndustriALL, fédération syndicale internationale de Global Union. 

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Déclaration du Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue condamnant le massacre des manifestants et manifestantes

Le peuple opprimé de notre pays pleure une fois de plus ses enfants. Cette fois-ci, le massacre des manifestants et manifestantes qui s’opposaient aux politiques économiques et sociales de la République islamique est encore plus généralisé et horrible que les massacres de rue des années 1980, ainsi que les massacres de décembre 2017 /janvier 2018, novembre 2019 et septembre 2022. Le choc immense qui a saisi la société ne provient pas de la surprise – car nous avons toujours connu l’étendue de la malveillance et de la brutalité des forces répressives au pouvoir – mais plutôt du fait que les dirigeants, sans la moindre considération, ont décidé de procéder au massacre de milliers d’enfants de ce pays. Cela prouve une fois de plus que tout espoir de réforme ou de changement au sein du système est définitivement perdu, même pour les individus les plus optimistes et les plus naïfs.

Le pouvoir en place a une fois de plus démontré qu’il n’accordait aucune valeur à la vie du peuple et de nos enfants. Comment peut-on commettre un tel massacre et ensuite, avec un comportement impitoyable et inhumain, exposer les corps des victimes aux yeux du public ? Un tel gouvernement peut-il conserver la moindre légitimité dans l’esprit du peuple ?

À la suite de la publication de la déclaration du Syndicat intitulée « Soutenir la juste lutte du peuple ; avancer vers une liberté et une égalité réelles, et non vers un retour au passé », nous avons nous aussi, comme plus de 93 millions de personnes à travers le pays, été privés d’accès à Internet et à d’autres moyens de communication ; un black-out systématique qui s’est poursuivi jusqu’à ces derniers jours, et même aujourd’hui, les communications restent peu fiables. Néanmoins, le Syndicat continue de souligner son principe fondamental et inviolable : la véritable libération du peuple iranien n’est possible que grâce à un leadership collectif et à la participation consciente, organisée et indépendante de l’ensemble de la classe ouvrière, ainsi que des autres couches opprimées du pays, et non par une intervention militaire des États-Unis et d’Israël, ni par aucune autre puissance étrangère avide de pouvoir ou par leurs forces affiliées et alliées.

Tout en condamnant fermement le massacre des populations défavorisées du pays, le Syndicat présente ses sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes tuées lors du soulèvement de janvier et exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus.

On entend parler tous les jours d’exécutions. Le gouvernement doit savoir que même l’exécution de milliers de prisonniers politiques dans les années 1980 n’a pas empêché le peuple de continuer à réclamer justice, liberté et égalité. Les massacres et les exécutions de masse d’aujourd’hui, dans une société beaucoup plus grande, mieux informée et plus diversifiée, ne pourront pas seulement contenir les profondes protestations sociales et le mécontentement, mais ils augmenteront également l’ampleur de la colère publique. La voie la moins coûteuse pour le peuple et le pays est que vous vous retiriez tous immédiatement et que vous mettiez fin immédiatement à la machine à tuer, à la répression et à la destruction du pays.

Vive la liberté, l’égalité et la solidarité du peuple !
La solution pour les travailleurs, les travailleuses et le peuple réside dans l’unité et l’organisation.

Le Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue est membre du Réseau syndical international de solidarité et de lutte.

https://www.instagram.com/vahedsyndica/
vsyndica@gmail.com
https://t.me/vahedsyndica
@Vahed_Syndica
Liens vers la déclaration originale en farsi : ici et 

https://laboursolidarity.org/fr/n/3768/declaration-du-syndicat-des-travailleurs-de-la-compagnie-de-bus-de-teheran-et-de-sa-banlieue-condamnant-le-massacre-des-manifestants-et-manifestantes

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Droits humains et droits du travail menacés en Iran

IndustriALL Global Union

Sans titre

 

 

 

 

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs des secteurs miniers, de l’énergie et de la manufacture dans 130 pays et constitue une nouvelle force dans la solidarité mondiale continuant le combat pour de meilleures conditions de travail et pour les droits syndicaux dans le monde entier.

