Pratiques policières : 3ème rapport de l’Observatoire de Toulouse

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInEmail this to someonePrint this page

L’Observatoire des pratiques policières, créé à Toulouse à la fin de 2016, publie son troisième rapport, issu de l’observation de 220 manifestations, dont certaines extérieures à Toulouse (Sainte-Soline). L’Observatoire est né d’un travail collectif réunissant la Fondation Copernic (notamment son antenne toulousaine), de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et du Syndicat des avocats de France (SAF). Nous donnons accès à tout le document, publions le préambule qui explique la méthode, et donnons à lire un extrait comparant la situation à Sainte-Soline en 2023 avec celle de Sivens (mort de Rémi Fraisse) en octobre 2014. 

police

Préambule

Le 17 avril 2019, l’Observatoire toulousain des Pratiques Policières – OPP rendait public, lors d’une conférence de presse puis lors d’une réunion publique à la Bourse du travail, en présence de plusieurs centaines de personnes, un rapport intitulé « Toulouse : un dispositif de maintien de l’ordre disproportionné et dangereux pour les libertés publiques » . Ce rapport était basé sur deux années d’observation des manifestations de rue à Toulouse. Deux années plus tard, en avril 2021, les observateur·es ont rédigé un second rapport : « L’Observatoire toulousain des Pratiques Policières – 4 ans après ».

Après avoir observé près de 220 manifestations, nous produisons ce troisième rapport. Il diffère des deux précédents sur plusieurs points.

  • Nous l’avons souhaité plus analytique dans la présentation du maintien de l’ordre à la française mis en place par plusieurs gouvernements En prenant toujours appui sur nos observations empiriques, nous avons essayé de comprendre quels types de doctrines sous-tendent le fait de blesser, et parfois très grièvement, plusieurs centaines de personnes en France.
  • Il s’est enrichi de nos expériences extérieures à Toulouse : la manifestation de Sainte-Soline et celles contre l’autoroute Ces trois manifestations, à des degrés divers, nous ont vu·es mixer nos équipes d’observateur·es avec des personnes d’autres villes. En outre, la manifestation de Sainte-Soline a été l’occasion de mettre en place un inter-observatoire national où étaient aussi présentes les équipes de Paris, Bordeaux, de la Seine-Saint-Denis et du Poitou-Charentes.
  • Si ces expériences ont été passionnantes, elles ont aussi été l’occasion de saisir la diversité des observatoires, de leurs bases théoriques et de leurs pratiques d’observations. Nous en rendrons compte plus Mais, nous nous sommes aussi aperçu·es que le développement spontané de ces observatoires s’accompagne d’un manque d’outils de formation. Loin de vouloir poser une ultime brique de littérature grise, nous avons aussi conçu ce 3ème rapport à destination des observatoires déjà créés et ceux à venir.

L’Observatoire toulousain des Pratiques Policières, collectif autonome des organisations qui ont aidé à sa création, remercie vivement la Ligue des droits de l’Homme, la Fondation Copernic et le Syndicat des Avocats de France pour leur soutien permanent.

 

Extrait du rapport :

« Les similitudes entre Sivens et Sainte Soline »

« Il est possible de noter de nombreuses similitudes entre le barrage de Sivens et les mégabassines de Sainte Soline, aux conditions qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse à Sivens et aux blessures très graves de Serge à Sainte- Soline avec l’idée que l’histoire se répète et qu’aucune leçon n’a été retenue depuis. La Ligue des droits de l’Homme de Toulouse avait rédigé et publié un rapport47 via la commission citoyenne qu’elle avait mis en place ; et on peut voir que les mêmes questions sur la violence des FDO s’est reproduite dans un territoire périphérique (loin de la ville) sur la gestion de l’eau.

En ce sens, l’analyse de Fabien Jobard est édifiante : « La mort du jeune homme relève de la contingence, mais d’une contingence inscrite dans une probabilité non négligeable qui elle, est produite par le commandement : car ce n’est pas une grenade offensive qui a été jetée, mais quarante. Un tel degré de force, traduction des consignes d’extrême fermeté qui ont été données par le politique sur le site, réduit la part du hasard improbable. »

Dans les deux situations, il y a eu des ordres d’une extrême fermeté mettant en danger les manifestant.es. L’utilisation d’armes de guerre de façon massive et disproportionnée et la militarisation de ces interventions ont été renseignées dans les deux cas. Est-il plus important de protéger un trou avec une butte de terre et un petit barrage plutôt que des vies humaines ?« 

[…]

Print Friendly

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *