Retraites : la confrontation a commencé

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Depuis décembre 2025, à l’initiative du Ministre du travail, se sont tenues au Conseil économique, social et environnemental (CESE), des travaux de réflexions sur le thème Travail-Emploi-Retraites (TER) avec tous les syndicats (mais pas le MEDEF qui a refusé), et des « experts » publics et privés (voir notre article : http://syndicollectif.fr/?p=27419). Le résultat prend la forme d’un rapport sous la responsabilité de trois experts ou « garants » du processus. La question est déjà au coeur du débat présidentiel. Ci-dessous les réactions syndicales (à compléter au fur et à mesure), contrastées,  suite à ce rapport.

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DÉCLARATION DE YVAN RICORDEAU, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT DE LA CFDT

N°34- 16 SEPTEMBRE 2026

Travail, emploi, retraites : c’est dans cet ordre qu’il faut affronter les enjeux d’avenir 

Après six mois de débats et de discussions entre partenaires sociaux, les trois garants de la conférence Travail Emploi Retraites ont remis leur rapport au Premier ministre.

La CFDT se félicite de ce travail au long cours, associant de façon inédite secteur privé et public, qui a permis d’aborder sereinement les grands enjeux économiques et sociaux. Il répond à une exigence inlassablement répétée par la CFDT depuis 2023 : avant d’aborder le sujet des retraites et l’amélioration du taux d’emploi, traitons les questions de conditions et d’organisation du travail. Remettre le dossier à l’endroit était une nécessité. Ce rapport y contribue. 

La prévention des risques professionnels et la réparation de la pénibilité, priorités exprimées par la CFDT, font explicitement partie des sujets bien traités.

Sur l’emploi, l’accent est mis sur la nécessaire anticipation et adaptation aux mutations du monde du travail, sur l’insertion des jeunes, le maintien dans l’emploi des seniors et l’indispensable droit de regard sur l’efficacité des aides publiques accordées aux entreprises, comme la CFDT le revendique.

La CFDT salue la position des garants qui, dès les premières lignes du chapitre consacré aux retraites, lèvent toute ambiguïté : tous les partenaires sociaux autour de la table ont affirmé leur attachement au principe de répartition. Ils soulignent un peu plus loin que ce débat ne peut pas se résumer au seul paramètre de l’âge. L’enjeu de la gouvernance (c’est-à-dire la méthode pour faire évoluer le système) est clairement mis en avant tandis que l’introduction d’une dose de capitalisation n’est abordée qu’à la marge non comme une solution magique.

Cette contribution collective est précieuse. Cela ne gomme pas ses manques ou ses insuffisances mais à quelques mois d’une échéance électorale importante pour répondre aux enjeux économiques et sociaux et adapter le monde du travail aux impacts des mutations écologiques et numériques, elle pose les bases d’un débat sérieux et argumenté.

Pour la CFDT, ces constats doivent désormais déboucher sur des actions concrètes, ancrées sur la qualité du travail et de l’emploi. Cette contribution peut nourrir les débats parlementaires mais aussi booster les négociations futures dans lesquelles la CFDT s’engagera en toute responsabilité.

 

 

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Communiqué de presse

Conférence TER : un rapport qui n’engage que ses auteurs

 

Après plus de six mois de mobilisation et des millions de travailleuses et de travailleurs dans la rue contre la réforme des retraites, la CGT a participé à la conférence Travail Emploi Retraites avec des objectifs clairs :

  • Débattre du financement de l’abrogation de la réforme des retraites,
  • Faire le bilan des ordonnances Travail et identifier les moyens de prévenir les accidents, les morts au travail, les maladies professionnelles et la pénibilité,
  • Identifier les moyens d’augmenter les salaires, réaliser l’égalité professionnelle F/H et lutter contre le chômage des jeunes et des seniors, autant de leviers de financements de nos

La bonne idée de la conférence consistait à commencer par décaler l’application de la réforme des retraites puis aborder tous les aspects des carrières, au travail puis à la retraite, ce qui avait fait fuir le Medef.

44 séances de travail…pour rien ?

La CGT a découvert ce mercredi 16 septembre le rapport de la conférence Travail Emploi Retraite. Alors que la conférence TER était supposée faire un état des lieux des convergences et divergences entre organisations syndicales et patronales, alors que les « garants » étaient mandatés par le Premier ministre pour « veiller à l’esprit de coconstruction avec les partenaires sociaux », le rapport comporte des préconisations des garants qui n’ont jamais été négociées, validées, voire même parfois jamais mises en discussion au cours des 44 séances de travail.