 

23 janvier, 2026

IndustriALL condamne l’escalade de la violence en Iran contre les manifestants, majoritairement pacifiques, ainsi que la coupure totale d’Internet et des réseaux sociaux qui a isolé le pays du reste du monde.

Le black-out des communications sert manifestement à dissimuler de graves violations des droits humains, réduire au silence les travailleurs et travailleuses et empêcher la collecte des témoignages sur les abus commis. Le rétablissement d’un accès complet à Internet et à des moyens de communication indépendants constitue une revendication urgente et légitime des manifestants.

Depuis fin décembre, les manifestations motivées par l’aggravation de la crise économique, la flambée de l’inflation et l’effondrement des moyens de subsistance se sont rapidement propagées dans tout le pays. Les manifestants ont été confrontés à une répression extrême, victimes notamment de l’emploi de munitions de guerre et d’armes lourdes dans les zones urbaines. Malgré le black-out, des informations provenant de l’intérieur de l’Iran font état d’arrestations massives, de nombreux blessés et d’un nombre croissant de morts. Le recours à cette force meurtrière contre des personnes qui exercent leurs droits fondamentaux à manifester et à faire grève est intolérable et doit cesser immédiatement.

La détention et l’emprisonnement de personnes pour avoir participé à des manifestations représentent une autre violation grave. Les appels à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques arrêtés pour avoir pris part à des manifestations sont pleinement justifiés. Personne ne devrait être privé de ses droits et libertés pour avoir dénoncé la pauvreté, l’injustice ou la corruption.

Le black-out lui-même constitue une grave violation du droit à l’information et à la liberté d’expression. La coupure des services Internet et téléphoniques isole non seulement la population, mais met également des vies en danger : elle empêche l’accès aux services d’urgence, aux informations indépendantes et à la vigilance de la communauté internationale. Bien plus qu’une simple mesure de sécurité,  couper Internet s’impose comme un moyen de dissimuler des crimes.

En même temps qu’elle condamne la violence et la répression, IndustriALL réitère ses revendications fondamentales en matière de droits du travail et de droits humains. Les autorités iraniennes doivent appliquer pleinement les dispositions des Conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail, qui garantissent la liberté d’association, la négociation collective et les droits syndicaux. La République islamique d’Iran doit reconnaître le droit des travailleurs et travailleuses à faire grève pour défendre des salaires équitables et des conditions de travail humaines.

La crise économique actuelle a plongé des millions de personnes dans la pauvreté. L’Iran doit fixer un salaire minimum à un niveau qui permette aux travailleurs, aux travailleuses et à leurs familles de se nourrir, de se loger et de subvenir à leurs besoins essentiels, en garantissant un niveau de vie digne pour tous. Les politiques qui, à la fois, renforcent les inégalités et protègent les privilèges de l’élite ont alimenté une colère généralisée et doivent être inversées.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :
« Les travailleurs, les travailleuses et les citoyens iraniens exigent légitimement dignité et justice ainsi que la possibilité de s’exprimer pour façonner leur présent et leur avenir. Le recours à la violence à leur encontre est inacceptable et toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits doivent être libérées immédiatement. L’Iran doit respecter les normes internationales du travail, reconnaître le droit de grève et garantir des salaires qui permettent aux travailleurs, aux travailleuses et à leurs familles de vivre dans la dignité. IndustriALL souligne que l’avenir de l’Iran appartient exclusivement à son peuple. »

IndustriALL est solidaire du peuple ainsi que des travailleurs et travailleuses iraniens. Les revendications en faveur de la fin de la violence, de la liberté de communication, de la libération des détenus, des droits fondamentaux du travail et de la justice économique sont légitimes et fondées sur la dignité humaine universelle. La communauté internationale ne doit pas rester silencieuse face à cette répression menée dans l’obscurité, derrière un mur numérique.

https://www.industriall-union.org/fr/droits-humains-et-droits-du-travail-menaces-en-iran
Human and labour rights under attack in Iran
https://www.industriall-union.org/human-and-labour-rights-under-attack-in-iran
Derechos humanos y laborales bajo ataque en Irán
https://www.industriall-union.org/es/derechos-humanos-y-laborales-bajo-ataque-en-iran

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