Nous publions ce bilan du 54ème congrès de la CGT vue par l’équipe d’animation du blog : syndicalistes.org. Si ce congrès a été moins clivé que le précédent, il n’a pas fini d’être introspecté pour comprendre les mouvements de fond qui traversent la CGT.
Retours sur le 54e congrès de la CGT
Publié le par
Le 54e congrès de la CGT s’est tenu à Tours du 1er au 5 juin 2026 avec un millier de délégué⋅es. Sans surprise, il a vu la réélection de Sophie Binet comme secrétaire générale de la confédération, la validation du rapport d’activité à plus de 80 % et l’adoption du document d’orientation aux trois quarts des voix. Le cadre commun contre les violences sexistes et sexuelles dans la CGT – l’un des points de tension possible – a lui aussi été validé largement. Mais l’image d’une CGT rassemblée est trompeuse : les débats ont été plutôt houleux, la direction confédérale souvent sur la défensive a perdu un vote majeur sur la modification des statuts, et aucune perspective stratégique adéquate ne se dessine à l’issue des débats. En réalité, alors que la CGT fête ses 131 ans, son avenir et même sa survie n’ont toujours rien de garanti. Compte-rendu (nécessairement sélectif) des débats.
Il y a trois ans, lors du 53e congrès, un groupe de délégués mécontents envahissait la tribune. La fédération du Commerce fournissait le gros des troupes. Cette année, le congrès de la CGT s’est ouvert dans une ambiance plus calme. Et pour cause, ce sont les protestataires d’hier qui ouvrent le congrès : la première séance est ouverte par le secrétaire de la fédération du Commerce. Mais envahir une tribune et animer une séance en siégeant à cette tribune sont deux activités qui ne demandent pas du tout les mêmes savoirs-faire : le 54e congrès s’est ainsi ouvert laborieusement, avec un président de séance à la peine, incapable d’expliquer quoi que ce soit sur le fonctionnement d’un congrès, de répondre aux questions ou de temporiser les débats. Résultat : en tentant de passer en force malgré les protestations de la salle, il a suscité un premier vote de rejet contre la composition de la commission du document d’orientation, chargée de faire un pré-tri sur les milliers amendements proposés.
Si le reste de la semaine a été moins catastrophique, le congrès n’a pas fait la démonstration d’une culture du débat démocratique apaisé. Du côté des délégué⋅es, le temps de parole de 3 ou 2 minutes (selon le type de débat) n’a jamais été pris comme une limite réelle : de nombreux militant⋅es ont allégrement doublé leur temps de parole, alors que cela avait pour conséquence directe de supprimer l’intervention d’autres camarades (les temps d’échange étant systématiquement insuffisant au regard du nombre de demandes).
La direction confédérale est loin d’avoir tout fait pour désamorcer les tensions possibles. D’abord en confiant l’animation de la première séance à un militant qui ne savait que balayer sans explications toutes les remarques. Ensuite, en apparaissant sur la défensive, notamment en donnant régulièrement la parole aux délégué⋅es qui voulaient défendre les amendements les plus insignifiants (ajouter le mot « peur » au document d’orientation, rajoutait qu’on voulait « de nouveaux droits » pour les élu⋅es alors que cela figure déjà à de multiples reprises dans le document)… au détriment des amendements qui auraient risqué de modifier en profondeur la portée du texte, par exemple sur la maison commune avec la FSU ou les affiliations internationales de la CGT. Résultat : les textes ont bien été votés, mais sans délibération préalable spécifique sur ces points. Nul doute que les orientations adoptées sur la maison commune seront plus difficiles à faire appliquer par des syndicats qui ont le sentiment d’avoir été privés de vote sur le sujet, d’autant que le débat sur ces points s’est limité à une poignée de prises de parole. Nul doute également qu’après deux interventions très claires de camarades iranien⋅nes sur la lutte des classes dans ce pays et la participation directe du syndicat local FSM à la répression brutale des travailleurs et travailleuses en lutte contre leur classe possédante, le vote en faveur de la FSM n’aurait pas été majoritaire.