La réforme des retraites du MEDEF

Les garants reconnaissent qu’une réforme des retraites systémique à points et que la suppression d’un âge de départ est inenvisageable. Cependant, ils préconisent une nouvelle réforme des retraites en prétendant qu’il y aurait des « voies de passage » autour de trois axes :

  1. L’introduction d’un âge d’équilibre, avec une forte pénalisation financière pour les travailleurs et travailleuses qui partiraient avant cet âge. Un moyen hypocrite de reporter l’âge de départ en retraite sans réforme…
  2. Une règle d’or pour bloquer les ressources de notre système de retraite et reporter automatiquement l’âge d’équilibre en même temps que les gains d’espérance de vie,
  3. Grâce à la bataille de la CGT, les garants ont été obligés de reconnaître les nombreux écueils de la Cependant, ils valorisent les arguments de la CPME en faveur d’un étage de capitalisation obligatoire pour faire de nos retraites un nouveau marché financier.

Il y a ici un problème démocratique majeur : l’âge d’équilibre et la règle d’or n’ont pas été débattus lors de la conférence TER. Ils apparaissent dans le rapport par la seule volonté de ses auteurs. Quant à la capitalisation, elle n’a été demandée que par une seule organisation parmi les participant·es. Comment un rapport censé restituer les débats peut-il faire passer pour des conclusions collectives des propositions qui n’ont pas été discutées collectivement ? La ficelle est d’autant plus grosse que le MEDEF, lui, a boycotté la conférence, mais visiblement, ils ont quitté la table sans quitter le rapport.

Des départs anticipés en trompe l’œil

Le rapport reprend certaines revendications de la CGT pour permettre des départs anticipés pour pénibilité. Cependant, cette avancée est neutralisée par la menace de suppression du dispositif « carrières longues » qui permet chaque année à un·e salarié·e sur 6 de partir plus tôt à la retraite. Pourtant, seule une organisation patronale a porté ce point

Des manques majeurs

De nombreuses propositions, pourtant portées par une large majorité d’organisations, ne figurent pas dans le rapport et notamment l’abrogation de la réforme des retraites dont la possibilité n’est même pas envisagée, la conditionnalité des aides publiques, le rétablissement des CHSCT, l’augmentation des salaires, la lutte contre l’autoentrepreneuriat imposé et abusif… Les questions d’égalité femmes hommes sont minorées, ne mentionnant que l’écart de 4% sur un même poste et ne prenant pas en compte la différence de 22% relevée par l’INSEE.

La CGT se dissocie totalement de ce rapport qui ne reflète ni les débats ni l’équilibre des positions de la conférence TER. Jamais dans l’histoire sociale, il n’y a eu de consensus entre les organisations patronales et syndicales sur la question des retraites. L’objectif de cette conférence était d’éclairer et d’objectiver les désaccords pour permettre qu’ils soient tranchés de façon démocratique. La CGT réitère donc sa proposition d’un référendum sur l’abrogation de la réforme des retraites. Une large majorité de salarié·es demandent toujours son abrogation et exigent même la retraite à 60 ans. Cette volonté doit être entendue !

Montreuil, le 17 septembre 2026

 

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Download iconConférence Travail, Emploi, Retraites : transformer les convergences en avancées concrètes

Après six mois de travaux, les garants de la Conférence Travail, Emploi, Retraites ont rendu leur rapport.

Pour l’UNSA, cette conférence démontre une nouvelle fois l’utilité du dialogue social. Lorsque les conditions sont réunies, les partenaires sociaux sont capables de confronter leurs positions, de faire émerger des convergences et d’identifier clairement les désaccords.

Elle confirme surtout une conviction exprimée par l’UNSA depuis le début : on ne peut pas parler des retraites sans traiter d’abord du travail et de l’emploi.

L’emploi des jeunes et des seniors, les conditions de travail, les salaires, la pénibilité, l’usure professionnelle, l’égalité entre les femmes et les hommes, les parcours professionnels, les freins périphériques ou encore les temps partiels subis doivent être au centre des prochaines discussions.

Avant de demander aux salariés de travailler plus longtemps, encore faut-il leur permettre d’entrer dans l’emploi, d’y rester et ce dans de bonnes conditions.

