Certaines luttes témoignent de faits de société. C’est le cas pour les journalistes mobilisés certes sur leur métier, mais aussi contre Bolloré, ou face à l’IA, et donc pour l’information de qualité et la démocratie.
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Mobilisation des journalistes le 18 juin 2026
C’est avec un rassemblement devant l’Agence France Presse à Paris, suivi par une manifestation jusqu’au ministère de la Culture que s’est déroulée la partie la plus visible de la journée de mobilisation des journalistes, complétée par des débats à la Bourse du travail. Une manifestation « historique » selon le délégué syndical SNJ-CGT du groupe Prisma Presse, Emmanuel Vire, pour une profession réputée peu coutumière des mobilisations collectives. Appelée par l’ensemble des syndicats professionnels et soutenue par de nombreuses associations, la journée était motivée par les plans de licenciements touchant la presse écrite, l’introduction unilatérale de l’intelligence artificielle mettant en danger à la fois les emplois et la qualité comme la fiabilité de l’information comme par la main mise de Vincent Bolloré sur les médias. Les organisations syndicales dénoncent aussi la tartufferie des Etats Généraux de l’information, dans lesquelles elles se sont engagées. Sur les deux cents propositions émanant des cinq groupes de travail, le comité de pilotage en a retenu… 15, en septembre 2024, qui, pour l’instant n’ont fait l’objet d’aucune suite. L’impression pour certains d’avoir été bernés. Même chose pour le rejet du droit d’agrément des rédactions. Sans parler de la non application du règlement européen sur la liberté des médias dans l’UE (EMFA) en application depuis août 2025 et toujours pas mis en œuvre en France alors qu’il s’agit de protéger les journalistes ! Cherchez l’erreur…
La mobilisation évoquait évidemment aussi les conditions de travail : plus avec moins, priorisation du numérique au détriment des rédactions papier allant de pair avec des conditions de travail dégradées, plus de précarité, sens du travail qui se perd. Et quand le travail consiste à produire de l’information, il y a de quoi s’inquiéter pour la démocratie. D’où la banderole de tête du cortège « Défendons l’information ! Notre bien commun au service de la démocratie ».
Françoise Lamontagne, syndiquée CGT.