Signe de ces tensions, la tribune a été envahie le jeudi par une partie de la délégation de la Santé, réclamant davantage de prises de parole, la transparence sur les choix de répartition des interventions et une meilleure prise en compte de ses revendications. Mais cette fédération étant une de celles dont les délégué⋅es ont été les plus présent⋅es au micro, son coup d’éclat n’a pas été très bien accueilli et c’est sous les huées qu’une militante de la fédération a finalement pu exprimer ces demandes. Cela étant, difficile de dissuader les militant⋅es d’envahir la tribune quand cela a permis à certains, depuis le dernier congrès, de prendre des postes de direction dans la CGT…
Pourtant, le bureau du congrès avait pris soin de ménager la fédération de la Chimie, qui avait manifesté bien en amont son intention de peser lors du congrès et qui a eu largement la parole… malheureusement essentiellement pour rejouer éternellement une opposition entre le syndicalisme de classe et le syndicalisme rassemblé, ce qui n’est plus exactement l’enjeu d’aujourd’hui : désormais, la CGT ne se réclame plus du syndicalisme rassemblé mais n’est pas pour autant « de classe », et ses organisations qui se proclament le plus « de classe » sont souvent loin d’avoir des pratiques réellement « de classe » – et personne n’a porté le fer là-dessus.
Bref, une direction confédérale sur la défensive, qui a semblé avoir peur que les débats aillent trop loin. Et beaucoup de militant⋅es qui voient les congrès comme une tribune pour peser dans la CGT plus que comme le lieu d’élaboration collective des orientations d’une organisation dont tou⋅tes les présent⋅es seraient partie intégrante.
Beaucoup d’interventions se font ainsi sur le mode du témoignage, sans que cela ne vienne préciser les orientations en débat (il faut résister aux patrons, être solidaires face à la répression, etc. : on peut parier que chaque délégué⋅e le savait avant même d’entrer dans la salle). Il y a sans doute ici un effet de la proportion de primo-congressistes (près de 80 %), pour qui le congrès représente souvent une première occasion de sortir de leur « bulle » syndicale et de partager leur réalité militante, sans toujours avoir de prise précise sur ce qui se joue dans un congrès confédéral, d’autant que les organisations n’ont pas systématiquement travaillé en amont les différents débats. D’autres interventions, nombreuses, se contentent d’invoquer en toute généralité un besoin de radicalité, un refus des grèves saute-mouton, etc. Autant de signes d’un constat d’échec et d’impuissance collective, d’une désillusion de militant⋅es qui rêvaient d’une CGT bien différente de la CGT réelle, mais qui peinent à imaginer un autre fonctionnement et se réfugient dans des formules incancatoires. Les interventions parvenant à faire un aller-retour entre des pratiques syndicales concrètes (a fortiori en prenant de la hauteur par rapport à « son syndicat » pour tenir compte de qui se joue à différents endroits de la CGT) et le contenu du document d’orientation étaient au final assez rares, signe d’un appauvrissement de nos capacités d’analyse stratégique et de délibération démocratique.
ci-contre: blog : www.Syndicalistes.org (S!)
Une avancée historique : la validation du cadre commun contre les violences sexistes et sexuelles
Mais un congrès, ce n’est pas qu’un cadre et une ambiance, ce sont aussi des votes. Et sur le sujet, le vote le plus attendu était celui portant sur l’annexion aux statuts confédéraux du cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles dans la CGT. Ce cadre commun avait déjà été voté par la direction de la CGT, mais jamais soumis à l’approbation de tous les syndicats, et l’on savait que plusieurs fédérations poussaient au vote contre. Le débat sur ce thème a été, de l’avis général des participant⋅es, le plus construit, avec des interventions poignantes mais aussi travaillées et solides, signe d’une véritable appropriation et réflexion dans plusieurs syndicats de la CGT.
Le cadre est donc validé et doté d’une très forte légitimité. Mais on ne pourra s’empêcher de regretter que le même jour, les délégué⋅es aient élu à la commission exécutive confédérale (CEC) un militant connu pour avoir eu une posture plus que complaisante sur une affaire de violences sexistes et sexuelles commises par un dirigeant de la CGT [1] Au moins ce militant est-il le plus mal élu, avec tout juste 80 % des voix, par beaucoup de délégué⋅es qui ignorent tout de son rôle dans ces affaires inconnues de la majorité des participant⋅es au congrès.
