Penser l’aéronautique de demain (PAD)

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Le collectif Penser l’aéronautique de demain (PAD), constitué à Toulouse au moment de la pandémie COVID afin de penser ses effets sur le transport aérien, reprend des initiatives dans le contexte. Il a regroupé depuis 2022 des syndicats et des associations : CGT (dont Airbus), la FSU, Solidaires, Copernic, Attac, etc. Copernic Toulouse (merci pour ces infos) s’adresse à nouveau aux organisations et à la population pour prendre de nouvelles initiatives en vue d’une « bifurcation » dans le transport aérien.

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Nous publions ci-après :

  • L’invitation de Copernic ;
  • Le document de réflexion du PAD mis à jour
  • Le rappel du document de 2022 (signé de toutes les organisations) : télécharger : appel aviation final avec signatures logos-1
  • Et la « Gazette de la cégète« ,  CGT Airbus, dont on peut mesurer l’innovation du débat sur ces sujets qui touchent aussi l’emploi à venir, ainsi qua la manière de travailler.

INVITATION (COPERNIC)

Bonjour à tou·tes

La situation dans le transport aérien et la construction d’avions est aujourd’hui très ambigüe.

Le trafic aérien a retrouvé ses niveaux d’avant Covid avec cependant des situations contrastées selon les territoires.

Les carnets de commandes sont pleins mais les constructeurs peinent à atteindre leurs objectifs de production.

Les actionnaires, d’Airbus en particulier, se frottent les mains avec des bénéfices record. Et, pendant ce temps-là, les salarié·es, dans les ateliers comme dans les bureaux, sont soumis à des pressions de production pénibles, les mesures de « compression des coûts » frappent tous les services et les primes de participation voient leur niveau baisser de manière importante. Les riverains des aéroports voient toujours leur santé mise à mal par le survol des avions à basse altitude.

L’avion à hydrogène a été remis aux calendes grecques, l’utilisation des carburants d’aviation « durables » reste anecdotique et, suite à la guerre au Moyen-Orient, le prix du kérosène explose en fragilisant notablement toute la filière du transport aérien. Faillites et concentration sont à l’ordre du jour dans les compagnies aériennes avec les compagnies low cost « en première ligne ».

Et pendant ce temps-là, les conséquences du réchauffement climatique, en passe d’être hors contrôle, rendent de facto caduc l’objectif de l’accord de Paris. La possibilité d’un monde décarboné s’éloigne de plus en plus et l’aviation, qui doit prendre toute sa part dans cet enjeu, voit son avenir s’assombrir.

Les conséquences sur la situation économique et sociale du secteur aéronautique, en particulier à Toulouse et son agglomération, vont être très graves. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois, directs et indirects, qui sont menacés à court-moyen terme. Dire cela n’est pas alarmiste, c’est simplement lucide.

Le 3ème volet de la gazette de la CGT d’Airbus consacrée à l’environnement vient d’être éditée. Ce numéro « mets les pieds dans le plat » et mérite toute l’attention de celles et ceux qui ont conscience que le combat pour la birfucation écologique ne pourra se faire que par une convergence des analyses et des actions entre les citoyen·nes mobilisé·es pour la bifurcation écologique et les salarié·es dans les entreprises.

« Fin du Monde, fin du mois, même combat », ce slogan du début des années 2020 garde toute sa pertinence.

En février 2022, nous avions su, syndicalistes et associations, nous mobiliser ensemble lors du « Sommet de l’aviation ».

Il ne tient qu’à nous, sous des formes à définir conjointement, de recommencer.

Nous vous invitons à une réunion le jeudi 25 juin à 16h à la Bourse du travail.

 

Un appel pour agir ensemble (PAD) : 

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Le réchauffement climatique est là et continue sa progression avec tous les désordres (ouragans, tempêtes, sécheresses, canicules, inondations, submersions côtières, mégafeux…) qui l’accompagnent et qui ne vont faire que se développer dans les années et décennies qui viennent.

La guerre des métaux, basée sur un extractivisme débridé, fait rage avec son lot de guerres néocoloniales et de destructions environnementales, la plupart du temps irréversibles.

L’eau, ressource élémentaire pour pouvoir simplement vivre, devient une simple marchandise accaparée pour, entre autres, porter le développement exponentiel de l’industrie numérique avec l’IA comme nouvelle matrice du développement du capitalisme.

Les négationnistes climatiques, portés par la vague réactionnaire voire fasciste dont Trump, Modi, Milei et consorts sont la plus directe expression, génèrent un backlash d’ampleur visant à discréditer toutes celles et ceux qui demandent une bifurcation urgente vers un monde décarboné, habitable pour tou·tes, partout sur la planète.

Et puis, il y a les guerres d’aujourd’hui. En Ukraine depuis 4 ans suite à l’invasion russe, au Moyen Orient sous l’égide du « couple infernal » Trump/Netanyahou avec ses conséquences sur l’économie mondiale et sur les carburants en particulier.

Et peut-être les guerres de demain portées par l’affrontement possible entre les Etats-Unis, puissance en perte de vitesse, et la Chine, devenue première économie mondiale.

Les temps sont sombres.

Souvenons-nous.

Il y a 6 ans, nous étions en pleine pandémie Covid 19 et le trafic aérien était quasiment à l’arrêt. Celui-ci a mis plusieurs années pour retrouver, en 2024, son niveau de 2019 avec des situations contrastées ; à titre d’exemple, le transport aérien, en France, peine à retrouver ses niveaux d’avant Covid. Et à Toulouse particulièrement, l’aéroport est toujours en berne avec un niveau de trafic inférieur à celui de la période pré-Covid. Quant à la production d’avions et malgré des carnets de commande record, celle-ci est toujours fortement perturbée, entre autres en raison des conséquences de la désorganisation des chaines d’approvisionnement issue des mesures, licenciements en particulier, prises par constructeurs et les sous-traitants durant la période pandémique.

Mais, pour les actionnaires d’Airbus, tout va bien avec plus de 5 milliards de bénéfices en 2025 dont la moitié seront distribués en dividendes…

Pourtant, la contribution, notable, du transport aérien, mode de déplacement qui, rappelons-le, ne concerne que 15% de la population mondiale, la plus riche en fait, au réchauffement climatique est aujourd’hui, un constat avéré. Le travail d’analyse effectué par les scientifiques et les chercheurs, les salariés eux-mêmes au cœur des entreprises, les citoyens organisés dans les ONG depuis le début des années 2020 (la Covid 19 et ses conséquences ont été un accélérateur de la prise de conscience) a conduit à la remise en cause du « tout aérien ». De manière structurelle, il ne sera plus possible de voler comme avant. L’horizon d’un doublement du transport aérien et donc de la production d’avions dans les 20 ans, annoncé en boucle par les constructeurs et les compagnies aériennes ces dernières années, est de moins en moins crédible. Le projet d’avion à hydrogène a, de fait, été abandonné « en rase campagne », une fois son rôle de leurre et de pourvoyeur de subventions publiques terminé. Les carburants d’aviation « durables », quels qu’ils soient, sont tellement consommateurs de ressources et d’électricité pour leur production, qu’ils ne pourront jamais couvrir les besoins de l’aviation au niveau espéré par le secteur aérien. Quant au kérosène, la guerre actuelle au Moyen Orient nous montre que ce carburant va devenir de plus en plus cher et que sa production va entrer en concurrence frontale avec les autres usages de la ressource pétrolière.

Que ce soit volontaire pour que le transport aérien prenne toute sa part dans les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050 ou bien de manière contrainte par manque de carburant, le transport aérien n’atteindra pas les niveaux annoncés de trafic par les opérateurs du secteur. Et il devra même décroître à des niveaux inférieurs à ceux de la période pré-covid.

Les conséquences de cette situation sur la production d’avions vont entraîner une baisse de celle-ci en privilégiant d’abord le renouvellement des flottes ; et ce sont, chaque année, plusieurs centaines d’unités qui ne sortiront pas des chaînes d’assemblage. Tous les territoires, en France mais aussi sur tous les continents dans lesquels sont localisés les entreprises du secteur, vont être touchés par cette réduction de la production. Rien que dans la région toulousaine, ce sont des dizaines de milliers d’emplois, directs et indirects, qui sont en jeu. Et il convient aussi de prendre en compte les impacts de cette situation sur les secteurs d’activité directement liés au transport aérien comme le tourisme, 10% du PIB mondial, dont le développement international est directement dépendant du transport aérien.

 

Face à cette situation dont les contours sont aujourd’hui bien définis, les salarié·es dans les entreprises, les citoyen·nes dans les territoires doivent agir ensemble pour analyser la situation, élaborer collectivement les alternatives et les mesures à prendre pour bifurquer vers un monde soutenable, pour sortir de l’ivresse pétrolière dont les conséquences sur nos vies sont avérées. Les savoir-faire, les compétences sont multiples, sont disponibles et il ne tient qu’à nous de prendre nos affaires en main. Là où certains ne voient que des menaces, ou bien que d’autres refusent de voir l’impasse où nous conduit un système économique basé uniquement sur la recherche du profit, la définition des besoins est un acte central de la construction d’une alternative. Une agriculture paysanne, débarrassée de la chimie et respectueuse de la ressource en eau, un secteur de la construction et de la rénovation des bâtiments tourné vers la diminution drastique de la consommation d’énergie et permettant à tou·tes d’être logé·es dignement, l’électrification bas carbone des process dans tous les secteurs d’activité et de déplacement sont aujourd’hui quelques-unes des pistes de reconversion, de diversification, de déconcentration qui ne demandent qu’à être mises en œuvre. Mais au-delà, il est aussi question de la diminution du temps de travail (travailler moins pour travailler tou·tes) et des moyens financiers à mobiliser. Une fiscalité ciblée comme la mise en place de la TGVA – Taxe Grand Voyageurs Aériens – permettrait, tant de diminuer le transport aérien que de dégager, sous contrôle citoyen, les milliards d’euros qui seront nécessaires pour bifurquer.

Le chantier qui s’ouvre est immense. Il ne tient qu’à nous de nous en emparer. Sur nos lieux de production, dans les ateliers et les bureaux, dans nos villes et nos quartiers, dans nos villages nous devons réfléchir ensemble pour définir nos besoins, pour créer des réseaux de solidarité, pour nous emparer de notre avenir.

Ne comptons pas sur ceux qui ont créé cette situation pour la résoudre. Le collectif « Pensons l’Aéronautique pour Demain » – PAD

 

Visuel : la Gazette de la Cégète : 

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