L’UNSA soutient également le développement du dialogue professionnel, qui doit permettre aux salariés et aux agents publics de s’exprimer davantage sur leur travail réel, son organisation, son contenu et ses transformations. Ce dialogue ne saurait se substituer au dialogue social et à la négociation collective : il doit au contraire les enrichir.

Sur la santé au travail, priorité doit être donnée à la prévention et à l’amélioration de l’organisation et des conditions de travail. La responsabilité ne peut reposer sur les seuls travailleurs. Les employeurs et les décideurs doivent assumer leur rôle en matière de prévention, de management et de lutte contre les risques psychosociaux.

La transformation du travail liée à l’intelligence artificielle doit, elle aussi, être anticipée et négociée. Pour l’UNSA, l’enjeu ne peut pas se limiter à former les travailleurs aux nouveaux outils. Il faut débattre de notre choix de société, de l’encadrement des usages, de leurs conséquences sur l’emploi, sur le partage des gains de productivité, sur les conditions de travail et le financement de notre protection sociale.

Concernant les retraites, l’UNSA réaffirme son attachement au système par répartition et refuse que l’âge de départ et la durée de cotisation demeurent les seules variables d’ajustement.

L’avenir des retraites passe d’abord par davantage d’accès et de maintien dans l’emploi, de meilleurs salaires, une véritable égalité professionnelle, une meilleure prise en compte de la pénibilité et des carrières plus soutenables.

L’UNSA considère également nécessaire de renforcer le rôle des partenaires sociaux dans le pilotage du système de retraite, tout en maintenant pleinement la responsabilité de l’État et en évitant tout mécanisme susceptible de générer un blocage.

Enfin, l’UNSA regrette la faiblesse des propositions s’agissant de la fonction publique. Rien sur les traitements et les salaires ni sur la prise en compte des primes dans le calcul des pensions. Cependant, le rapport reprend notre demande d’ouvrir le Compte professionnel de prévention (C2P) aux agents de la fonction publique afin de mieux prendre en compte la pénibilité, alors même que les agents publics sont confrontés, comme les salariés du privé, aux enjeux d’usure professionnelle, de sens du travail, de management et de transformations technologiques.

La méthode retenue a permis de dégager des convergences. Elles doivent maintenant se traduire dans les faits. Pour l’UNSA, le véritable test commence aujourd’hui : transformer les constats partagés en avancées concrètes pour les travailleurs, sans faire une nouvelle fois peser les ajustements sur les seuls salariés et agents publics.

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Le rapport Combrexelle qui met un point final à la conférence Travail – Emploi – Retraites entamée en décembre dernier vient d’être remis au Premier ministre. L’Union syndicale

Solidaires regrette que les garants aient pris la liberté de proposer leurs propres pistes plutôt que de reprendre les éléments d’équilibre issus de plusieurs mois d’échanges.

La proposition d’introduire la capitalisation faite par une seule organisation patronale est ainsi mise en avant alors qu’elle rejetée par les autres participants. Pour Solidaires, la capitalisation sonne le début de la fin d’un système par répartition et donne la main aux assurances privées, livrant ainsi les retraites au marché. De même s’agissant de la proposition de suppression des carrières longues portée également par le seul patronat, alors que cette mesure permet à de nombreux salarié-es de partir plus tôt.

Le rapport reprend de plus des propositions qui n’ont jamais été débattues en séance. Ainsi d’une « règle d’or » destinée à bloquer les recettes pour alimenter le système de retraites et d’un « âge d’équilibre » dont l’évolution dépendrait de l’espérance de vie et et qui serait couplé à une forte décote si l’assuré-e avait l’idée de partir avant cet âge ! Ce qui revient ainsi à faire disparaître toute notion d’âge légal de départ qui d’ailleurs a disparu du rapport….  A croire que le Medef qui était pourtant absent des discussions de la conférence en a pourtant écrit le rapport final !

Pour Solidaires cet écrit est en réalité le programme d’une nouvelle contre-réforme qu’il faut donc combattre. L’Union syndicale Solidaires dénonce cet exercice de com’ patronale et de simili “dialogue social”.

Solidaires défend une retraite solidaire, financée par la répartition, garantissant à toutes et tous un départ à 60 ans, des pensions dignes et la reconnaissance de la pénibilité et des carrières longues.

Solidaires poursuivra la bataille pour l’abrogation de la réforme des retraites de 2023 et contre tout nouveau recul des droits des travailleurs et travailleuses.

L’Union syndicale Solidaires appelle à se mobiliser massivement le 29 septembre et à mettre en débat la grève partout où c’est possible.

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