La CGT, pour autant, a bel et bien changé et on peut s’en réjouir : qui aurait imaginé il y a quelques années que le premier amendement adopté en congrès confédéral serait pour parler d’égalité de genre plutôt que d’égalité femmes-hommes, afin d’inclure les minorités de genre (trans, non-binaires…) ?
Pas de commission de médiation et de résolution des litiges
Un autre enjeu important du congrès était la mise en place d’une commission permettant d’éviter que les différends entre organisations de la CGT ne se règlent devant les tribunaux. Il existe actuellement une commission d’affiliation, compétente sur les seuls conflits de rattachement d’un syndicat (exclusion d’un syndicat de la CGT, refus de reconnaissance par la CGT d’un syndicat qui s’en revendique, conflit entre deux fédérations potentielles pour un même syndicat…). Mais le bilan de cette commission est peu probant, notamment car elle ne peut que faire des préconisations qui ne sont pas toujours suivies. Pour y remédier, la direction sortante a élaboré une proposition de refonte du protocole de résolution des conflits entre organisations, qui a été soumise à une vraie discussion en profondeur dans la CGT bien en amont du congrès.
Mais, malgré une présentation très claire et convaincante des motivations et du fonctionnement de cette nouvelle commission, qui ne pourrait être saisie que par les fédérations et unions départementales, les modifications statutaires n’ont pas atteint les 2/3 des voix requis pour leur adoption, signe encore une fois d’une réelle frilosité envers tout changement qui serait susceptible d’attenter au « fédéralisme ».
Gageons que les deux interventions de la fédération du commerce pour expliquer à quel point cette proposition était bienvenue, car elle leur éviterait de se faire attaquer en justice, n’a pas joué en faveur des modifications proposées. En effet, les pratiques contraires au fédéralisme et anti-démocratiques de cette fédération sont bien connues dans l’organisation [2], et la voir se réjouir ainsi de la protection qui lui serait apportée par cette instance a dû mettre le doute à plusieurs délégué⋅es dans la salle.
Relevons que le résultat du vote a été incertain pendant de longues heures, car il a d’abord été annoncé que les modifications étaient adoptées… avant que des organisations relèvent qu’elles devaient l’être en tenant compte des abstentions, ce qui faisait chuter le vote en faveur des modifications à 61 %, moins que les 66 % requis : les conflits entre les structures de la CGT se régleront encore (trop souvent) devant la justice ces prochaines années.
100 % Sécu ou Sécurité sociale intégrale ?
Les débats sur la Sécurité sociale ont été passionnés mais pour le moins confus. La fédération de la Chimie et des Organismes sociaux reprochaient l’abandon de la revendication du 100 % Sécu, formule qui a été rapidement réintégrée dans le document d’orientation. Cela n’a pas suffi à mettre fin aux débats : les délégué⋅es de ces deux fédérations ont défendu leurs amendements sur le sujet, en arguant que « la Sécurité sociale professionnelle s’oppose au 100 % Sécu [et] répond aux attentes du patronat formulées par le Medef ». Le débat s’est clos sur l’adoption d’un amendement clarifiant la position de la CGT sur la Sécu : « la CGT revendique le 100 % Sécu, c’est-à-dire une Sécurité sociale unifiée couvrant 100 % des besoins, financée exclusivement par la cotisation sociale et gérée démocratiquement par les travailleurs et les travailleuses ». Mais cette reconquête de la Sécurité sociale originelle [3] n’est en rien exclusive d’une extension de la Sécurité sociale à d’autres domaines, d’ailleurs revendiquée dans un autre d’amendement ! Ces mécompréhensions ont aussi été facilitées par une méconnaissance de l’histoire de la Sécu par les délégué⋅es (réclamant le retour de l’assurance chômage dans le régime général alors qu’elle n’a jamais fait partie de la Sécu… et que la Sécurité sociale professionnelle serait précisémment une forme d’intégration du chômage dans la Sécu) mais surtout