1er Mai : la bataille CGT

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Rappel : les axes de réflexions et de bataille CGT sur la défense du 1er Mai. 

La bataille de la CGT pour défendre le 1er mai

Publié le 24 avr. 2026
Par nos alertes syndicales permanentes et nos mobilisations aux moments cruciaux, nous avons gagné une première victoire avec l’enterrement de la proposition de loi Attal qui aurait permis de faire travailler des millions de salarié·es le 1er mai (grande distribution, établissements culturels, industrie agroalimentaire, commerces de bouche, jardineries et animaleries…). Cependant, il s’agit d’une victoire extrêmement fragile, en témoigne le projet de loi déposé finalement par le Premier ministre.
Imagette
visuel 1er mai

Aujourd’hui le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré

D’après le code du travail (une convention collective ou le contrat de travail ne peut pas y déroger).

La loi ne prévoit une dérogation que pour les « établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail ».

C’est à la tentative d’élargissement de cette dérogation, et donc à la banalisation du travail le 1er mai, que les macronistes, la droite et l’extrême droite s’attèlent depuis des mois, en réponse à un lobbying patronal intensif. Il nous faut poursuivre le combat pour défendre le 1er mai pour l’ensemble du monde du travail et empêcher cet élargissement des dérogations.

Alors qu’on a entendu tout et son contraire sur la question, avec une confusion savamment entretenue par les pourfendeurs du 1er mai, un retour sur le parcours de la proposition de loi puis du récent projet de loi permet de bien cerner les intentions du gouvernement et de mesurer le travail syndical qui a été mené contre cette attaque. Et construire la suite pour empêcher ce recul et défendre NOTRE 1er mai ! 

Grâce aux alertes syndicales (ici et ici), nos batailles CGT, la remise en cause du 1er mai est passée de 2 millions de salarié·es concernés·es à 200 000.

C’est toujours trop !

 

 

Un projet de loi qui demeure inacceptable

Une brèche ouverte pour l’ensemble du monde du travail

Actuellement seuls les secteurs de la boulangerie-pâtisserie et fleuristes sont visés dans le projet de loi, mais on sait qu’une fois qu’un principe saute, la dérogation s’étend progressivement. Si l’objectif est d’en faire une « opportunité commerciale pour les entreprises » qui pourraient faire travailler des salariés, d’autres secteurs voudront assurément s’en emparer.

Ce projet de loi ouvre une brèche dans l’exceptionnalité du 1er mai. 

L’absence d’incertitude ou d’insécurité juridique

Pour motiver leur attaque du 1er mai, les organisations patronales et leurs porte-paroles au gouvernement prétendent que la loi actuelle serait floue en ce qu’elle ne définirait pas les « établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail » le 1er mai.

Les activités actuellement concernées sont en réalité connues : hôpitaux, usine à feu continu, fournisseurs d’énergie, hôtellerie, quelques transports… D’ailleurs, les 5 boulangeries dont la verbalisation est à l’origine de toute cette séquence ont finalement été relaxées dès lors que les juges ont relevé que ces boulangeries assuraient une activité de livraison auprès des EPHAD. Ici, on voit bien la différence entre une telle activité et celle consistant à la vente de pain aux particuliers qui, elle, peut s’interrompre ce seul jour de l’année.

Deux secteurs professionnels particulièrement extensibles

Boulangeries-pâtisseries : 180 000 salariés
Du fait de la définition du secteur par la Convention Collective Nationale des boulangeries pâtisseries, des entreprises à établissements multiples risqueront d’être concernées comme les grosses boulangeries Eric Kayser, ou Bo&mie.

Fleuristes : près de 20 000 salarié·es
Même si le projet de loi ne parle que des fleuristes artisanaux, il existe un risque d’extension du fait que leur Convention Collective Nationale couvre également les grandes jardineries (Jardiland). Plusieurs groupes peuvent être concernés comme Monceau à l’instar de Jardiland, ou encore plusieurs franchisés Interflora.

Le volontariat n’existe pas en droit du travail

Pour rassurer et calmer les oppositions, il a été ajouté très tôt dans la proposition puis dans le projet de loi la condition du « volontariat » du salarié, à recueillir par écrit. L’ensemble des organisations syndicales ont eu l’occasion de s’exprimer à l’unanimité sur la fiction que représente le volontariat dans l’entreprise. En effet, au vu du lien de subordination inhérent au contrat de travail, du pouvoir d’embauche et de la crainte du licenciement, il ne peut y avoir de volontariat. Cela est d’autant plus fort dans des secteurs à faible pouvoir de négociation individuelle et collective, que sont les TPE et les secteurs du commerce.

Comme le travail du dimanche, les salarié·es seront en pratique contraint·es d’accepter de travailler le 1er mai. 

Qui peut imaginer le volontariat dans les entreprises de la boulangerie quand l’effectif moyen est de 6 salarié·es ? Les TPE sont majoritaires dans ces secteurs.

Et si des salarié·es se disent “volontaires” c’est parce notamment parce que que les salaires sont trop faibles !

L’arnaque du « payé double »

On l’a vu avec le travail le dimanche, une fois que le travail se normalise il n’y a très vite plus de majorations.

D’ailleurs, les salarié·es ne sont pas « payés double » s’ils et elles travaillent le 1er mai.

Par rapport aux autres salarié·es qui n’ont pas à travailler le 1er mai et sont payé·es quand même obligatoirement, les salarié·es qui travaillent le 1er mai ne sont payé·es qu’une fois de plus. Ils et elles sont donc payé·es “simple” pour la journée travaillée.

Particulièrement concernées par ces métiers, les femmes seront d’autant plus pénalisées qu’aucun service de garde d’enfant ne sera disponible ce jour-là.

Un appel à la fraude pour le 1er mai 2026

Publier ce projet de loi 10 jours avant le 1er mai 2026, en parallèle d’annonces visant à rassurer les employeurs sur le fait qu’ils ne subiront aucune sanction en cas de non-respect du code du travail cette année, est une démarche de fragilisation de l’inspection du travail, des parquets et des juges des tribunaux de police, et ni plus ni moins qu’un appel à la fraude !

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