par une mauvaise maîtrise de ces revendications par la tribune, qui s’est avérée incapable d’expliquer en quoi consistent la sécurité sociale professionnelle (une extension de la Sécu pour garantir un salaire entre deux emplois) et le nouveau statut du travail salarié (qui attache la qualification à la personne sur le modèle de ce qui se fait dans la fonction publique pour étendre la progression de carrière aux salarié⋅es du privé…). À l’issue de la séance, une même question revenait dans la bouche de la majorité des délégué⋅es : « mais qu’est-ce donc que ce NSTS et la Sécurité sociale professionnelle ? »
Structuration : les syndicats professionnels en territoire sont validés
La proposition de syndicats professionnels en territoires a été légèrement amendée, pour renforcer la place des syndiqué⋅es et des structures interpro dans la création de ces syndicats. Le débat sur le sujet [4] a été l’occasion de plusieurs interventions intéressantes tirant des leçons d’expériences concrètes. Mais il a aussi permis l’expression de positions hors-sol et bien arrêtées sur la structuration syndicale. Un camarade de la RATP Bus a ainsi affirmé au nom de sa fédération que « ce qu’on porte : une entreprise, un syndicat. » Une ligne pour le moins inquiétante quand on sait que la RATP est en train d’être découpée en de multiples entités : la CGT RATP va-t-elle être saucissonnée à son tour pour coller au périmètre des CSE des lots privatisés ? Ce serait catastrophique pour l’activité syndicale en enfermant les militant⋅es sur leurs instances et les tâches bureaucratiques nécessaires au fonctionnement d’un syndicat. A contrario, lorsque la SNCF a été éclatée, la fédération des Cheminots a limité la casse en ne s’engouffrant pas dans la division voulue par le patronat et n’a pas créé des syndicats SNCF Réseau, SNCF Gares et connexions et SNCF Voyageurs…
Autosatisfaction et petites blagues : quel projet confédéral ?
Le congrès est l’occasion pour la direction confédérale renouvelée de formuler ses analyses et d’exprimer ses perspectives pour les années à venir. Le mot d’ordre était de mettre en avant les victoires, d’être la « CGT des bonnes nouvelles ». Mais il a été pris trop à la lettre, au point de faire passer au second plan l’état réel de l’organisation, et de grossir la place dans la CGT dans certains événements politiques à un niveau qui confine au ridicule (la CGT aurait « eu la peau » de tous les gouvernements successifs de Macron, elle aurait repoussé la majorité des réformes présidentielles récentes, aurait fait reconnaître l’État de Palestine…). Une citation encore, mise en exergue dans le journal du congrès, résume le niveau d’auto-satisfaction : « la start-up nation voulait enterrer le syndicalisme, finalement c’est le syndicalisme qui a enterré la start-up nation ».
Savoir mettre en avant ce qu’on gagne est vital, mais il faut savoir être réalistes sous peine de se priver de toute crédibilité. Un délégué des métaux de l’Ariège racontait ainsi vivre, sur le plan syndical, un « naufrage quotidien que la conf semble regarder de loin ». Un grand sentiment de décalage donc, y compris sur les luttes gagnantes, qui auraient été remportées grâce à l’action d’une mystérieuse « coordination des luttes confédérale », structure quelque peu obscure aux yeux des militant⋅es qui ont œuvré sur le terrain avec acharnement jusqu’à la victoire et ont été surpris⋅es de la place donnée à celle-ci.
Les perspectives données ne sont pas à la hauteur : des slogans et des petites blagues (les rats ressassés jusqu’à plus-soif [5]), des annonces un peu grandiloquentes (« nous avons mangé du lion et nous ne nous laisserons pas faire ! », « M. Lecornu, si vous ne voulez pas remplir à votre tour le cimetière des premiers ministres, prenez l’argent là où il est ! »), une semaine d’action sur les salaires sortie de nulle part à partir du 22 juin… Mais tout cela sonne un peu creux, un peu déconnecté du vécu réel des syndicats sur le terrain et même des analyses portées par la direction confédérale lors congrès.
Car ces discours d’auto-célébrations tranchent avec la lucidité exprimée sur les questions de vie syndicale : mettre fin au syndicalisme par procuration, aux dérives du fédéralisme vers une « union de syndicats franchisés, qui font chacun leur vie et se retrouvent seulement une fois tous les trois ans pour le congrès », etc. Mais arrivera-t-on à effectuer les changements organisationnels nécessaires à ce que la CGT redevienne un syndicat de lutte sans regarder la réalité en face sur l’état de nos structures ? Sans admettre que toutes les luttes gagnantes que nous mettons en avant, toutes les implantations que nous créons, tous ces efforts d’organisation dont nous nous félicitons à juste titre, sont en réalité davantage des exceptions que la règle ? Et surtout, sans trancher le pont nodal du débat que la CGT devra affronter pour ne pas couler doucement entre deux eaux : syndicalisme de dialogue social ou syndicalisme de luttes et de négociation collective – c’est-à-dire capable de construire des mobilisations gagnantes qui se soldent par des accords (d’entreprise, de branche, interpros…) bénéfiques aux salarié⋅es ?
La CGT ne se relèvera pas sans poser explicitement le débat dans ces termes, et aujourd’hui il ne l’est jamais. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est un choix bien différent de celui posé par les oppositionnels à la direction confédérale de la fédération de la Chimie et autres, tendance Unité CGT, etc. : le qualificatif bien confortable de « révolutionnaire » autorise une posture verbale radicale tout en évitant l’examen matérialiste de l’action réelle de l’organisation, de ses sources de financement, et des influences de ses engagements institutionnels sur l’action quotidienne.
Pour le dire autrement, il n’y aura pas de dynamique de renforcement réel de la CGT tant que celle-ci sera une organisation tournée vers le paritarisme [6], et financée majoritairement par ce biais. Car tant que nous resteront dans ce cadre, peu importe la radicalité des discours, les adhérent⋅es ne seront pas une ressource vitale à la vie du syndicat, mais davantage une source d’emmerdement pour des fédérations qui se financent très largement autrement qu’avec les cotisations. Les oppositions ne vont jamais sur ce terrain, et pour cause, elles sont souvent elle-mêmes issues d’organisations qui bénéficient largement du paritarisme, tout en conservant une capacité à mener des combats dans certains anciens bastions ouvriers à statut. La question d’une CGT redéployée en territoires pour engager le salariat dans toute sa diversité sur des luttes gagnantes reste à poser.
Ce 54e congrès n’aura guère fait avancer les choses dans la clarification de cette opposition fondamentale. Mais il en a fait ressortir d’innombrables manifestations, notamment dans les tensions entre organisations ou la posture de certaines fédérations. Le statu quo, conforté par la stabilisation des adhésions, permet de repousser encore les transformations profondes à opérer, mais il ne met pas fin à la crise durable que traverse la CGT. Pour que les années à venir ne soient pas perdues dans l’accumulation de forces nécessaires face à l’extrême-droite, il faudra les consacrer à mettre en place des syndicats professionnels en territoire partout là où ce sera pertinent, et en tirer le bilan au 55e congrès en espérant qu’il permetta d’aller plus loin dans l’élaboration d’un modèle syndical à la hauteur des enjeux.
[1] Voir le communiqué de la CGT Éduc’action 94 publié en 2025, en ligne ; ainsi que le courrier de ce militant lorsqu’il avait démissionné de la CGT en protestation contre la suspension de l’agresseur : courrier du 14 mars 2022, en ligne.
[2] On en trouvera quelques exemples sur le blog Où va la CGT dans un dossier « La lutte dans la Fédération du Commerce et des Services », en ligne ; qui revient notamment sur l’annulation du congrès de la fédération en 2018, annulation confirmée en appel – un cas où la justice bourgeoise a montré plus d’attachement à la démocratie syndicale que la direction confédérale de la CGT…
[3] Sur cet aspect du rôle des syndicats dans la construction et la gestion de la Sécu, voir Pour une sécurité sociale syndicaliste.
[4] Voir notre résumé des positions en présence : « 54e congrès de la CGT : vers des syndicats professionnels en territoire ? », mai 2026, en ligne.
[5] Fin 2025, Sophie Binet est attaquée pour injures publiques après avoir comparé les patrons qui délocalisent à des « rats qui quittent le navire » : elle ne se privera pas de rejouer à l’envie cette image du rat lors du congrès.
[6] Le paritarisme permet le financement des organisation syndicale par le patronat au titre de leur participation au dialogue social, en particulier au niveau des différentes branches professionnelles.












